Société

«â€‚L’équitation a une dimension sociale »

01/07/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Emmanuel Razavi

Réagir Télécharger le numéro

C'est à  Dijon, au Cercle Hippique dijonnais (CHD) que Pascal Cluzeau, 45 ans, développe avec succès depuis 1988 un club ouvert à  tous et dont l'un des principaux atouts est très certainement sa dimension sociale.

Pascal Cluzeau, directeur du  Cercle Hippique Dijonnais.
L'une des élèves du CHD en plein exercice.

Excepté ses cheveux bruns, son allure n’est pas sans rappeler celle de Richard Harris dans « Un homme nommé cheval ». Et tel le héros du célèbre film d’Elliot Silverstein, Pascal Cluzeau, directeur du Cercle Hippique Dijonnais, est un homme qui allie sa passion du cheval et de la nature à celle de l’être humain.
Il suffit de discuter quelques instants avec ce cavalier émérite pour en être convaincu. Car si l’équitation passe pour un sport élitiste, ce dernier a fait en sorte que  sa dimension sociale ne soit pas oubliée. Ainsi qu’il le dit d’emblée : « Il faut que cette discipline soit la plus ouverte possible. C’est pourquoi notre club, parmi ses nombreuses activités, collabore avec des structures qui s’occupent de personnes handicapées ». Comme le précise Myriam Guinot, 30 ans, l’une des monitrices du club très sensibilisée à l’équithérapie  (une discipline qui consiste, en partenariat avec des professionnels de santé à participer à la rééducation de certains handicapés), « il s’agit d’enfants trisomiques mais aussi de jeunes adultes qui ont des problèmes psychomoteurs. Lorsqu’ils viennent ici, on souhaite les amener à une intégration sociale par l’approche de la nature et de l’animal. Cela leur apprend à communiquer et à mieux s’exprimer, tant sur le plan physique que sur le plan oral ». « Ce qui est important, explique Pascal Cluzeau, c’est qu’à partir de là, ils peuvent acquérir les bases techniques de l’équitation et ainsi progresser ».
Aujourd’hui, près d’une vingtaine de personnes handicapées viennent suivre des cours au Cercle Hippique Dijonnais. Il y a de plus en plus de demandes de la part des familles qui souhaitent que leurs enfants pratiquent une telle activité afin de mieux s’épanouir sur le plan social. « En résumé, dit Pascal Cluzeau, ce n’est pas parce qu’on est handicapé qu’on a pas le droit de faire du cheval ». Et si le CHD a pris cette voie, ce n’est pas un hasard car Pascal, ancien éducateur spécialisé, est détenteur d’un troisième cycle universitaire en sport et santé et
a suivi dans ce cadre une formation d’équithérapie. Cependant -et c’est compréhensible – Pascal ne considère pas le CHD comme la Mecque de l’équithérapie. « Il s’agit plutôt d’une discipline à laquelle on a sensibilisé certains de nos collaborateurs ».

Un club en plein boom

Depuis 1988, année où Pascal Cluzeau a repris la direction du CHD, celui-ci n’a cessé de voir le nombre de ses adhérents croître. De 230 adhérents, il est en effet passé à 380 et son chiffre d’affaire a presque triplé, avec un parc de 80 équidés (chevaux et poneys). Mais ainsi que Pascal Cluzeau l’indique : « Si nous avons une gestion d’entreprise, la dimension sociale -le CHD est une association loi 1901- de ce club équestre est encore une fois très importante ». En effet, le CHD est la structure équestre de Côte d’Or qui a créé le plus grand nombre de postes avec 2,5 salariés à son arrivée contre 8 aujourd’hui. « Car le monde associatif, reprend-il, a également une mission au regard du monde de l’emploi ». Des propos que l’on aimerait voir tenus par d’autres dirigeants de clubs sportifs !



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
La fin des haricots ?
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 296 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page