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2030 ou la mise en oeuvre de la destinée européenne de Dijon…

01/12/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Dolorès Charles

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Qu'en sera-il des futurs grands projets de l'agglomération dijonnaise à  l'horizon 2030 ? Politique, accessibilité, démographie, attractivité économique, aménagement du territoire ? La capitale des Ducs de Bourgogne deviendra-t-elle une ville 100% européenne ? Eléments de réponse.

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La gare Porte Neuve qui pourrait accueillir la future gare urbaine
Le tracé de la Lino débouchera à  Plombières et fera la jonction avec l'A38
La future piscine olympique, prévue aux portes de Mirande à  l'horizon 2006
Le Zénith qui verra le jour à  l'automne 2006 à  la Toison d'Or

Et non, il n’y aura pas de vaisseau spatial, ni de Capitaine Flam. Tant pis pour nos souvenirs les plus utopiques de notre enfance… Dijon version 2030 aura sans doute grandi, en terme de population, modifié ses dessertes routières et aéroportuaires, valorisé son côté écologique, mis en œuvre sa destinée européenne mais n’aura définitivement pas adopté de politiques … intersidérales ou futuro-galactiques !
Retour sur terre. A Dijon comme ailleurs, toutes les futures grandes orientations sont inscrites dans un contrat d’agglomération. Celui de 2002-2006 n’échappe pas à la règle et indique diverses politiques d’anticipation.

Besançon, ville complémentaire

Pour Pierre Pribetich, vice-président de la Comadi, (Communauté de l’Agglomération Dijonnaise), « à l’horizon 2030, la cité des Ducs devra constituer une métropole d’équilibre », se positionner aux côtés de grandes villes comme Lyon, Paris et Strasbourg, consolider sa complémentarité avec Besançon et trouver sa place au niveau européen. L’élu s’appuie notamment sur le TGV Rhin Rhône pour « accroître l’accessibilité de Dijon et structurer le territoire, dans la perspective de favoriser le développement économique et de créer des emplois ». Si la capitale régionale veut exister, elle doit redevenir un nœud ferroviaire, comme à l’époque d’Henry Darcy, qui avait réussi à imposer le chemin de fer. Dans les années à venir, et si la branche ouest de ce TGV traverse la ville, une gare urbaine pourrait se faire du côté de la Porte Neuve, sur la plage de la ligne dite de Nancy. « Avec la branche Mulhouse-Dijon, la branche Est du TGV Rhin Rhône, Dijon sera à vingt minutes de Besançon en 2010 », souligne Pierre Lerch, directeur de l’Agence d’Urbanisme. « Une bonne raison pour que Dijon et Besançon deviennent complémentaires », termine Pierre Pribetich. Pour rappel, la branche ouest (Dijon-Aisy) se trouve dans la phase d’avant projet sommaire. En clair, les études sur son tracé vont bientôt commencer et la mise en service de la branche sud est attendue en 2020 … si tout va bien.
Côté route, la Lino, le contournement nord-ouest de Dijon, tant espéré par les conducteurs, devrait être ENFIN réalisé d’ici une voire deux décennies, le projet étant en cours d’études d’avant projet sommaire ! Quant à l’aéroport de Dijon-Bourgogne, « son avenir se jouera à Dole-Tavaux », selon Claude Patriat, professeur de sciences politiques à Dijon. « Cette plate-forme interrégionale possède deux atouts : sa proximité avec la plate-forme logistique de Pagny et le peu de kilomètres séparant Dole de Dijon (40 kms) ». Une certitude loin d’être partagée par toute la classe politique, notamment à Droite. Bernard Depierre, Député UMP de la 1ère circonscription de Côte-d’Or n’hésite pas à parler d’une « hérésie » en ce qui concerne ce projet  .Toujours d’après Claude Patriat, « l’avenir de la ville et de l’équipe en place sont conditionnés par la bonne et future fluidification des modes de circulation. Si François Rebsamen et ses adjoints parviennent à optimiser les flux de communication, ils n’auront aucun mal à séjourner un mandat supplémentaire au Palais des Ducs ».

Un rayonnement faiblard

L’an prochain, dix nouveaux pays de l’Europe de l’Est entreront dans l’Union Européenne. Depuis la France, Dijon se doit de conforter sa position sur le Vieux continent. En effet, il reste du chemin à faire pour Dijon, classée 76ème, aux côtés de Gand (Belgique), Pampelune (Espagne), Bristol (Angleterre) et Rouen, dans le classement de 180 agglomérations européennes. Un palmarès, établi par la DATAR* qui donne une vision générale du niveau du rayonnement des cités en fonction de quinze indicateurs, comme la population, l’accessibilité, la présence de places financières ou de sièges sociaux dans la ville et le nombre de nuitées touristiques.
Une métropole à taille humaine

Petit bémol à ce classement émis par le politologue Claude Patriat : « Dijon ne joue pas sur le même créneau que Lyon, Paris (ou Madrid), mais davantage sur celui de Grenoble ou de Nancy, des agglomérations de moins de 500 000 habitants ». Pierre Pribetich préfère, lui, parler de « métropole à taille humaine alliant cadre de vie agréable et innovations technologiques, des avantages qui permettront d’accueillir des cadres supérieurs et de stopper, pourquoi pas, l’héliotropisme à  hauteur de la Bourgogne […]. Autre nécessité pour la ville, sa progression vers le sud, ajoute le vice-président de la Comadi. Dijon est en effet bâtie au dessus de ses canaux ». Question d’équilibre…
Imaginons alors que Dijon devienne cette « métropole à taille humaine ». Elle aura besoin de logements, d’équipements sportifs et culturels adaptés à la nouvelle population. Autrement dit, il est grand temps de mettre en œuvre les projets de requalification urbaine et de construction. Entre autres desseins : la caserne Heudelet qui devrait devenir un pôle d’activité tertiaire (fin des travaux courant 2005) ; la caserne Junot, environ 600 logements (début des travaux de construction en 2005) ; la restructuration du Bocage central ; la piscine olympique (aux portes de Mirande à l’horizon 2006) et une salle de spectacles digne d’une ville européenne, le Zénith (Toison d’Or, automne 2005). Une question se pose : l’aboutissement de ces projets n’arrivera-t-il pas trop tard pour que Dijon reste dans la course européenne ? Seul le temps nous le dira, car en matière de prospective, difficile d’y voir clair.
Pour Jean-Pierre Sylvestre, professeur de sociologie à l’Université de Bourgogne, « tout ce que l’on peut dire, c’est que Dijon devra compter sur ses atouts -tourisme, patrimoine, qualité de vie et image du vin – pour se développer. Son problème, en revanche, c’est d’être identifiée à la Bourgogne, une région qui n’est pas perçue comme dynamique ». Pour remédier à ce   « manque d’énergie », la ville peut s’appuyer sur son université, puits de matière grise, source de jeunesse. Selon une étude de l’Insee, publiée en février 2002, et si les tendances démographiques des années 90 se maintiennent, « en 2030, la Côte-d’Or compterait 531 000 habitants […] et continuerait à tirer profit de la venue des jeunes poursuivant leurs études à Dijon et s’installant pour partie dans le département au début de leur vie active ». (**) L’université, une force active pour l’avenir ? La réponse est …. sans aucun doute cette fois, oui.



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