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Mohamad Zaman : parcours d’un combattant de la liberté

01/04/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Emmanuel Razavi

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C'est à  Dijon, dans le quartier de la Fontaine d'Ouche, que s'est établi le commandant Zaman, un Afghan de 46 ans qui fut l'un des héros de la guerre contre les talibans. Rencontre avec un ancien frère d'armes de Massoud.

Mohamad Zaman a quitté l'Afghanistan pour le quartier de la Fontaine-d'Ouche à  Dijon.
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Dijon, quartier de la Fontaine d’Ouche, samedi 22 mars. L’homme qui se tient droit dans son canapé, juste en face de nous, a l’allure fière des cavaliers de son pays. Et pour cause : il s’agit de Mohamad Zaman, ancien frère d’armes du commandant Massoud. Zaman – c’est ainsi qu’il se fait appeler – est un ancien commandant afghan qui a combattu les Soviétiques puis les talibans aux côtés du célèbre lion du Panshir. Lorsque Zaman raconte son histoire, il a la nostalgie de son pays et des hommes qui ont combattu avec lui. Car il ne peut plus retourner – officiellement – en Afghanistan. Victime de plusieurs attentats dans lesquels trois de ses gardes du corps ont trouvé la mort, il choisi de s’expatrier. Son histoire est en effet parsemée de combats et de voyages à l’étranger pour sauver sa vie. « Déjà blessé plusieurs fois, je suis allé aux Etats-Unis, en 1991. J’ai subi plusieurs opérations à Chicago, puis en France ». Et de reprendre : « Quand Najibullah est tombé, j’ai quitté les USA pour retourner en Afghanistan. J’étais commandant de dix divisions. Mais lorsque les talibans ont pris le pouvoir, je me suis réfugié au Pakistan avec trois autres commandants. De là, nous souhaitions préparer une offensive contre eux, malgré l’hostilité des autorités locales. Mais le gouvernement pakistanais a fini par nous demander de quitter son territoire. Je suis donc allé à l’ambassade de France. Dans les semaines qui ont suivi, j’ai reçu un courrier du ministère des Affaires Etrangères qui m’invitait à venir en France. C’est ainsi que je me suis établi à Dijon, où  j’avais un ami… » 

« J’ai participé à la traque de Ben Laden »

Lors de la conférence de Rome où se retrouvent plusieurs leaders politiques afghans autour du roi Zaher Shah, Zaman décide de faire le déplacement. Il y donne alors une conférence de presse internationale qui est un véritable plaidoyer contre le régime taliban. « Puis je suis à nouveau reparti pour le Pakistan où j’ai participé à la traque de Ben Laden. J’ai proposé aux Américains de les aider à combattre contre lui et de les conduire à Tora Bora, dans un endroit où l’une de mes sources m’assurait l’avoir localisé. J’ai fait la même proposition aux Anglais. Les uns et les autres ne m’ont pas écouté. Il faut dire qu’à l’époque, il y avait tellement d’informations contradictoires que personne ne savait plus à qui se fier ». Pourtant, cela n’empêche pas les alliés de le laisser combattre à leurs côtés. « Quand les Américains sont arrivés à Jalalabad, nous avons eu une réunion pour préparer une contre-offensive contre Tora Bora. Nous nous sommes battus pendant  vingt-deux jours contre  Al Qaida ». Lorsque l’on demande au commandant Zaman s’il pense qu’un jour l’Afghanistan pourra enfin se doter d’un régime démocratique, celui-ci répond sans hésiter : « Je suis très pessimiste quant à l’avenir proche. Il faut comprendre que les talibans sont encore très actifs. Et puis il est difficile d’avoir une démocratie actuellement, car le pouvoir central d’Ahmid Karzaï n’a aucune autorité sur les gouverneurs des différentes provinces. Là-bas, tout marche par la force ou la corruption ».  Pourtant, malgré la situation, Zaman espère un jour finir par retourner dans son pays. « Pour le moment,  dit-il, je fais des allers et retours entre la France et le Pakistan, d’où je peux maintenir des contacts avec mes proches. Mais la situation ne me permet pas encore d’aller en Afghanistan. Je bénéficie d’une grande écoute dans quatre des grandes provinces du pays, et à cause de cela on veut toujours me tuer ». Nul doute que Zaman, qui dit se plaire à Dijon, finira pourtant par reprendre le chemin de son pays où, dit-il « je souhaite qu’il y ait enfin un régime démocratique qui respecte les droits de l’homme et de la femme ». Une société sans doute à l’image de la France où, conclut ce combattant de la liberté, « Jacques Chirac fait du bon travail…».



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