Société

Taxis-discothèques : la mésentente cordiale

01/04/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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Les taxis dijonnais ne raffolent pas des sorties de discothèques, ce qui n'est pas du goà»t de tout le monde. Chacun défend ses positions et comprend celles des autres face à  un problème auquel la mairie de Dijon tente d'apporter des solutions. En attendant, la situation perdure.

Taxi

Ce n’est finalement qu’un cas conjoncturel plus qu’une incompréhension ou un mélange de mauvaises volontés. Pourtant, depuis un certain temps, assez pour que l’information remonte à la mairie de Dijon, les taxis de nuit dijonnais ne manifestent que très mollement leur volonté d’aller chercher des clients à la sortie des boîtes de nuit dijonnaises, et surtout celles situées dans l’agglomération. Des réunions entre les différentes parties concernées ont été organisées, sans que cela contribue à faire avancer le schmilblick. « Nous n’en voulons pas aux patrons de discothèques, mais plutôt à quelques clients qui nous appellent pour finalement repartir par d’autres moyens », explique Jean-Pierre Carré, président de Taxi-Radio à Dijon ». Michel Equey, taxi de nuit et qui affirme avoir souvent été confronté à ces situations  « où les types sont partis, à ces clients qui ne veulent pas payer la course, à ceux qui sont malades ou agressifs » n’est guère enthousiaste à l’idée de risquer de perdre du temps et donc de l’argent « à aller chercher quelqu’un qui n’est plus là, même si je ne refuse jamais de me rendre à la sortie d’une boîte ». Et même si ces comportements ne sont pas une généralité, « il faut aussi comprendre nos chauffeurs qui préfèrent assurer une course sûre », ajoute Jean-Pierre Carré.

« Des tarifs élevés, pas assez de taxis »

Pour René Loquet, adjoint de direction du complexe Le Carré, et même s’il reconnaît sans se faire prier « que l’incivisme de certaines personnes est un problème qui peut irriter les     taxis », le problème est ailleurs. « Face à la demande, car il ne faut pas voir en chaque client un mauvais payeur, nous estimons qu’il n’y a pas assez de véhicules. Et il faut aussi signaler que les tarifs sont (NDLR : qui sont fixés par la Préfecture) très élevés ». Sauf que les taxis dijonnais estiment qu’«  augmenter le nombre de voitures serait peu rentable, car la demande la plus forte n’est concentrée que sur deux heures pendant la nuit, seulement le vendredi et le samedi soir », et que la solution ne passe certainement pas l’augmentation de la flotte de taxis. Gérard Dupire, Adjoint délégué à la Jeunesse et aux Sports et conseiller de la COMADI, « comprend les positions de chacun, d’autant plus que rien ne peut obliger les taxis à être plus nombreux » et a déjà envisagé des méthodes pour atténuer les effets de cette situation. « Tout le monde a le sentiment que la solution miracle n’existe pas », reconnaissent toutes les parties concernées, qui sont au moins d’accord sur un point, même si personne ne s’exprime avec acrimonie. « Cela dit, il faut trouver des possibilités supplémentaires », insiste Gérard Dupire. « Nous avons évoqué lors de récentes réunions la possibilité pour les discothèques de fermer à 6 heures du matin le week-end au lieu de 5 heures, avec toutefois l’interdiction de vendre de l’alcool à partir de 5 heures, pour que cette fermeture coïncide avec les créneaux horaires de transports en commun. Cette mesure sera je l’espère bientôt appliquée ». L’initiative, jugée « intéressante » par René Loquet pourrait être accompagnée par des initiatives propres à certains établissements, comme « l’instauration d’un système de navettes que nous étudions ». Avec la guerre engagée par les pouvoirs publics pour lutter contre l’insécurité routière et plus particulièrement l’alcool au volant, toutes les bonnes idées sont les bienvenues.



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