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Arnaud Belorgey fidèle à  son rêve

01/06/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par D.R.

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C'est l'histoire d'un ado de Créancey qui devait bien aimer la chanson de Goldman, «â€‚j'irai au bout de mes rêves ». A 15 ans, il rêve qu'il construira sa voiture. A 32 ans il a conçu la Sequana. Portrait d'un passionné de l'automobile.

La Sequana : Un rêve devenu réalité pour Arnaud Belorgey.

N’imaginez pas qu’une gentille fée est apparue à l’orée de ce songe prémonitoire. C’est parce qu’il a lutté qu’Arnaud Belorgey est maintenant à la tête de sa société,  Madness Design, basée Fontaine-lès-Dijon. Un nom qui fait preuve de son sens de l’humour, « madness  » signifie « folie » en anglais. « Il a une société qui peut prêter à sourire pour son nom, mais quand on voit la voiture, on le prend beaucoup plus au sérieux » dit-on de lui.
Est-il optimiste ? « Oui », et il ajoute tout de suite « mais aussi réaliste ». Pourtant son projet relève d’une utopie : « J’avais dans l’idée de faire comme les constructeurs du début vingtième siècle … faire des voitures sur mesure, de la haute couture automobile ». Après une mauvaise orientation scolaire, il est dessinateur industriel. C’est sans compter avec un autre de ses traits de caractère : l’ambition. Arnaud Belorgey laisse son emploi, obtient une bourse, un prêt étudiant, et intègre la prestigieuse école Sbarro en Suisse. Il passe quelques années dans les bureaux de design parisiens de la société D 3. Mais son rêve de gamin le poursuit, faire sa voiture. Il y a moins de deux ans, Arnaud Belorgey monte son « business plan ». Il y travaille le soir, les week-end, les jours fériés et ose renoncer au confort du salariat. Une folie, peut-être… « J’ai fait beaucoup de concessions, c’est pour ça que quand on me parle de chance, je saute un peu au plafond ! La chance existe parce qu’elle est provoquée ». 
Coup d’accélérateur dans sa vie fin 2001.  « J’avais 20 minutes pour présenter mon projet devant 280 personnes du pôle automobile de Bourgogne ». Son but : regrouper toutes les compétences des industriels bourguignons dans un unique projet commun, la construction d’une voiture pour le Mondial de l’Automobile 2002. C’est un succès, et aussi l’acte de naissance de Madness Design et de la Sequana. Arnaud Belorgey a alors six mois, chrono en main, pour créer son rêve. Peu de temps, certes, mais il a des idées. Entre autres, faire participer une centaine d’internautes spécialisées dans l’automobile. Sur la toile, ils votent en direct pour toutes les étapes de la conception. Le design, les couleurs, les matières… jusqu’au nom. La mayonnaise (de Dijon) prend vite : au final ils sont plus de cinq cent à donner leur avis. Mais là, on se demande ce qu’il est resté du rêve du gamin dans tous ces votes… « Honnêtement, j’avais déjà mes idées, et tout s’est déroulé naturellement dans la direction que je m’étais fixé ».
Ainsi est née une voiture aux lignes nerveuses, adoucies par des matériaux et des couleurs qui la féminisent. Le pari est-il gagné ? les femmes sont-elles séduites ? Un cliché s’envole : « quand la Sequana est présentée dans un salon automobile, les premières personnes qui osent s’approcher, ce sont les femmes. Ensuite, elles entraînent  leur  mari ». Sequana, c’est aussi le nom d’une fille de Bacchus. Réfugiée en Bourgogne, elle échappe aux assauts de Neptune en se transformant en une rivière qui se teinte de la couleur de ses yeux d’émeraude : la Seine. La source naît  en Bourgogne, s’étire à travers Paris, rejoint les mers et les océans. Arnaud Belorgey  veut ce même destin à la Sequana. Sous les auspices des dieux de l’Olympe nul doute que son vœu sera réalisé… à force d’obstination !.



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