L’heure du changement
01/10/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Andrea De Cesaris
On se saurait cru dans un mauvais téléfilm américain avec son lot de péripéties. En toile de fond, cette fameuse charte qui fait parler, signée fin septembre par le préfet Daniel Cadoux, le président l’U.M.I.H (Union des Métiers des Industries Hôtelières) Jean-Louis Humbert et Bruno Manfredi, délégué départemental du S.N.D.L.L (Syndicat National des Lieux de Loisirs).
« Dans ce nouveau dispositif », explique Jean-Louis Humbert, « l’heure de fermeture des bars reste à 2 h du matin, les B.A.M (Bar à ambiance musicale) passent de 3 à 2 h, mais il faut préciser qu’il pourront bénéficier parfois dans l’année de manière exceptionnelle de 5 h si, par des spectacles spécifiques ou des concerts par exemple, ils contribuent à l’animation et au prestige de la ville. Les établissements situés à proximité de la gare bénéficieront de 5 h et les discothèques de 6 h, tout cela bien sûr sous réserve qu’ils signent la charte. Nous allons vers une simplification des règles avec un seul arrêté au lieu de quatre ».
On en était là avant un déferlement de protestations des B.A.M. En effet, ces établissements voyaient leurs horaires de fermeture passer de 3 à 2 h et passaient pour les grands perdants de ce nouveau dispositif. Une colère en partie entendue, puisque certains de ces établissements se voyaient bénéficier de manière systématique et à jours fixe de 5 h (par exemple tous les mercredis et les samedis pour le Galway’s Pub et tous les jeudis et vendredis pour le Brighton), à condition d’y faire se produire des groupes ou des spectacles. « Pour une charte qui devait simplifier les choses, on croit rêver », s’agace un propriétaire de bars. « Bonne chance au client pour s’y retrouver ! Le meilleur système serait que tous les bars ferment à 3 heures, mais que, comme à Besançon, à 2 heures ils ne servent plus d’alcool, rallument les lumières et coupent la musique. Cela éviterait les mouvements de foules bruyants devant nos établissements. On pourrait étaler les départs des clients comme il est préconisé dans la charte ».
Il y a toujours un mais…
On peut noter qu’un quasi consensus semble se dégager chez les patrons de discothèques qui se voient, avec la signature de cette charte, bénéficier d’une fermeture à 6 h. « Mais attention, souligne Jean-Louis Humbert, à condition de ne pas servir d’alcool lors de la dernière heure, de mettre en place un service de boissons chaudes, d’inciter les clients à tester leur alcoolémie et valoriser les conducteurs sobres en leur faisant bénéficier de tarifs privilégiés ».
Pour Boucif, DJ et responsable de la discothèque Le Privé, « cela est positif et va dans le bon sens, mais cela va engendrer un coût supplémentaire en terme de masse salariale, alors que dans cette heure supplémentaire, il y aura peu de recettes».« Ce qui est bien, note Christophe Gautheron, directeur du Kargo, c’est qu’à 6 h du matin, nos clients vont pouvoir bénificier des lignes S.T.R.D, du moins le samedi ». Ce qui ne règle pas le problème du dimanche matin. Bruno Manfredi, propriétaire du Carré, souhaite « la mise en place de bus de nuit comme cela se fait dans de nombreux départements. C’est prioritaire, pour la fréquentation des établissements et pour la sécurité des clients ».
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