Le stationnement payant, un mal nécessaire ?
01/10/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

Payer pour rouler, payer pour stationner : puisque rien n’est gratuit, et que l’automobiliste est considéré (à raison) comme une docile et inépuisable vache à lait, pourquoi, après tout, l’Etat et les municipalités se priveraient-ils de ces rentrées d’argent ? Mais si tout le monde est obligé de passer régulièrement à la caisse – autrement dit l’horodateur ou l’agent encaisseur – les motifs du stationnement payant ne seraient pas uniquement financiers. « C’est la méthode la plus efficace pour permettre à tous de stationner », explique Michel Deutch, directeur de la police municipale de Dijon depuis mars 2001, qui dirige 63 policiers municipaux et 10 agents de stationnement. « Si le stationnement était gratuit au centre-ville, la situation deviendrait vite intenable. Ces véhicules ventouses ne bougeraient quasiment pas et vous imaginez facilement les conséquences sur le commerce et sur la vie des riverains », confirme André Gervais, adjoint à la circulation et au stationnement à la Ville de Dijon. Faire d’une zone de stationnement gratuit un espace payant ne résulte pas d’une décision unilatérale de la municipalité. « Des commissions se réunissent pour étudier les différentes demandes, car il ne faut pas oublier que souvent, ce sont des commerçants ou des riverains qui formulent les vœux, pour des raisons en général justifiées », reprend Michel Deutch. Pas autant que ces lettres de dénonciation qui finissent sur son bureau et qui prouvent (mais qui en doutait vraiment ?) que l’esprit de Vichy n’est pas complètement mort en France. « Cela arrive que certaines personnes balancent plus pour des motifs personnels que pour l’intérêt général », confirme le directeur de la police municipale. « Mais ce n’est pas la règle ».
On ne peut pas plaire à tout le monde…
Pourtant, si l’on veut bien admettre que le stationnement payant est la seule méthode qui puisse établir une certaine démocratie dans le stationnement urbain, les Dijonnais s’étonnent de l’extension régulière du parc payant dans des zones qui n’appartiennent pas vraiment au centre-ville commerçant et piéton. « Moi, je suis d’accord pour payer mon stationnement, mais je trouve un peu exagéré de mettre des horodateurs rue Devosge par exemple », explique cet automobiliste. « Je ne vois pas beaucoup de commerces dans le coin. Qu’on ne vienne pas me dire que ce n’est pas une façon de faire du pognon… » Du côté municipal, si on ne nie pas que les PV rapportent, l’argument financier n’est pas prépondérant. « L’argent va à l’Etat, qui en reverse une partie à la Ville et une autre au Département. Cet argent récolté est ensuite consacré à l’entretien du réseau routier », précise André Gervais. Et la question qui pourrait fâcher sur les quotas de PV à dresser ou sur d’éventuelles primes au rendement versées selon le chiffre réalisé n’apporte qu’une réponse ferme et définitive. « Cela n’existe pas, ni pour les agents encaisseurs ni pour les policiers municipaux. D’ailleurs, à Dijon, la situation est bonne. Les Dijonnais sont dans l’ensemble assez disciplinés. L’expérience adoptée des agents encaisseurs (NDLR : en poste statique vers des horodateurs à une dizaine d’endroits du centre-ville) a amélioré les relations entre usagers et services des stationnement », affirme Claude Jacquin, responsable du stationnement payant à Dijon. Il n’empêche : si tout le monde est à peu près d’accord pour payer afin de favoriser la rotation, l’extension à des zones assez éloignées du centre-ville dérange, surprend ou agace, même si selon André Gervais, « les choses ne devraient plus évoluer dans l’immédiat ». C’est toujours ça de gagné…
Quelques chiffres
Les tarifs de stationnement payant varient de 0,50 € (30 minutes) à 5 € (3 heures). Il y a actuellement 2 914 places de stationnement payant en surface et 3 600 places en ouvrage (parkings souterrains) dont 500 pour la gare. En 2002, 41 963 PV pour stationnement payant ont été dressés, 18 170 pour le stationnement gênant et 2 663 pour le stationnement interdit.
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