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Myriam Weil Ben Arush : Une femme d’exception…

01/03/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Emmanuel Razavi

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Myriam Weil Ben Arush, médecin spécialiste de cancérologie pédiatrique qui exerce sa profession, à  Haà¯fa, en Israà«l depuis 1985. Rencontre avec une Dijonnaise d'exception.

Myriam Weil Ben Arush devant le Rambam Medical Center d'Haà¯fa, au nord d'Israà«l, o๠elle dirige le service de cancérologie pédiatrique.
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C’est en 1985 que Myriam Weil Ben Arush décide de partir s’installer en Israël. Pour cette ancienne interne de l’Hôpital de Dijon, alors âgée d’une trentaine d’année, la Terre Sainte est une révélation. « Je me souviens que la première fois que je suis allée en Israël, j’ai eu le sentiment d’être chez moi, dit Myriam. A l’époque, je voulais travailler en cancérologie pédiatrique. Je ne pouvais pas faire cela à Dijon, et Paris était difficilement accessible. J’ai donc décidé d' aller exercer à Haïfa, dans le plus grand hôpital du Nord d'Israël, le Rambam Medical Center qui emploie des professionnels de la santé juifs et arabes, sans distinction de confession. Mais la jeune femme, qui a enfin trouvé un lieu où exercer sa spécialité, doit également penser à se loger à proximité de son lieu de travail. « Il est vrai que lorsque je suis arrivée dans la région, je ne connaissais presque personne. Je savais seulement que j’avais un parent proche qui habitait dans le plus grand Kibboutz d’Israël, le kibboutz Yaggur, non loin de Haïfa. J’ai décidé d’y séjourner quelques jours en attendant de trouver de quoi me loger ailleurs ». Et c’est ainsi, contre toute attente, que Myriam rencontre son futur mari, Joël, un autre français expatrié, ancien étudiant en sociolinguistique et restaurateur d’art.
« Toutes les conditions étaient donc réunies pour que je reste habiter à Yaggur », ajoute Myriam en souriant. L'hôpital, qui reçoit à l'époque les blessés de la guerre du Liban, compte actuellement 900 lits. Mais lorsque Myriam intègre son service, celui-ci ne dispose de presque rien.
« Il a donc fallu s'organiser pour réunir les enfants malades dans un même service qui dispose aujourd'hui de 16 lits de jours et de 15 lits de nuit » précise Myriam. « Nous avons également créé, au cinquième étage de l'hôpital, un hôtel pour les parents qui désirent résider à proximité de leur enfant. » Mais ce qui fait l'originalité du Rambam Medical Center, c'est qu'il est ouvert à tous. Il accueille en effet autant d'enfants arabes que d'enfants juifs. « Il arrive fréquemment qu'un enfant arabe et un enfant juif se retrouvent dans la même chambre. Et tout se passe toujours très bien, même entre leurs familles. J’en suis très fière, car j’ai toujours pensée que l’égalité était un droit. » Cependant, si Myriam a réussi à organiser un service exceptionnel – 80% des enfants atteints de cancer sont guéris – son principal problème est aujourd'hui le manque de moyens financiers. L'Etat d'Israël a en effet connu en 2002 une crise économique sans précédent, ce qui rejaillit sur la prise en charge des malades non israéliens qui ne bénéficient pas du régime d'assurance sociale. Ainsi que le confie Myriam, « la question n'est pas de savoir si on va pouvoir guérir l'enfant, car on sait qu'on va y arriver. Le problème est de savoir comment on va le prendre en charge. »

Un projet de jumelage avec le CHU de Dijon

Si Israël est un pays ouvert sur le monde, l'hôpital de Haïfa ne fait pas exception. Comme le dit
Myriam, « notre hôpital fait énormément d'échanges avec d'autres institutions étrangères, nécessaires au partage de la connaissance. » C'est ainsi qu'est née l'idée d'un jumelage avec le C.H.U de Dijon. Une idée qui trouve son origine dans la rencontre entre Myriam et Françoise
Tenenbaum, Vice-Présidente du Centre Communal d'Action Sociale et adjointe au Maire de Dijon. Pour cette dernière, qui a visité l'Hôpital de Myriam lors d'un voyage à Haïfa en 2001, « l'idée serait d'ouvrir des jumelages thématiques et non de ville à ville. Nous pourrions ainsi travailler à des projets qui vont dans le sens de la paix. » S'il est probable que le projet de jumelage entre les deux hôpitaux se concrétisera dans l'année, Françoise Tenenbaum précise qu' « il nécessite encore un certain nombre de réunions avec les responsables du CHU et les adjoints au Maire concernés.» En attendant ce jour, Myriam – qui revient trois à quatre fois par an à Dijon – continue à se battre au quotidien pour sauver des vies d'enfants.



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