Cyril Moine : Et maintenant, le Paris SG !  
01/07/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault


Son troisième club, le Paris SG, ne diffère guère, du moins en terme de passion et souvent du joyeux foutoir qui le caractérise, de l’OM et à un degré moindre du Stade Rennais, où il vient de passer deux saisons éprouvantes dans la maison du milliardaire François Pinault. En cinq ans, Cyril Moine (31 ans) n’a pas toujours goûté au « calme » auquel peut prétendre n’importe quel membre d’un staff technique, en dépit de l’ingratitude liée à la fonction. « J’aspire à cela au PSG, et c’est pour cela que j’ai suivi Vahid. Quand il a annoncé son départ de Rennes, il m’a demandé si je voulais continuer à travailler avec lui, alors qu’il ne connaissait pas le nom de son futur club. Et je n’ai dû hésiter qu’une demi-seconde avant de dire oui… » L’image autoritaire de l’ancien attaquant de Nantes, Moine l’avait forcément imprimée quand « coach Vahid », ce surnom que le Bosniaque abhorre tant, a débarqué dans la tumultueuse galaxie rennaise à l’automne dernier pour sauver un club en partance directe pour la Ligue 2. « J’étais un peu inquiet, comme tout le monde. Vahid traîne la réputation d’un mec rigide, un peu militaire. Il est exigeant, mais c’est quelqu’un d’attachant, avec qui je prends plaisir à travailler. Ce n’est pas celui que certains s’amusent à dépeindre. Il est ouvert au dialogue et disponible. J’avais envie de poursuivre l’aventure avec lui. Je progresse à son contact, car c’est quelqu’un qui pense que l’on peut toujours faire mieux ». Au Camp des Loges, le centre d’entraînement du PSG, les journées sont longues. Halilhodzic, qui est du genre lève-tôt, convoque son staff à 7 heures 30 du mat’, pour mettre au point les séances quotidiennes. « C’est vrai que Vahid me prend beaucoup de temps, que ma vie privée en souffre. Mais je n’oublie jamais la chance qui est la mienne d’exercer cette profession qui me passionne. Il y a tellement de préparateurs physiques qui rêvent de bosser dans un club de Ligue 1… », explique-t-il, au moment où la voix grave du bosniaque résonne dans les bureaux. « Il aime savoir que je ne suis pas trop loin », dit-il, amusé. Cyril Moine, en charge de la préparation physique et de la réhabilitation des blessés, est totalement étranger aux aspects techniques et tactiques. « Je ne me concentre que sur mon domaine. Je sais que la préparation physique n’est pas le sujet favori des footballeurs professionnels. Alors, je leur explique que je ne suis là pour les emmerder. Au contraire, puisque je discute beaucoup avec eux de ce que je leur demande de faire. Chaque exercice est détaillé. J’essaie de faire passer la pilule avec le sourire… »
OM et Rennes, les nerfs à vif
Ce relationnel avec les joueurs, le Dijonnais en a fait l’une des ses priorités quand il a intégré l’OM, son premier club professionnel il y a cinq ans. « J’y suis arrivé en 1998. C’est un club où tout est multiplié par dix, où la pression est énorme, mais pour des débuts, c’était extraordinaire ». A Marseille, Cyril Moine a connu beaucoup d’entraîneurs (Courbis, Casoni, Braga, Clemente, Emon, Ivic), côtoyé des joueurs avec lesquels il a su conserver des liens étroits. « J’ai régulièrement Florian Maurice, Jocelyn Gourvennec et Christophe Dugarry au téléphone. Et Rolland Courbis également… ». Des trois saisons passées sur le Vieux-Port, Cyril en conserve des souvenirs variés, avec un titre de vice-champion de France et de finaliste de la Coupe UEFA en 1999, et aussi les deux saisons suivantes calamiteuses, quand l’OM s’englua dans les profondeurs du classement. « L’OM, de toute façon, c’est usant mentalement ». Rennes, sa seconde étape, le sera à peine moins. Le club breton, qui se singularise par une incroyable facilité à jeter l’argent de son mécène préféré par les fenêtres à coups de transferts fumeux, n’est pas le dernier à virer ses techniciens avec une régularité désespérante. « Des entraîneurs, j’en ai vu trois se succéder : Christian Gourcuff, qui m’avait débauché de Marseille, Philippe Bergeroo, qui était arrivé avec Georges Gacon, lui aussi dijonnais, avec qui cela s’est bien passé, et enfin Vahid. J’ai su que Laszlo Boloni, le nouvel entraîneur, voulait me garder. Mais moi, j’avais déjà donné mon accord à Vahid. Et puis, c’est vrai que trois ans à l’OM et deux à Rennes, c’est enrichissant et éprouvant à la fois. Au PSG, et même si je n’ignore rien de la passion qui entoure ce club, je pense pouvoir travailler dans un environnement stable, car je sais qu’Halilhodzic veut apporter sa touche personnelle pour mieux structurer ce club. Il sait fédérer et faire adhérer un groupe à un projet». En cinq ans, celui qui devrait s’occuper de Ronaldinho au retour de vacances du champion du monde brésilien le 12 juillet si celui-ci ne s’envole pas pour l’Espagne ou l’Angleterre a su évoluer et aborder son travail différemment. En lisant des livres estampillés préparation physique, en affinant sa reflexion sur les besoins des footballeurs. « J’ai surtout modifié les séances d’échauffement, de musculation et d’étirements ». Au Camp des Loges, les joueurs parisiens sont priés de faire silence pendant qu’ils s’étirent. « Ecoutez votre corps et vos fibres musculaires », explique Cyril Moine, qui préfère insister sur l’explosivité que sur les charges lourdes. « Ce n’est pas pour leur faire plaisir, mais pour leur bien ». Face au temps qui défile, et entre un déjeuner avec les autres membres du staff et la préparation du stage du PSG à Aix-les-Bains, Cyril Moine n’oublie pas de préciser qu’il a toujours un œil sur Dijon, où vit une partie de sa famille. « Je suis les résultats du Dijon FCO, mais aussi ceux des clubs où j’ai joué, à Fauverney, Quétigny ou Dijon PTT. Travailler un jour au DFCO ? Pourquoi pas, si Vahid en devient l’entraîneur… » .
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