A quoi ressemble le paysage radiophonique dijonnais ?
01/09/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Andrea De Cesaris

A partir de 1982, date de la libéralisation de la FM, les Dijonnais ont été témoins de nombreux changements sur les ondes de la ville. Les plus nostalgiques parlent encore avec passion de « Radio Bonheur », « Radio K6 » ou encore « Radio 2000 ». Depuis 1989 et la création du CTR (Comité Technique Radiophonique), sorte d’antenne locale du CSA, (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) qui gère et attribue les fréquences destinées aux radios, on peut différencier cinq catégories de radios privées (les fréquences des radios du service publique -France Inter, France Bleu, le Mouv’- sont attribuées directement par l’Etat). Voici le texte officiel de chacune de ses catégories commenté par Valérie Poublanc, secrétaire général du CTR de Dijon.
Catégorie A :
Radios présentes dans cette catégorie à Dijon : Radio Campus, VTI, Radio Shalom Dijon, RCF (Radio Catholique de France).
« Ces radios associatives sont souvent des radios communautaires (estudiantines, religieuses). Elles sont financées grâce à une subvention du fond de soutien, en moyenne de 30 000 à 50 000 €, plus une subvention d’équipement tous les 5 ans (remboursement à hauteur de 50% du devis) ».
Catégorie B :
Radios présentes dans cette catégorie à Dijon : Fréquence Plus
« Ce sont des locales, indépendantes, souvent privées, qui n’ont aucun lien avec des réseaux nationaux, qui doivent réaliser 100 % de programme local et vivent de la commercialisation de la pub locale. Elles adhèrent souvent au GIE des indépendants (sorte de Régie Pub nationale des radios indépendantes) leur permettant aussi de diffuser de la publicité nationale ».
Catégorie C :
Radios présentes dans cette catégorie à Dijon : Europe 2 Bourgogne, Fun Radio Bourgogne, Chérie FM Dijon, Nostalgie Dijon.
« Ces radios locales étaient indépendantes, affiliées à un réseau national pour reprendre leur programme un certain nombre d’heures dans la journée. Elles restaient indépendantes et maintenaient tout leur programme local. Au fil des années, il y eu une grosse évolution. Et maintenant, à Dijon, toutes les radios C sont filialisées. Si on devait donc définir cette catégorie, c’est un réseau qui fait 3 heures de programme local minimum (musical et info locale) et qui a le droit de commercialiser de la pub locale ».
Catégorie D :
Radios présentes dans cette catégorie à Dijon : RFM, NRJ, Skyrock, Rire et Chansons.
« Ce sont des réseaux nationaux qui diffusent leur programme sur la ville mais sans la possibilité de proposer un programme local et de la publicité locale. Mais les catégories C ayant un programme de plus en plus faible et peu interactif avec la ville, le CSA va certainement laisser la possibilité aux réseaux concernés, de passer de C en D, sans appel à candidature, et proposer aux D qui le souhaitent de passer en C. Mais dans ce cas précis, le programme local devra être plus important qu’il ne l’est actuellement. Il se murmure notamment que NRJ passera en catégorie C l’an prochain. Ils auraient donc un réel programme local sur la ville ».
Catégorie E :
Radios présentes dans cette catégorie à Dijon : Europe 1, RTL.
« Ce sont des radios généralistes. Désormais plusieurs de ces radios demandent des décrochages locaux. Des tests sont menés à Marseille et à Lyon ».
Valérie Poublanc : « Pas de nouvelles fréquences sur Dijon »
GDD : Beaucoup ont été surpris que Fréquence Plus, une radio jurassienne, émettant depuis Dole, se soit vue attribuer l’an dernier la fréquence disponible en catégorie B, alors que d’autres projets 100 % dijonnais avaient été déposés auprès du CTR.
V.P : « Si Fréquence Plus est du Jura, ils sont quand même proche de Dijon et déjà, avant de se voir attribuer la fréquence, ils parlaient souvent de la ville ».
GDD : Mais ils ne sont pas réellement présents à Dijon, leurs studios étant à Dole. Ont-ils vraiment légitimité à être considérés comme une radio dijonnaise ?
V.P : « Le choix pour attribuer les catégories B se font aussi sur les bases économiques, car ces radios ne vivent que par la pub. Fréquence Plus ayant déjà plusieurs fréquences dans le Jura, nous avons estimé qu’ils avaient les reins assez solides pour supporter financièrement la durée de la période de lancement. Le CSA est désormais prudent et donne peu de fréquences en catégorie B à de nouvelles structures, de peur de les envoyer dans le mur ».
GDD : Mais y a-t-il encore une possibilité pour les Dijonnais de créer leur radio dans leur ville ?
V.P : « En 2006, 101 des 202 fréquences existant en Bourgogne Franche-Comté pourront être attribuées suite à un appel à candidature générale. En théorie, le CSA peut faire une remise à plat total et décider de ne pas réattribuer certaines fréquences à ceux qui les détenaient. On sait que le poids économique est très fort et que le CSA n’a pas une marge d’action énorme mais il peut y avoir des ajustements. Mais à Dijon, il n’y aura sûrement pas de nouvelles fréquences. Il n’est pas impossible mais peu réaliste de vouloir monter sa radio à Dijon ».
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