Nicolas Faure : «â€‚Ambitieux, pas carriériste »
01/03/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

Nicolas, en à peine cinq mois, vous avez été nommé entraîneur adjoint puis entraîneur de la JDA. Les choses vont très vite en ce moment…
J’avais eu trois jours pour accepter le poste d’adjoint et quitter la Ligue de Basse-Normandie. Là, j’avais demandé une journée de réflexion pour prendre ma décision, après avoir formulé quelques exigences comme avoir les pleins pouvoirs sportifs et la nomination d’Eric Lecerf comme adjoint. On m’a dit « banco », ma femme était d’accord, j’ai donc accepté la proposition de Michel Renault, le président du club.
Avez-vous l’impression que vous étiez un choix par défaut, que la JDA n’avait pas le temps d’aller chercher quelqu’un ailleurs ?
Je ne l’ai jamais ressenti, et surtout pas chez mes dirigeants. Maintenant, il est probable que des gens aient pensé cela. Les mauvaises langues, les frustrés, les jaloux, il y en a partout. Mais sincèrement, je m’en fous. Je suis dans ma bulle, j’ai d’autres choses à penser, essayer de terminer dans les huit premiers pour jouer les play-offs. Et puis, pourquoi forcément aller chercher un type ailleurs alors que Michel Renault, en me proposant le poste, était convaincu que j’avais les qualités d’un entraîneur de Pro A ?
La JDA est le club phare de Dijon, avec dans sa proximité des gens qui ont des avis sur tout. Ou qui ont surtout des avis…
(Il rit). Oui. Mais comme je sais adopter une attitude un peu distante et que ces avis ne m’intéressent pas, je ne vais pas perdre mon temps à les écouter. D’ailleurs, depuis que je suis en fonction, personne n’est venu me casser les pieds. Chacun peut penser ce qu’il veut, mais les avis des uns et des autres, si vous saviez…
Et les joueurs ? Vous n’avez pas de passé de joueur ni d’entraîneur de haut niveau. Et vous êtes plus jeune que certains. Ils ne vous ont pas regardé de travers ?
Non, parce qu’ils me connaissaient comme adjoint, même si j’étais plus en retrait. Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai été clair en leur disant que quoi qu’il arrive, j’étais fonctionnaire et que j’avais un emploi de CTR (NDLR : Nicolas Faure est actuellement en disponibilité de l’Education nationale) qui me permet de donner à bouffer à ma femme et à mon fils. Maintenant, leur respect, je vais le gagner grâce à mon travail, en leur montrant que je suis capable de remplir ma mission.
Un groupe qui, quelque part, n’a rien fait pour sauver votre prédécesseur…
Les raisons qui ont conduit la JDA à se séparer d’Alain Thinet, je ne veux pas les commenter. Maintenant, c’est l’échec d’un homme, mais surtout d’un groupe. Et comme il est plus facile de virer un entraîneur que onze joueurs…
Il paraît que vous ne rigolez pas avec la discipline…
Il n’y a aucun passe-droit. Si je dois mettre un joueur sur le banc, aussi important soit-il, parce qu’il est sorti des clous, je ne vais pas me gêner. A l’entraînement, on est là pour bosser sérieusement la tactique, le système de jeu. En match, je leur ai demandé de ne pas me parler. Si quelqu’un a quelque chose à dire, c’est moi. Mais je n’oublie pas l’aspect humain. Si un mec ne va pas bien, on en parlera. Ils sont pros, mais comme tous les hommes, ils ont le droit d’avoir des faiblesses. Par contre, je ne veux plus voir des joueurs qui gueulent sur l’entraîneur parce qu’ils sortent en cours de match. La discipline s’impose d’ailleurs d’elle-même. J’ai un groupe intéressant et assez facile à gérer. Cela devrait bien se passer.
Vous n’allez pas devenir un clone de Guy Roux, qui fait la tournée des boîtes d’Auxerre et des environs pour surveiller ses joueurs ?
(Il se marre). Non. Les joueurs savent qu’ils doivent adopter une hygiène de vie compatible avec l’exercice du sport de haut niveau. S’ils veulent sortir, pas de problème. Sauf la veille d’un match. A Dijon, tout se sait. Mais ce sont des mecs intelligents, ils savent se gérer. Vous écouter, votre rôle vous tient à cœur, mais vous semblez ne pas vous prendre pour un autre.. t pourquoi devrais-je prendre la grosse tête ? C’est passionnant, nivrant, un peu stressant. Fatiguant, aussi. Le soir, je suis au lit à dix heures. Je passe plus de temps avec mes joueurs qu’avec ma femme et mon fils… Les virées en couple, c’est devenu rare. Je suis ambitieux, pas carriériste. Si je réussis, et je m’en donne les moyens, cela m’incitera à continuer. Dans mon esprit, je n’ai pas envie de faire de l’intérim à ce poste. Et surtout, je n’ai rien à perdre…
J’AIME
- la droiture d’esprit.
- ma famille.
- les chiens.
- faire la fête avec ses potes.
- la bonne bouffe et le bon vin, surtout le bourgogne rouge.
J’AIME PAS
- les chats.
- les hypocrites.
- les fainéants.
- le pain de la veille.
- les Citroën (sauf les 2 CV et les Méhari).
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