Société

Célibataires et heureux !

01/09/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Xavier Gauthier

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Les célibataires ne sont plus seuls : la France compte 9,3 millions de personnes qui vivent sans conjoint. Avec 21% de sa population célibataire, Dijon n'échappe pas à  ce phénomène de masse à  la hausse, notamment dans les grands centres urbains.

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Autrefois pilier incontournable de la vie affective et sociale, le modèle du couple bat de l’aile. Le mariage se voit concurrencé par de nouvelles formes de vie à deux : PACS, union libre. Et avec l’allongement de la vie, de plus en plus de personnes connaissent ou connaîtront une ou plusieurs séquences de célibat. Cette révolution de l’état matrimonial est directement liée à l’autonomie financière croissante des femmes. Affranchies de la dépendance financière vis-à-vis de leurs époux, elles peuvent désormais envisager une vie seule. Et privilégier davantage leur réussite personnelle. Avec 7,4 millions de célibataires, divorcés ou veufs en France (40 452 dans l’agglomération dijonnaise), auxquels il convient d’ajouter les 1,9 millions de foyers monoparentaux (8 392 à Dijon), les personnes seules ne sont plus les vilains petits canards que les familles voulaient naguère caser à tout prix. Moins soumis à la pression du sacro-saint modèle de la vie en couple, les célibataires s’assument et comptent bien vivre pleinement ce célibat. Tous mettent en avant leur liberté. Patrick, 38 ans, célibataire depuis deux ans, clame sans complexe : « Je fais ce que je veux, quand je veux et comme je veux ». Une affirmation qui sonne comme le manifeste du célibataire tant il résume l’état d’esprit d’un grand nombre de membres de cette population. «  Ma liberté, précise-t-il, c’est de voir mes amis quand je veux, de sortir avec eux de manière impromptue et n’avoir aucun compte à rendre ». Loin d’être un repli sur soi narcissique, le célibat est au contraire vécu comme un éveil aux autres, source d’enrichissement et d’épanouissement. « Dans ma vie de célibataire, affirme sans hésitation Patrick, je m’épanouis bien plus qu’en couple. En deux ans, grâce aux nombreuses rencontres que j’ai faites, j’ai appris beaucoup plus qu’en 10 ans de vie commune ». Même son de cloche chez Caroline, 39 ans, mère d’un garçon de 3 ans : « Je réapprends à me faire plaisir pour moi, je refais des choses comme la lecture que je ne faisais plus en couple ». Mais plus nuancé quant à la liberté : « Vivre seule avec un enfant demande une grande organisation dans son emploi du temps. Je ne peux pas sortir à l’improviste, je dois d’abord trouver quelqu’un pour garder mon fils ».

Célibataire oui, mais pas trop longtemps…

Après une période d’abattement suite à une rupture, le célibataire se découvre des facultés pour rebondir : « Etre célibataire forge le caractère : j’ai un esprit plus compétitif dans mon travail mais aussi pour affronter les multiples tracasseries du quotidien  ». Où l’on constate que l’on peut se passer de l’autre et de son jugement. Amélie, 28 ans : « La vie de célibataire m’a permis de grandir et de penser à moi. De ne plus m’évaluer qu’à travers le seul regard du conjoint ». Une prise de conscience de sa propre valeur qui passe par un investissement plus grand dans sa vie professionnelle : « Je me suis plongée à corps perdu dans mon boulot, sans compter mes heures, vu que personne ne m’attendait. Cela m’a permis de progresser plus vite dans mon métier ».
Si la vie de couple n’est plus aux yeux des célibataires la condition sine qua non pour réussir sa vie, tous avouent cependant continuer à rêver au prince(sse) charmant(e). Ils envisagent toujours de former un couple dans la durée sans toutefois se renier. Un couple oui, mais pas à n’importe quel prix. Le célibat est plutôt envisagé comme une parenthèse qui permet de faire le point à un tournant de sa vie, comme le pense Caroline : « Cette vie de célibataire me permet de me retrouver, de tirer les enseignements d’une vie de couple qui ne m’apportait plus rien. Mais je ne ferme pas pour autant la porte à une vie à deux. On n’est pas fait pour vivre seul, on a tous besoin de partager ses sentiments ». Le célibataire en quête d’un conjoint soigne les apparences afin de se prêter à nouveau au jeu de la séduction :   « Après un passage chez l’esthéticienne, confesse Amélie, sous les conseils de copines, je suis ressortie dans les bars pour échanger des regards et plus si affinités. Ici à Dijon, il y a deux lieux où l’on est sûre de ne pas finir la nuit seule : la Jamaïque et la Salsapelpa. Mais ça reste des histoires sans lendemain. Finalement après deux ans de vie de célibat, j’ai trouvé quelqu’un lors d’un barbecue chez des amis au moment où je ne m’y attendais plus ».



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