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La pseudo transparence du CEA de Valduc

01/05/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Dolorès Charles

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Le nucléaire. Rien qu'à  l'énoncé de ces mots, les langues se délient et les inquiétudes explosent au grand jour. Enfoui dans le désert chà¢tillonnais, le Commissariat à  l'Energie Atomique -ou CEA- de Valduc, exacerbe les craintes, agace les habitants, irrite les élus, et ce malgré sa transparence progressive.

CEA Valduc
Le Commissariat à  l'Energie Atomique est situé à  moins de 50 kilomètres de Dijon.

Année 1948 : le Commissariat à l’Energie Atomique s’installe à Valduc, à 45 kilomètres au nord- ouest de Dijon. En France, il existe moins d’une dizaine d’installations nucléaires du type du CEA, dont 3 centres de la Direction des Applications militaires classées INBS, Installations Nucléaires de Bases classées Secrètes. Parmi celles-ci, Valduc. Ses principales activités sont consacrées à l’étude des matériaux nucléaires. Ils servent en effet à la fabrication des armes de la force de dissuasion française : recherche, fabrication des composants de l’arme, maintenance des têtes nucléaires, etc…
Si aujourd’hui, les missions du  CEA de Valduc apparaissent connues aux yeux de tous, dans les années 60, selon le maire d’Is-sur-Tille, Michel Maillot, « le CEA était purement militaire. Une de ses applications consistait à l’assemblage de la bombe atomique ». Un dossier classé top secret. Et ce « mystère » engendrait alors psychose et fantaisie des informations. Plus de 1500 personnes travaillaient au sein du centre. « Un quartier d’Is-sur- Tille, le Parc du Petit Bois, abritait la majorité de ses employés, provoquant de facto une partition entre les habitants de la commune. Les pour et les anti CEA », ajoute le maire.

L’ouverture du centre

Depuis, les années ont passé et une communication s’est peu à peu établie, grâce à la création de la SEIVA, la Structure d’Echange et d’Information sur Valduc, et la volonté du Commissariat de l’Energie Atomique de mieux informer la population. La SEIVA est une association indépendante créée en 1996. Son rôle : faciliter les échanges entre riverains et dirigeants du CEA et faire connaître l’impact des activités nucléaires sur l’environnement bourguignon. Elle regroupe différentes composantes (personnalités, scientifiques universitaires ou élus) et sa grande préoccupation consiste en la présence de tritium dans la nature. Le Président de cette structure, Gérard Niquet, est formel.  « D’après des analyses effectuées à l’initiative de la Seiva, (une chaque année en moyenne), les résultats sont clairs. On retrouve bien des traces de tritium dans l’environnement naturel qu’il s’agisse de l’eau, de champignons … mais en quantité infime. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « cette quantité n’a d’ailleurs pas de caractère préoccupant. L’impact reste très modéré ».

Des risques inévitables

La SEIVA  lève une partie du voile. La direction du CEA en lève une autre avec la publication de communiqués. L’exploitant du Commissariat de l’Energie Atomique déclare automatiquement tout incident nucléaire à l’Autorité de Sûreté. Depuis janvier 2003 par exemple, quatre incidents ont été constatés et qualifiés de niveau 1 sur l’échelle INES*. Une échelle qui comporte sept niveaux. Cette transparence ne satisfait qu’à moitié la SEIVA, qui affirme n’avoir aucun outil de vérification de ces informations. Et encore moins le Maire d’Is-sur-Tille. « Le site reste militaire et le secret défense persiste. Je ne connais toujours pas les consignes à suivre dans les 10 premières minutes qui suivraient un accident majeur à Valduc ». Sa seule certitude : le poste de contrôle opérationnel, déclenché en cas d’accident, serait installé sur sa commune afin de coordonner les informations entre gendarmerie, pompiers et autorités locales. Cette procédure s’inscrit dans le PPI, le Plan Particulier d’Intervention nucléaire, activé par le Préfet de région (sirènes, mises à l’abri, bouclage du périmètre). Un exercice de crise dans l’urgence, Crisatomenat 2002, s’est déroulé en octobre dernier. « Il concernait les huit communes les plus proches du centre, situées à 5 ou 6 Kms de Valduc, excluant Is-sur-Tille. Le prochain exercice devrait prendre en compte davantage les habitants… qui sont toutefois peu demandeurs, déplore Michel Maillot. Un exercice tous les 5 ans serait aussi souhaitable ».

« On a déjà Valduc… ! »

A ce jour, il n’y a plus de manifestation. Les opposants à Valduc restent silencieux. La population s’est habituée à vivre à côté du CEA. Loin d’en être satisfaite, elle s’en contente. Mais les craintes subsistent. Lors du projet d’installation de Gammaster, une usine d’ionisation des aliments au cobalt à Noiron-sous-Gevrey, le maire d’Is-sur-Tille entendait certaines personnes s’exclamer « On a déjà Valduc, ça suffit ! ».



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