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Dijon, une ville en panne d’image

01/10/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Xavier Gauthier

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La cité des Ducs n'est non seulement pas prophète chez elle mais à  l'extérieur, son image est floue voire inexistante. Pourtant, l'agglomération dijonnaise dispose d'atouts pour attirer les investisseurs. A commencer par sa facilité d'accès.

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«â€‚Il faut que Dijon et les Dijonnais prennent conscience que leur ville est une capitale régionale ».

«La belle endormie, une ville bourgeoise, léthargique… » A Dijon plus qu’ailleurs, les clichés ont encore de beaux jours devant eux. Selon une étude récente de la DATAR* portant sur le rayonnement des villes françaises, l’agglomération dijonnaise se classe en 15e position. Un résultat supérieur à son poids démographique, honorable devant des villes comme Angers, Mulhouse ou encore Brest. Les premiers enseignements d’une étude menée par un cabinet montpelliérain sur l’attractivité de l’agglomération dijonnaise à la demande de la COMADI font apparaître clairement une forte dichotomie entre la réalité et l’image que véhicule la ville. Au-delà des idées reçues d’une ville paisible embourgeoisée dans son riche patrimoine, quid de la réalité ?

La capitale économique de la Bourgogne

Pour Edgard Dauger, directeur de Dijon Développement, « il faut que Dijon et les Dijonnais prennent conscience que leur ville est une capitale régionale ». Et les chiffres sont là pour démontrer que le Grand Dijon aimante la vie économique de la région.
Dix-huitième agglomération française, Dijon représente le premier bassin de vie et d’emploi de la Bourgogne. L’aire urbaine de Dijon qui englobe 326 000 habitants concentre à elle seule
138 500 emplois, soit près du quart de l’emploi en Bourgogne. Ce qui la situe à un niveau comparable aux aires urbaines d’Angers, de Caen ou encore d’Orléans et de Reims.
Le commerce et les services notamment aux entreprises se taillent la part du lion. Dijon bénéficie d’une population plus jeune, plus qualifiée et plus tertiaire que le reste de la Bourgogne. Grâce à l’Université de Bourgogne et les grandes écoles d’ingénieurs, elle concentre 90% des emplois dans la recherche et le développement. Le secteur industriel souvent méconnu occupe pourtant une place prépondérante. Contre toute attente, le secteur agroalimentaire  n’occupe que la troisième place derrière l’industrie mécanique (2 995 salariés) et l’industrie électrique-électronique (3 202 salariés). Viennent ensuite les industries de la chimie et pharmacie (2 137), la métallurgie (1 192) et le plastique et caoutchouc (1 192). Au total, l’agglomération dijonnaise réunit à elle seule un quart des effectifs salariés de l’industrie en Bourgogne.

Deux points forts : les voies de communication et la diversité des entreprises.

Au chapitre des atouts, tout le monde s’accorde pour mettre en avant la qualité de l’environnement, de la vie culturelle et le patrimoine historique. Mais dans un contexte de concurrence de plus en plus exacerbée entre les grands centres urbains, ces arguments ne suffisent plus à créer un environnement propice au développement d’une ville. Aujourd’hui, l’accessibilité est un des facteurs déterminants pour le rayonnement
d’une ville et attire des investisseurs. Située entre Paris et Lyon, Dijon jouit d’une position géographique stratégique sur les grands axes de circulation qui la rende facilement accessible par la route et le rail. Une journée de camion permet d’ “arroser” plus de 60 millions de consommateurs. A l’avenir, la réalisation du  TGV Rhin-Rhône placera la cité des Ducs au cœur d’un carrefour de communication entre l’Europe du Nord et du Sud. En matière des flux de marchandises, Dijon a une belle carte à jouer : 40% du fret européen et 65% du fret national passent par le corridor dijonnais. Depuis la fin 2002, Dijon s’est doté, avec une plate-forme bimodale d’une capacité de 35 000 wagons, d’un outil performant capable de répondre aux flux croissants des marchandises. Dans un contexte de rééquilibrage du transport des marchandises au profit du rail, cette plate-forme située au sud de l’agglomération pourrait devenir l’une des têtes de pont du ferroutage alpin. Dans ce réseau de communication fortement intégré, seul l’air manque à l’appel. L’avenir du trafic aérien en Bourgogne devrait passer par l’aménagement de l’aéroport de Dôle-Tavaux. L’attractivité d’une agglomération se mesure également à l’aune de la diversification de son économie. En la matière, Dijon est assez bien lotie. L’agglomération possède un tissu économique développé et de qualité qui repose sur une diversité de PME/PMI et de grandes entreprises de dimensions internationales souvent à forte technologie. Parmi  celles-ci, citons le groupe pharmaceutique Fournier, l’équipementier automobile Koyo, les laboratoires Urgo, le groupe Amora-Maille, filiale du conglomérat Unilever, Schneider Electric, Nestlé…Le secteur des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) occupe également une place non négligeable dans le paysage économique dijonnais. Cette diversité constitue un atout en terme d’échanges et de partenariats et évite toute dépendance périlleuse à une mono-industrie. Mais revers de la médaille, Dijon est difficile à identifier en terme d’image.
  

Dijon, l’arlésienne !

« C’est vrai, reconnaît Edgard Dauger, toute la difficulté est de mettre en valeur ce large portefeuille des activités économiques sur Dijon. On a du mal à massifier ce portefeuille pour en faire la promotion. Il nous faut donc arriver à identifier les grands atouts de Dijon pour avoir une plus grande lisibilité ».
Au-delà des problèmes structurels que sont le manque de foncier disponible, la relative faiblesse de l’Université en recherche, Dijon, comme l’affirme Michel Bernard, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI)   « souffre d’un manque d’image et de notoriété à l’extérieur. Il y a donc un gros travail de promotion à faire pour vendre Dijon ».
Même sur le plan culturel, la cité des Ducs, malgré un patrimoine reconnu, ne joue pas le rôle phare qui pourrait être le sien. Pour Till Meyer, Consul d’Allemagne et directeur de la Maison de Rhénanie-Palatinat, Dijon peut mieux faire : « Il manque à Dijon une manifestation d’envergure. Prenez l’exemple de Beaune qui réussit à organiser un festival de musique baroque renommé. Même une ville comme Chalon est plus dynamique ». Dans un monde concurrentiel, l’image a un impact crucial sur l’attractivité que peut exercer un territoire. Des villes comme Toulouse, Rennes, Marseille, Lille bénéficient d’une image dynamique justifiée qui attire les compétences dans tous les domaines. Dijon n’a non seulement pas cette image de dynamisme mais plus préjudiciable, elle ne renvoie à rien hormis la moutarde. Ce condiment aussi fort soit-il ne constitue pas un aimant suffisamment attractif.



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