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David Danesi : Itinéraire d’un enfant surdoué

01/05/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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Simple copieur de cassettes dans une maison de production il y a dix ans, ce Dijonnais de 33 ans est devenu l'un des spécialistes de la réalisation d'effets spéciaux numériques. A tel point qu'il est aujourd'hui l'un des “tauliers” d'une boà®te de post-production plutôt cotée sur la place parisienne.

David Danesi a quitté Dijon pour s'installer à  Paris.

Quand il évoque ces mois de galère où l’obligation de « trouver du boulot » prend vite le pas sur l’introspection et sur les éternelles remises en question dont il n’est pas le meilleur allié, David Danesi se marre. Un bac qu’il ne décroche pas, la décision de monter à Paris, la litanie des petits boulots où il se revoit vendre des surgelés ou faire de la manutention pour des contrats précaires, « simplement parce qu’il fallait bouffer », et le gérant de la boîte de post-production Def 2 Shoot énumère ces épisodes de la vie ordinaire, « quand je cherchais un peu ma voie ». « Comme souvent, c’est le hasard qui fait bien les choses, en provoquant une rencontre qui bouleverse tout ». Une opportunité de remplacer un manutentionnaire parti prendre quelques jours de congés, et voilà comment David se retrouve sur La Sept, l’ancêtre de la chaîne franco-allemande ARTE. « J’ai rangé des cassettes pendant quinze jours, mais cela a suffit pour que je me sente bien dans cet univers que je ne connaissais pas. J’ai continué à faire cela en free-lance, et j’ai eu l’occasion de cumuler ce job avec celui de copieur de cassettes dans une boîte de production. Je travaillais la journée chez l’un, la nuit chez l’autre… »
Les deux pieds dans ce nouveau monde dont il ne savait pas grand-chose quelques mois plus tôt, curieux et touche-à-tout – « j’ai commencé ensuite à faire du montage » – David quitte Paris pour Strasbourg où ARTE, après quelques mois de CDD, lui offre un CDI qu’il refuse sans trop se soucier du lendemain, « parce que j’avais envie de faire un break ». Au lieu de cela, il se retrouve à Casablanca, où l’une de ses connaissances le convainc de s’exiler  pour travailler comme monteur-truquiste, « un domaine que je ne maîtrisais pas vraiment. J’y suis allé un peu à l’intox, et cela à bien fonctionné. Mais je ne suis resté à Casa que 9 mois, car je voulais revenir en France. Au Maroc, je risquais de me faire oublier ». Entre quelques aller-retours à Strasbourg pour ARTE et une spécialisation sur le FLAME, « une machine qui constitue le top en matière d’effets spéciaux et que nous sommes peu nombreux à bien maîtriser », David Danesi, qui préfère travailler en free-lance, profite de sa renommée naissante pour se diversifier, intervenant sur des publicités, des vidéo-clips ou des films et s’internationalise une nouvelle fois, « mais vers des pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre ou Israël, où les moyens sont élevés, où il y a des gros marchés, notamment sur la pub ».

De Caunes, Obispo, Shania Twain, Céline Dion…

Définitivement convaincu que la pluralité des compétences lui ouvrira d’autres portes, devenu superviseur et conseiller technique en effets spéciaux, David, qui attend avec curiosité la sortie prévue en juin prochain de « Kaema », le premier long métrage européen fait d’images de synthèse décide avec trois autres personnes de créer une société de production installée vers la très animée rue Montorgueil, près des Halles.     « C’était il y a un an, quand nous avons vraiment compris qu’il fallait nous réunir plutôt que de rester chacun dans son coin. Depuis, nous avons travaillé sur Monsieur N, le film d’Antoine de Caunes en attendant de débuter le tournage du prochain film de Christophe Ganz », explique ce gérant majoritaire responsable de la qualité des images et des effets spéciaux numériques, sans cesse interrompu par un portable impétueux. « Il y a aussi le prochain Luc Besson. Là, nous avons pas mal avancé  » , se rappelle-t-il d’un coup. Et les clips de Shania Twain, Pascal Obispo, Céline Dion, les publicités BMW, PMU, Hollywood Chewing-gum, projets achevés ou en passe de l’être. « C’est un marché difficile, très concurrentiel. Là, je reviens des Etats-Unis, où j’ai passé un accord avec une boîte de Los Angeles. On va prouver que l’on peut bosser avec deux équipes – l’une à Paris, l’autre à LA – sur le même projet 24 heures sur 24, en jouant sur les décalages horaires. C’est un concept qui fonctionne, nous l’avons déjà expérimenté avec un clip de Shania Twain. Et cela va nous permettre de nous attaquer vraiment au marché américain… ».



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