Société

Dijon, ses Consuls, sa diplomatie…

01/07/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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Avec neuf consulats, la diplomatie est relativement bien implantée dans une ville de taille moyenne comme la capitale bourguignonne. Trois continents (Afrique, Europe et l'Asie) y sont représentés, mais les missions de ces consulats varient sensiblement.

Philippe Debost, Consul honoraire des Pays-Bas à  Dijon
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Philippe Debost, Consul honoraire des Pays-Bas à Dijon et Doyen des Consuls en poste (depuis 1972), n’en fait pas mystère. «  Les consulats à Dijon, hormis celui du Maroc, ont dans leur grande majorité une activité plus ou moins soutenue, tout simplement parce que les Consuls de certains pays ne sont pas des diplomates de carrière, et ne peuvent donc assumer certaines charges. Avec l’Europe, certaines formalités ont tendance à se simplifier, et cela pourrait entraîner en France la fermeture de certains consulats ». A Dijon, neuf pays – Allemagne, Belgique, Suisse, Suède, Finlande, Suède, Maroc, Italie et… la République des Maldives, îles paradisiaques de l’Océan Indien dont le Consulat de Dijon est l’unique représentation diplomatique en France – sont représentés, mais de tous les Consuls en poste, seul le Marocain Abdessadek Sikaoui est un fonctionnaire de son Ministère des Affaires Etrangères. « J’achève ma quatrième et dernière année cet été », explique ce diplomate de carrière, dont Dijon est la seconde affectation après la Mauritanie, et qui retournera à Rabat dans quelques semaines. La circonscription consulaire d’Abdessadik Sikaoui, qui regroupe la Bourgogne, la Franche-Comté (sauf le Territoire de Belfort), l’Aube, le Cher et la Haute-Marne est suffisamment vaste pour que le Consulat du Maroc, implanté à Talant depuis 1987, soit considéré comme la seule représentation diplomatique permanante, avec des locaux et un personnel adapté à la demande des ressortissants marocains. « Nous assumons certains services pratiques, dont la plupart occupent la majorité de notre temps : le renouvellement des passeports, des cartes d’identité notamment. Nous délivrons des visas à des ressortissants de certains pays qui souhaitent se rendre au Maroc, nous rendons visite à des détenus à leur demande, et nous intervenons dans le domaine culturel, en collaboration avec des associations marocaines, ou économique, en servant de relais à d’éventuels investisseurs intéressés par le Maroc. Mais nous ne versons aucune subvention, faute de moyens financiers suffisants ».

Consul honoraire, une fonction bénévole

Si le Consul marocain est un diplomate de carrière, les autres Consuls en postes à Dijon sont des ressortissants français, à l’exception du très jovial Till Meyer, Consul d’Allemagne et directeur de la Maison Rhénanie-Palatinat, et sont tous Consuls honoraires. « Dans mon cas, lorsque que mon prédécesseur a quitté son poste, j’étais déjà à Dijon, et j’ai accepté cette fonction qui m’occupe quelques heures par semaine. Je prends en charge certaines missions du Consulat de Lyon, avec qui je suis en relation directe comme le suivi des ressortissants allemands qui vivent en France mais qui perçoivent une retraite en Allemagne, de l’aide des touristes qui perdent leurs papiers, l’assistance aux détenus. Et bien sûr les fonctions plus honorifiques, telles que la présence dans certaines réceptions. Mais d’une façon générale, la présence d’un consulat permet à l’Allemagne d’être mieux identifiée à Dijon ». Till Meyer, comme les autres Consuls en poste à Dijon (à l’exception du Maroc) a été nommé pour des raisons facilement compréhensibles : un entregent certain, une structure fonctionnelle, des moyens financiers suffisants. « Dans la nomination d’un Consul, le relationnel est primordial », rappelle Philippe Debost, nommé consul honoraire des Pays-Bas il y a trente ans, alors qu’il dirigeait une importante société de transport l’amenant à y effectuer de fréquents voyages. « Selon les pays, les missions sont assez variables. En ce qui me concerne, je règle essentiellement des problèmes d’état civil de ma circonscription consulaire. La fonction est assez agréable dans son ensemble, car elle permet de faire la connaissance de nombreuses personnes . J’ai ainsi eu le privilège d’être reçu, avec d’autres Consuls honoraires, par la Reine Juliana des Pays-Bas. Mais parfois, j’ai été obligé de faire des choses beaucoup moins plaisantes, comme par exemple aller identifier les corps de ressortissants néerlandais après un accident d’avion vers Montceau il y a une vingtaine d’années… »
Les Consuls honoraires, qui ne perçoivent aucune rémunération – « seuls les frais sont remboursés », note Philippe Debost – sont par contre détenteurs d’une carte consulaire. « Mais à ma connaissance, aucun d’entre nous n’a fait la demande pour posséder les plaques vertes, à l’exception du personnel du Consulat du Maroc, qui est un cas à part », reprend Till Meyer. Et, à l’initiative de Philippe Debost et de Jean-Claude Rizzi, Consul honoraire de Belgique, l’ensemble des membres du corps diplomatique à Dijon a pris l’habitude de se réunir une fois par mois, « pour évoquer nos différentes missions, et aussi pour partager un repas convivial », précise Philippe Debost. Ou les bons côtés de la diplomatie…



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