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Prostitution : Les rues de Dijon se vident…

01/06/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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A Dijon comme ailleurs en France, les premiers effets de la loi Sarkozy sur le « racolage passif » se font plus ou moins nettement sentir. Dans la capitale bourguignonne, où des prostituées d’Afrique de l’Ouest avaient pris position depuis l’été dernier près de la place de la République, modifiant brutalement le paysage de l’amour tarifé dans une ville réputée « calme », l’exotisme qui prévalait s’est soudainement dissipé (lire la Gazette de Dijon d’avril 2003). Les prostituées africaines, que l’on imagine ne pas s’être lancées dans cette profession par vocation et qui appartiennent à de puissants réseaux qui prolifèrent pour exploiter au maximum ce marché lucratif et intarissable, sont probablement reparties à Paris pour se fondre dans l’anonymat. « Cela est le fruit d’un long et minutieux travail effectué par les services de police », explique M. Bachir Bakthi, Sous-Préfet, Directeur de Cabinet du Préfet de Bourgogne et Préfet de la Côte-d’Or. « Les policiers ont multiplié les contrôles d’identité auprès des prostituées pendant plusieurs semaines, en s’attachant notamment à vérifier s’il y avait effectivement une activité de racolage actif, ce qui n’est pas toujours simple à constater. En augmentant le nombre des contrôles et donc en étant de plus en plus présentes, l’objectif des forces de police était simple : faire en sorte que les clients hésitent à aborder les prostituées afin de rendre à celles-ci les conditions de travail difficiles et donc les inciter à partir. Et si elles devaient revenir, la police agirait de la même façon ». En d’autres termes, faire chuter le chiffre d’affaires des belles de nuit, et donc obliger les proxénètes à transférer vers des destinations plus hospitalières leurs marchandises, puisque c’est ainsi que les prostituées sont considérées par ces esclavagistes modernes.
A la permanence du Service Le Pas, spécialisé dans l’assistance des personnes prostituées, la loi Sarkozy soulève encore plusieurs interrogations quant à son application. « Si elle peut permettre à certaines personnes d’arrêter de se prostituer, ce sera déjà une bonne chose. Mais nous nous interrogeons toujours sur l’avenir de celles et ceux qui continueront de se prostituer ailleurs que sur la voie publique », explique-t-on au siège de l’association. Déjà, la prostitution indoor, organisée par Internet, Minitel et les petites annonces, prendrait depuis quelques mois une ampleur jamais atteinte. Et l’autre question qui revient souvent est de savoir si le suivi social des personnes prostituées ayant contribué au démantèlement des réseaux sera aussi bien traduit dans les faits que le stipule la loi. Qui a dit que la prostitution était une patate chaude ?.



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