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Le Zénith enfin…

01/03/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Dolorès Charles

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Dijon aura bientôt SON Zénith. Après des années de discussions, de projets repoussés et de choix contestés, la salle tant attendue sera livrée d'ici trois ans.

Le parking du Parc de la Toison d'Or accueillera le futur Zenith.

Il aura fallu plus d’une décennie avant de voir arriver à Dijon une belle et grande salle de spectacle à la hauteur de la capitale bourguignonne. Le début des travaux du Zénith est prévu pour mi-2004. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour engager ce projet ? Pourquoi avoir privilégié une salle comme l’Auditorium, réservée à un public plus élitiste ? Enfin, pourquoi avoir transformé précipitamment le Forum en un skate-parc ? Un projet qui mit fin à toute venue d’artistes de variété comme Patrick Bruel ou Pascal Obispo…
A ces questions récurrentes défilent plusieurs éléments de réponse. Les préférences de l’ancienne municipalité tout d’abord. Au vu du maigre portefeuille de la mairie de Dijon, il fallait choisir entre le Zénith (coût total des travaux d’environ 20 millions d’euros) et l’Auditorium (58 millions d’euros). Le choix se porta sur cette salle à l’allure austère, installée tout près du parc des Expositions. Elle accueille un large programme culturel en collaboration avec le Théâtre, dans le cadre de Duo Dijon. Mais ne peut recevoir de grands spectacles, pour cause de jauge trop petite : 1600 sièges contre 900 pour le théâtre. Reste la Vapeur. Les musiques actuelles sont l’essence même de cette salle, sise sur un ancien site industriel. Comportant actuellement 750 places, elle fera l’objet d’un agrandissement qui portera sa capacité à 1200 places.
Inutile de rappeler combien les Bourguignons apprécient peu le standing du palais des Sports de Dijon, fort de 3000 places assises et « bénéficiant » d’une acoustique médiocre. Pas plus celui du Congrexpo. La comédie musicale des Dix Commandements en est l’exemple flagrant. Les langues n’ont pas manqué de se délier pour crier haro sur les conditions d’accueil lors des trois représentations de la fin de l’année dernière.

Un Forum hors d’usage

A Dijon, seul reposait donc sur le Forum la possibilité d’accueillir un artiste dit populaire. Là encore, la municipalité, l’actuelle cette fois-ci, en a décidé autrement, aménageant le forum en un skate-parc destiné aux jeunes en mal de glisse et de sensations fortes. Selon l’adjoint à la culture de la mairie de Dijon, Yves Berteloot, « Il aurait fallu investir une somme considérable pour remettre en état la salle du Forum, trop vétuste en terme d’installations techniques. Et aussi trop désuète en terme de confort pour le spectateur. La municipalité a donc choisi la solution la plus rentable sur le long terme. »
Seulement voilà. D’ici 2005, voire 2006, les Dijonnais devront soit prendre le train, direction Paris ou Lyon, soit leur voiture vers Chalon-sur-Saône ou Besançon. Car à Dijon, c’est la Berezina. Et ce malgré la volonté de quelques sociétés de production d’animer la vie musicale en Côte-d’Or. Pour Gaby Gras, président d’OXO Production « il est de plus en plus difficile de travailler. Les producteurs se désintéressent de Dijon lors de la programmation des tournées de leurs artistes. Et pour cause, les concerts actuels demandent un environnement technique – éclairage, son et logistique adapté. » La confirmation de l’implantation du Zénith à la Toison d’Or redonne le sourire aux sociétés de production (*) de la région. « Depuis le feu vert de l’Etat, le consentement des élus, l’adoption des crédits et le choix du site à Dijon, le projet va à 200 à l’heure », s’exclame Gaby Gras. « Tous les acteurs attachés à cette réalisation œuvrent ensemble. Il n’y a désormais pas un instant à perdre. Notre Zénith se doit d’être soutenu au mieux pour être terminé dans les délais. Des Zéniths  sont en projet dans d’autres villes comme Amiens ou Nantes. »

Tenir encore deux ans

Les sociétés de production, qui participent au projet depuis son initialisation à la demande de la COMADI (Communauté de l’Agglomération Dijonnaise), commenceront à programmer, d’ici le printemps, les spectacles pour 2006. « Le Zénith 5000 places assises. 7000 debout. Des loges pour les pointures de la variété française ou étrangère, une salle bien desservie en terme d’infrastructures routières ou emplacements de parkings, etc. » Gaby Gras connaît bien son futur « outil de travail. [...] Il nous appartient maintenant de tenir encore deux ans. Rechercher un site pour accueillir le Festiv’Rock d’ici 2006 et faire que les producteurs n’oublient pas d’inscrire Dijon sur leurs prochaines tournées ».



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