«â€‚Mieux exploiter la richesse culturelle de Dijon »
01/07/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

Yves Berteloot, avec la désignation du maître d’œuvre du Zénith, les choses sérieuses vont pouvoir commencer…
Oui. Mais nous avons pris le temps nécessaire avant d’attribuer la construction du Zénith aux architectes parisiens Chaix et Morel, qui présentaient le plus convaincant des cinq projets. Ce sont des personnes compétentes, et l’étude de leur projet par la commission d’attribution a été très rigoureuse. Il nous fallait un outil fonctionnel, adapté aux besoins du public et des artistes appelés à se produire à Dijon sur la scène du Zénith, à partir de l’automne 2005.
Le coût de la construction du Zénith est estimé à 12 millions d’euros. Vous avez conscience qu’à une période où l’argent public est compté, un dépassement du budget ferait mauvais genre…
Absolument, et nous serons extrêmement vigilants quant à ce que les prévisions soient respectées, à quelques centaines d’euros près. Ce Zénith répond à un besoin évident, car Dijon ne dispose pas de structures satisfaisantes pour accueillir de vrais concerts de rock ou de variété française par exemple. J’ajoute également que ce projet d’agglomération a été soumis à une étude de faisabilité et de rentabilité. Et le label Zénith permet aussi de bénéficier du financement de l’Etat et du Conseil Régional à hauteur de 20 %. La gestion du Zénith sera d’ailleurs confiée à un gestionnaire privé.
François Rebsamen a parlé d’un « anti-Auditorium ». Le Maire de Dijon traduit la pensée de nombre de ses concitoyens, qui n’ignorent pas le coût de fonctionnement annuel (7,5 millions d’euros) de cet outil beau et cher.
L’Auditorium est un outil de grande qualité qui coûte effectivement assez cher à la Ville. Evidemment, le Zénith, avec une capacité de 7 000 places n’aura pas la même vocation. Il répond à un vrai besoin, car, pendant des années, Dijon est passée à côté de beaucoup de choses. Mais il faut éviter de comparer les deux outils. Au moins, Dijon sera une ville équipée pour accueillir différentes catégories de spectacles.
Parmi les autres projets, il y a également la médiathèque, le réaménagement de la bibliothèque municipale, la rénovation du Musée des Beaux-Arts. La Ville serait-elle en train de prendre conscience de l’inadaptation de ses structures par rapport à la richesse de son patrimoine culturel ?
Je ne vais pas hésiter à dire qu’en matière de lecture publique, Dijon est une ville sinistrée. Il faut savoir que seulement 11 % de la population locale est adhérente à la Bibliothèque municipale. Les équipements sont insuffisants. Nous souhaitons dans un premier temps construire une bibliothèque dans le quartier des Grésilles. La population de ce quartier souhaite qu’un tel équipement structurant y soit édifié, car cela permettrait d’attirer des lecteurs et des emprunteurs de toute l’agglomération. Cela devrait être le cas dans un peu moins de trois ans. Dijon doit exploiter sa richesse culturelle.
Et qu’en est-il du projet d’une nouvelle bibliothèque municipale médiathèque ?
C’est un projet lourd, important pour Dijon sur lequel nous travaillons. S’il devait aboutir, il faut être conscient que c’est un projet de deux mandats. Ce serait également une structure faite pour faciliter les échanges, avec une véritable vocation encyclopédique. La situation actuelle n’est plus adaptée. L’ancienne bibliothèque, dont une poutre s’est écroulée en 1987, ne peut plus accueillir de public. Nous avons l’intention de réaliser une structure répondant aux besoins de la population de l’agglomération dijonnaise, avec une superficie d’environ 6 500 m². Quant à la bibliothèque municipale rue de l’Ecole de droit, elle sera vraisemblablement réaménagée, car elle n’exploite pas la richesse de son fonds patrimonial.
On parle également de la rénovation du musée des Beaux-Arts…
C’est l’un des plus riches de France… Sa collection est exceptionnelle et pourtant, seulement dix-huit pour cent sont exposés… Actuellement, nous sommes en phase d’étude avec un comité de pilotage regroupant l’Etat, le Ministère de la Culture, le Département entre autres, mais il est clair que Dijon a besoin d’un musée moderne qui aurait un véritable impact économique. Plusieurs options sont envisagées : une extension de l’actuel musée des Beaux-Arts, ou une construction pure et simple de salles supplémentaires. Mais là aussi, c’est un projet lourd, qui prendra du temps…
Tous ces grands projets ne risquent-ils pas de pomper l’essentiel du budget culturel de la Ville et de ne laisser que des miettes aux petites associations ?
Il est évident que les grosses structures absorbent le plus gros du budget culturel de la ville, qui est de 27 %. Mais nous ne voulons pas pénaliser les structures plus modestes. Par exemple, je suis très attaché à une salle comme la Vapeur. Les gens qui y travaillent font un boulot formidable, et il est hors de question de remettre en cause cette salle qui est un véritable centre de ressources, notamment pour les groupes locaux. Et puis, nous encourageons sans cesse la création de festivals par exemple. Dijon est une ville riche culturellement, et mon intention est de stabiliser le budget, sans pénaliser ceux qui créent, qui prennent des initiatives.
Et surtout, on a l’impression que les partenariats se développent.
Oui, et c’est une chance. Le Grand Théâtre et l’Auditorium, réunis sous le nom du Duo Dijon, en est l’exemple le plus éclatant. Cela est bénéfique pour la production, qui n’est plus cantonnée à Dijon et pour les finances. Mais je souhaiterais que l’Etat et la Région s’impliquent davantage, et notamment pour les grosses structures. Nous y travaillons…
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