Quartier Junot : la ville bouge…à pas comptés !
01/05/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Xavier Gauthier

La restructuration des armées a permis à la municipalité de se porter acquéreur de plusieurs sites militaires désaffectés. Après renégociation à la baisse, la ville s’est annexée moyennant 3, 75 millions d’euros – la Ministre de la Défense doit très prochainement signer le contrat de vente – les casernes Junot (9,3 hectares) et Heudelet (5,1 ha), la cité Marne-Marbotte (10,1 ha) et le fort de la Motte-Giron. La réhabilitation de ces ensembles militaires devrait à terme remodeler entièrement le paysage urbain du nord de la ville.
Le futur quartier Junot en constitue la pierre d’achoppement et le chantier test de la volonté municipale en terme d’urbanisme. Près de deux après l’investiture de la nouvelle équipe municipale emmenée par François Rebsamen, force est de constater que sur place le seul changement notable est l’apposition le long de l’avenue du Drapeau d’affiches célébrant avec ostentation « La ville bouge ! »
L’opposition UMP ne s’est d’ailleurs pas privée de stigmatiser ces panneaux et plus sérieusement le retard, selon elle, accumulé : « L’équipe précédente », explique Jean-Marc Nudant, député UMP, « avait déjà mis cette affaire en route. Malheureusement, la municipalité actuelle a mis à la poubelle le projet d’architecte retenu à l’époque. Du coup toute la procédure est à recommencer et rien ne bouge à Junot ». Du côté du Palais des Etats, Pierre Pribetich, adjoint délégué à l’urbanisme et aux grands travaux, se montre serein et recadre le débat : « Il n’y a pas de retard, le rythme est normal, nous prenons le temps de sélectionner le scénario le mieux adapté. Les projets d’urbanisation sont des opérations très lourdes qui nécessitent du temps pour éviter de commettre des erreurs. Et si nous avons repris la procédure, c’est par souci de transparence ». L’affaire suit donc un cours normal. Après concours, un projet a été sélectionné en juin 2002 menée par MM. Dusapin et Leclercq, architectes associés à l’agence paysagiste Bruno Tanant. Le projet retenu répond à trois préoccupations : l’intégration environnementale, l’équilibre des services publics et des commerces de proximité et la mixité sociale. Tout a été pensé pour faire vivre ce quartier en devenir. L’ensemble sera axé autour d’un vaste jardin public central bordé d’immeubles de dimensions modestes de 3 à 4 étages. En périphérie de ce noyau graviteront les services publics, une mairie annexe, une salle de réunion, une bibliothèque, une crèche et un gymnase. En 2003-2004, la SEMAAD (société d’économie mixte d’aménagement de l’agglomération dijonnaise) présidée par Pierre Pribetich, lancera une première phase de démolition avec recyclage d’une partie des matériaux pour les travaux de voirie. En parallèle, un concours pour la promotion immobilière sera mené. Six cents logements sont concernés dont 20% en locatif à loyer modéré comme l’impose la loi. Aujourd’hui, seulement 15% du parc immobilier de la ville est en HLM ou assimilés. Si l’aménagement du quartier Junot n’est pas le seul chantier d’urbanisation dans les tiroirs municipaux, il n’en a pas moins valeur d’exemple sur la crédibilité de la politique municipale en terme d’urbanisme. Pierre Pribetich le reconnaît sans détours : « C’est le quartier du mandat. Mais qu’on ne s’inquiète pas, la ville bouge. D’ici la fin du mandat, on fera le bilan et on verra que la plus grande partie du chantier sera achevée. » Dont acte…
Revenir en haut de page

































