Que la traque commence…
01/03/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Roald Billebault

Pour l’année 2001, les vols de voitures dans l’Hexagone ont augmenté de près de 4 % par rapport à 2000. Plus concrètement, ce sont près de 315 000 véhicules qui ont été dérobés à leurs propriétaires, avec de plus en plus souvent des procédés loin d’être courtois, tels que le « car-jacking », qui consiste tout bonnement à éjecter manu militari l’automobiliste de son habitacle au moment où il s’y attend le moins. Autre chiffre encore plus alarmant : 35 % des véhicules volés ne sont jamais retrouvés. La Côte-d’Or n’est pas épargnée par cette recrudescence. 1 254 véhicules de tous types ont tout de même été volés en 2002, soit une augmentation de 2,2 % par rapport à l’année précédente.
Simple et efficace
Face à un tel constat, il fallait trouver des moyens de dissuasion efficaces. La solution s’appelle peut-être traqueur, un système développé depuis de nombreuses années par la firme américaine LOJACK INTERNATIONAL, déjà bien implantée dans une vingtaine de pays.
Contrairement aux autres systèmes de détection et de repérage de véhicules dérobés, le traqueur n’utilise pas le GMS (Global Mobil System) et le GPS (Global Position System), deux techniques qui n’empêchent malheureusement plus les malfrats de commettre leurs méfaits. En effet, LOJACK INTERNATIONAL a opté pour un procédé radioélectrique aussi simple qu’efficace. A en croire les chiffres annoncés par le concepteur du système, 100 000 véhicules subtilisés ont été retrouvés dans un laps de temps très court. Et le fonctionnement du traqueur est assez concis . Dans un premier temps, il convient de faire installer dans son véhicule (chez un distributeur agréé) un marqueur, simple boîtier électrique capable de transmettre un signal codé. En cas de vol, et après avoir averti les services de police, la victime prévient également le PC Traqueur qui déclenchera alors la fameuse balise à signal électrique. Et qui, me direz-vous, partira la bouche en cœur à la recherche de mon véhicule fraîchement déro-
bé ? C’est bien là l’un des arguments majeurs de ce procédé, puisqu’il n’est pas question de sociétés privées, mais de vrais gendarmes habitués à ce type d’intervention. En effet, TRAQUEUR S.A. FRANCE a réussi à signer avec l’Etat et les collectivités locales des conventions de coopération qui permettent aux forces de l’ordre d’utiliser les détecteurs de traqueurs. D’ici 2004, plusieurs véhicules de gendarmerie et quelques hélicoptères seront équipés. Suivront ensuite, si le programme est respecté, la Police Nationale ainsi que les polices municipales. La capitale bourguignonne ne fait pas exception. Sur le millier de récepteurs distribués à ce jour aux forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire français, le peloton de surveillance et d’intervention de Dijon détient en sa possession un seul de ces détecteurs, nombre qui devrait être porté à quatre dans les années à venir.
L’autre point fort du traqueur est son rayon d’action. Le signal émis permet de débusquer des véhicules sur une distance de 1 à 5 km (2 km en ville, quelques centaines de mètres si la voiture se trouve dans un parking souterrain, et jusqu’à 40 km depuis un hélicoptère), avec une précision finale de seulement 3 mètres. Le taux de réussite frôle la perfection : 90 %.
Combien ça coûte ?
Evidemment, la sécurité à un prix. En sus des 100 € nécessaires pour l’installation du boîtier, il faut compter 290 € TTC pour l’acquisition de ce dernier. L’accès au service est également facturé (280 € TTC pour toute la durée de possession du véhicule ou 95 € TTC par an). Des tarifs loin d’être à la portée de toutes les bourses, mais qui restent nettement plus abordables que les autres systèmes de sécurité actuels. Il faut savoir également qu’en cas de revente de votre voiture, le nouvel acquéreur pourra, s’il le souhaite, conserver l’abonnement.
Des tarifs attractifs qui ont séduit pour l’instant quelques centaines de particuliers et professionnels depuis son arrivée en France en novembre dernier. D’ici à la fin 2003, TRAQUEUR FRANCE espère équiper près de
35000 véhicules, dont plusieurs centaines en Côte-d’Or.
Le point de vue des assureurs
Dans les autres pays où le système à fait ses preuves, notamment au Royaume Uni, les assureurs consentent des conditions particulières pour les véhicules dotés du traqueur. Cela se traduit la plupart du temps par la suppression de la franchise vol. Interrogé sur ce nouveau système, Xavier Mirepoix, délégué régional du Centre de Documentation et d’Information sur les Assurances (CDIA) et assureur à Dijon, confiait que « le traqueur est un bon système, sous réserve bien sûr de développer correctement le produit », ajoutant que « si, à terme, le système s’avère efficace, l’assureur aura tout intérêt à ce que son client soit équipé si cela peut lui éviter de rembourser deux fois par an un véhicule volé. Il faudrait être stupide pour ne pas consentir une réduction sur son contrat d’assurance ». A ce jour, aucune condition particulière pour les véhicules équipés du traqueur n’est appliquée. Toutefois, les assureurs dijonnais et a fortiori français ne semblent pas hostiles à accorder une ristourne. N’hésitez pas à en parler au vôtre…
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