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Bars : le débat des horaires est lancé

01/05/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Simon Lebon

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Bars Dijon

Tout bon  noctambule n’ignore pas que la maîtrise des horaires de fermeture des bars de nuit dijonnais ressemblent plus à un parcours du combattant  qu’à une règle « logique et égalitaire ». Fait relativement exceptionnel, les bars dijonnais n’affichent pas les mêmes horaires de fermeture depuis quelques années. Beaucoup d’entre eux bénéficie de l’autorisation d’exercer leur commerce jusqu’à 2 heures du matin, en sachant qu’à cet instant, plus aucun client ne doit s’y attarder, au risque pour le bar de s’exposer à une amende que l’on imagine salée. Après deux heures du mat’, les clients désirant ne pas interrompre leur parcours éthylique peuvent toujours se réfugier dans l’un des onze établissements ayant obtenu une dérogation d’une heure supplémentaire comme le Scholmès, le Brighton, la Bodega, le Glaway’s Pub, le Beverly, le Darling, les deux bowling (Le Carré et  Marsannay), le pub Kilkenny et le Mosquito.
Aujourd’hui, pour bénéficier de cette heure d’« avantage commercial » qui peut  représenter jusqu’à « 40 %  de chiffre d’affaire et créer des emplois », explique l’un de gérants d’un établissement qui, justement, cours toujours après son heure supplémentaire. Le gérant de la société qui désire repousser à trois heures la fermeture de son bar doit réaliser un stage de sécurité intérieure d’un coût d’environ 1500 €  (frais d’inscription et de voyage à Paris), présenter un dossier à une commission annuelle préfectorale composée de pompiers, de la mairie du lieu de l’établissement, des forces de l’ordre et des représentants syndicaux des bars et discothèques… Et bien souvent, l’autorisation n’est pas accordée pour des raisons « aléatoires ». Mais la plupart des noctambules dijonnais préfèrent se rendre directement, afin de (se) finir, dans des établissements ayant des horaires plus tardifs à proposer comme les discothèques qui bénéficient du droit de fermer leurs portes à cinq heures. Autre possibilité, celle de continuer dans des bars ayant eux l’autorisation d’attirer les clients jusqu’à quatre heures. Cette dernière autorisation est accordée à deux styles d’établissements, ceux qui sont situés à proximité de la « gare voyageur » de Dijon tels que le Bureau, le Hunky Dory, le Leffe, le Cintra. La Jamaïque, elle, a obtenu cette dérogation au bénéfice de sa licence V (licence de spectacle donnée par la Direction des Affaires Culturelles de Bourgogne) liée à la programmation de concerts de musiciens professionnels dès le mercredi et à l’alignement de son statut sur celui des discothèques avec, entre autres, « la redevance SACEM au pourcentage et non au forfait …»

La litanie des dérogations

Mais il n’est pas exclu que les choses évoluent dans les prochains mois. Des discussions ont été lancées par la Préfecture de la Côte d’Or avec les établissements de nuit afin de mettre en place une charte de bonne conduite, qui existe déjà dans nombreuses préfectures. Elle permettra aux bars d’obtenir une modification des horaires d’ouverture et de fermeture. Mais celle-ci s’adresserait uniquement aux établissements déjà avantagés ainsi qu’aux discothèques. Ainsi, les bars fermant à trois heures obtiendraient une heure de plus et les autres seraient tous alignés sur six heures du matin. Cette modification risque d’amplifier l’écart économique entre le club des deux heures et les autres. Les signataires de cette charte devraient également s’engager à ne pas vendre d’alcool la dernière heure, une innovation difficile à imaginer et à contrôler. L’objectif de prolonger jusqu’à six heures est de pallier le manque de taxis de nuit et ainsi d’encourager la clientèle à prendre les premiers bus. Mais « faudrait-il déjà qu’elle utilise ce même moyen de transport pour s’y rendre », glisse un gérant d’établissement de nuit…
A l’heure actuelle, toutes les parties concernées ne voient pas forcément ce changement d’un bon œil, préférant dans leur ensemble une remise à plat totale des horaires, avec notamment une plus grande attention portée aux considérations économiques et culturelles. Serait-il possible d’imaginer qu’une boutique de vêtements du centre-ville n’affiche pas les mêmes horaires de fermeture que son voisin d’en face par simple décision préfectorale ?



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