Téléphonie mobile : des relais néfastes pour la santé ?
01/06/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Emmanuel Razavi

Migraines, insomnies, crises d’épilepsie. Tels sont les maux dont souffrent plusieurs habitants des 4bis et 4ter de la rue de la Stéarinerie à Dijon. Pour Geneviève, locataire depuis 30 ans dans l’un des deux immeubles, « la cause de tous ces maux est l’installation de trois antennes relais installées par l’opérateur Orange ». Et elle ajoute : « Il y a même des locataires atteints de cancers. D’ailleurs, 16 locataires sur 20, signataires d’une pétition rédigée en mars 2003 pour qu’on enlève ces antennes, sont sujets aux mêmes symptômes. Des vomissements, des tremblements ou encore des picotements ». En effet, nombre de locataires vivant dans le même immeuble que Geneviève tiennent un discours identique. Certains racontent que leurs animaux domestiques souffrent également de troubles du comportement, voire de stress. Sans compter, reprend Geneviève, que « les télévisions et les micro-ondes se mettent à fonctionner tous seuls ». Bref, si après la pétition les antennes ont été débranchées, il semble qu’elles auraient été remises en fonction puis à nouveau débranchées… De son côté, la Confédération Nationale du Logement en Côte d’Or -CNL-, présidée par Pierre Maillard, est intervenue par le biais d’un courrier adressé au Préfet de Région en date du 3 avril 2003 afin qu’il agisse « rapidement en demandant à France Télécom de suspendre le fonctionnement du réseau ». Toujours dans ce même courrier est fait mention de documents qui sont en possession de la CNL, parmi lesquels « des lettres de réclamation des locataires, une pétition, des certificats médicaux ».
Que fait France Télécom ?
Il semble par ailleurs que les autorités locales aient tout à fait mesuré l’ampleur du problème, à commencer par la Préfecture qui, d’après Pierre Maillard, s’est montrée attentive à cette demande, celle-ci ayant à son tour envoyé « un courrier rappelant que France Télécom se tenait à disposition des locataires pour expliquer ce qui n’allait pas ». Seul problème, les habitants des immeubles concernés ne veulent plus d’explication, mais le retrait pur et simple des relais.
Du côté de SCIC HABITAT Bourgogne Champagne, la société anonyme qui administre ces immeubles, celle-ci semble être favorable au principe de précaution. Elle met en effet en avant, dans un courrier adressé à l’opérateur Orange le 2 mai 2003 le fait que l’Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale, dans un avis du 17 avril 2003 « recommande d’appliquer le principe d’attention, c’est-à-dire le respect dû aux craintes des citoyens même si celles-ci sont sans justification scientifique, une inquiétude collective pouvant elle-même être considérée comme une question de santé publique ». Plus important encore, la société SCIC HABITAT demande à Orange d’envisager le retrait de ces antennes.
Que l’on se tourne du côté des différentes institutions locales ou de l’association présidée par Pierre Maillard, toutes se mobilisent donc à priori pour que les locataires de la rue de la Stéarinerie soient entendus. Et s’il reste difficile d’établir un lien direct entre les troubles dont souffrent une partie des locataires de ces immeubles et le fonctionnement des antennes relais, il n’en demeure pas moins que des questions peuvent se poser. En effet, il est légitime de se demander pourquoi France Télécom n’a pas souscrit rapidement à la demande des habitants des 4bis et 4ter de la rue de la Stéarinerie, ne serait-ce qu’en vertu du principe de précaution…Quoiqu’il en soit, les antennes ne devraient plus déranger les locataires des immeubles concernés très longtemps, la direction de SCIC HABITAT, sensible aux craintes es habitants de la rue de la Stéarinerie, ayant décidé de ne pas renouveler le contrat avec France Télécom au-delà du mois de novembre, terme du contrat actuellement en vigueur .
Revenir en haut de page

































