L’Université de Bourgogne reconnue pour son dynamisme boà®teux
01/04/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Dolorès Charles


Bah oui ! », « Pas tout à fait », « Evidemment », Voici quelques-unes des réponses disparates d’étudiants, obtenues sur le campus Montmuzard, à la question « Dijon est-elle une ville universitaire ? ». Le président de l’Université de Bourgogne, Bernard Laurin, se réfugie derrière les chiffres de l’université, en hausse relative cette année : plus de 25 000 jeunes s’assoient sur les bancs des amphithéâtres depuis l’automne. Soit 200 de plus que l’an dernier. Satisfaction identique à la mairie de Dijon. Toutefois, l’adjoint au maire chargé de l’enseignement supérieur, Patrick Saunié, émet une réserve. Il est vrai qu’à ce jour, les relations entre les collectivités territoriales et l’Université ne sont pas au beau fixe. Elles s’avèrent même « distendues »…
Fac – Municipalité : rien ne va plus ?
Pour Patrick Saunié, « cette situation découle de mai 68 ! Cette frange de la population a toujours inquiété les élus. Heureusement, la peur de la jeunesse s’étiole de jour en jour et Dijon compose désormais avec cette force vive de la population ». Preuve en est, le renforcement des relations
entre l’Agglomération et l’Université devrait se concrétiser cette année, sous forme d’une convention.
Le landerneau estudiantin constitue une manne économique importante pour la municipalité. Il participe au dynamisme et au rayonnement de la cité sur la sphère nationale et internationale. Dans cet optique, Dijon souhaiterait développer davantage les partenariats avec l’université locale, dans des domaines aussi divers que la culture (colloques, Atheneum…) ou les services (carte multiservices, gratuité des transports sur le campus). Dans le dernier contrat de l’agglomération 2002-2006, la COMADI prévoit la création d’un pôle technologique, l’amélioration de la qualité de la vie étudiante ou bien encore l’aménagement d’espaces d’information et culturels. Son objectif : renforcer l’attractivité de l’Université à travers ses activités de recherche. A la une du Nouvel Observateur de mi-mars* établissant le palmarès des universités françaises, Dijon décroche la première place dans le domaine de la recherche mais la lanterne rouge pour son attractivité et son dynamisme. Pour Bernard Laurin, « les critères retenus comme le nombre d’étudiants étrangers ou les ressources propres du campus apparaissent contestables ».
Plus de départs que d’arrivées
L’attractivité « relative » de l’ Université n’attirerait donc pas les étudiants à Dijon ? « Sitôt les cours terminés, les étudiants s’en retournent chez eux », d’après Sylvain Griveau, chargé de mission à la vie étudiante à l’Université. Malgré la kyrielle de disciplines, formations et filières proposées sur le campus, les jeunes dénigrent l’université locale. Selon une récente étude de l’INSEE**, le bilan des mouvements migratoires d’étudiants est défavorable à la Bourgogne. « Les jeunes quittant la région pour poursuivre leurs études ailleurs sont plus nombreux que ceux qui s’y installent. Un déficit important vis-à -vis des régions Rhône-Alpes et Ile-de-France ». « La surface de la Bourgogne s’apparente à celle de la Belgique, avec une population équivalente à 1,6 million d’habitants » avance Bernard Laurin. Avec une telle densité, les trajets constituent un coût temporel et financier important pour les étudiants. Conséquence, les jeunes Nivernais préfèrent se rendre vers Orléans ou Clermont-Ferrand, et les Mâconnais vers Lyon ». L’INSEE annonce également une évasion de 10% du potentiel étudiant entre 1990 et 1999*. Classée au vingtième rang des régions métropolitaines pour le poids de la population étudiante, la Bourgogne devrait avaler quelques vitamines pour se réveiller. L’adjoint à l’enseignement supérieur, Patrick Saunié, le confirme : « Dijon doit poursuivre sa politique d’accueil des étudiants (Maison de l’Etudiant, opération Petit déjeuner en ville…). La municipalité ne peut plus se défausser », lance l’élu. La suite des évènements viendra du législatif. L’Etat, dans le cadre de la loi sur la décentralisation, va transférer une partie de ses compétences à la région. Et parmi celles-ci, le lourd dossier de l’université. « La région devra également transférer les finances adéquates », tranche Patrick Saunié.Vaste programme…
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