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Gilles Cozanet, l’anti statique

01/12/2003 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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Gilles Cozanet, le Directeur Régional de France 3 Bourgogne Franche-Comté, a longtemps été journaliste sportif, de presse écrite d'abord, de télé ensuite, avant de se voir confier des responsabilités au sein du service public.

Gilles Cozanet a été nommé directeur régional de France 3 Bourgogne Franche-Comté en juin 2001.

Comme certains de ses confrères, il aurait pu continuer sa carrière à l’antenne, peinard, en attendant l’âge de la retraite, à courir le monde et les évènements sportifs. Et devenir avec le temps une icône du PAF, un familier du dimanche soir, à l’heure sacro-sainte de Stade 2 et de ses torrents d’images et de résultats. Mais Gilles Cozanet, breton de Morlaix à la carrure de menhir, a préféré multiplier les expériences, « se laisser porter par le vent, ce qui est normal pour quelqu’un qui est né en Bretagne », souligne-t-il, avec un brin d’humour. A 52 ans, le Big Boss de France 3 Bourgogne Franche-Comté qu’il est depuis juin 2001 constate que ses années d’études à Sciences Po de Bordeaux lui ont finalement été utiles, vingt-cinq ans après être sorti de l’IEP. « Un peu plus tard que la moyenne, puisque j’ai un peu pris mon temps. Disons que mes études ont été buissonnières… » Le temps qui s’éternise, justement, et lui fera rapidement comprendre qu’écrire pour le magazine Science et Vie, où il fréquente Antoine de Caunes, n’est pas pour lui une solution d’avenir. « Au bout d’un an, je suis parti. Je mettais trois semaines pour pondre un papier là ou d’autres le faisaient en une semaine. Je pense surtout que j’avais un style trop littéraire pour ce magazine scientifique ». Puis Gilles Cazanet participe à l’aventure – éphémère – de Sport Magazine, hebdomadaire crée par André Rousselet, propriétaire de la compagnie de taxis parisiens G7 et fondateur de Canal +. « Cela a duré six mois », se rappelle Gilles Cozanet, évoquant les voyages pour couvrir les évènements sportifs, les locaux du journal installés au sein du siège du G7, le monopole de l’Equipe et l’abandon définitif du titre pour cause de concurrence déséquilibrée. « Un nouvel hebdo face à une institution comme l’Equipe, vous imaginez le déséquilibre… »

Au milieu des dinosaures

Et puis viendra Antenne 2 et son mythique service des sports, peuplé de pointures du journalisme sportif et qu’il découvre la première fois où il pousse la porte de la rédaction. « Il y avait Robert Chapatte, Roger Couderc, Léon Zitrone, Thierry Roland. Ils m’ont accueilli comme l’un des leurs, avec beaucoup de simplicité. C’était en 1977, j’avais 26 ans et j’étais forcément impressionné. Surtout quand il a fallu assurer les premiers directs… » Son premier reportage à l’antenne, lors d’un Championnat d’Europe d’Athlétisme disputé en Finlande avec Thierry Roland, puis les premiers plateaux, le soir, quand la France du sport se scotche devant sa télé, avide de résultats et d’images lui laissent le souvenir de « moments intenses, où le trac vous prends, puisqu’on travaille sans filet ». Rapidement bombardé aux rubriques voile et athlétisme, Gilles Cozanet couvre les plus grands évènements sportifs de la planète comme les Jeux Olympiques d’hiver et d’été jusqu’en 1989, date à laquelle il devient secrétaire général du service des sports d’Antenne 2. « Peut-être en avais-je assez de voyager, d’être pris tous les week-ends. Je me suis vu confier de nouvelles responsabilités. Il fallait quitter l’antenne, où j’avais vécu des choses extraordinaires. Mais ce qui m’était proposé était vraiment excitant. Quelque part, mes études à Sciences Po allaient enfin me servir ». Pendant huit ans, il s’occupe de la programmation de grands évènements tels que les JO d’Albertville, de Barcelone ou d’Atlanta et des Coupes du Monde de football en Italie (1990) et aux Etats-Unis (1994), un sport qui, pourtant, ne le passionne guère et qui lui valut quelques sarcasmes quand il osa confondre un penalty et un corner, un soir à l’antenne. « J’apprenais un nouveau métier avec ce titre de secrétaire général, puisqu’il fallait s’occuper de la préparation dans son ensemble : trouver des studios, des hôtels, résoudre les problèmes de câblage, etc… Je travaillais avec 200 personnes. Il s’agissait de projets énormes, avec des budgets importants ». Entre-temps, Gilles Cozanet participe à la création de Sport 2/3 puis de Tout le Sport, assure la négociation des droits de retransmissions, « avec l’objectif de maintenir les acquis tels que le Tour de France, Roland-Garros ou le Tournoi des V Nations (aujourd’hui passé à six). Un monde à part, où les sommes en jeu sont énormes, vertigineuses ».
En 1998, celui qui n’aime rien de moins que de se retrouver « face à la feuille blanche, découvrir de nouvelles orientations,  ne pas refaire les mêmes choses », comme il l’affirme clairement, devient directeur régional de France 3 Sud à Toulouse, « au moment où la télévision régionale se développe, notamment grâce à la publicité et devient un enjeu majeur ». Là-bas, Gilles Cozanet apprend à gérer une entreprise avec des moyens financiers  plus modestes qu’à France 2, avec un personnel plus nombreux, ce qu’il continue à faire depuis sa nomination à Dijon en juin 2001 comme directeur régional de France 3 Bourgogne-Franche-Comté. « J’ai appris des choses nouvelles, liées à la gestion d’une entreprise. L’administratif, le social, le financier. Il faut avoir une vision à long terme. Ici, il y a beaucoup à faire. Je parle souvent de terre à défricher. L’audiovisuel ne demande qu’à se développer. Il faut mobiliser cet environnement, inciter ses acteurs à nous abreuver de projets ». France 3, qui a entrepris ces dernières années un ravalement de façade en profondeur pour modifier une image trop classique, est aujourd’hui devenue l’une des chaînes préférée des Français, assoiffés d’info de proximité. En attendant d’autres éventuels tournants, Gilles Cozanet, qui dit apprécier Dijon, ne sait pas vraiment de quoi son avenir sera fait. « On verra  bien  où  le vent  me mène… » .



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