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éDUCATION : Le colosse aux pieds d’argile 

01/01/2004 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Xavier Gauthier

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A l'heure du grand débat lancé par le gouvernement sur l'Education Nationale, nous avons voulu dresser un état des lieux de l'enseignement secondaire sur Dijon et son agglomération. La Gazette s'est donc largement ouverte au monde de l'éducation à  travers les multiples associations de parents d'élèves, le syndicat majoritaire des enseignants et bien sà»r le rectorat en charge de la gestion des collèges et lycées.

Education
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Loin des actes de violence répétée et des affaires de port du voile dont la presse nationale se fait régulièrement l’écho, Dijon affiche une certaine sérénité. Les difficultés dans l’enseignement secondaire sur l’agglomération dijonnaise sont plutôt représentatives des dysfonctionnements rencontrés par la majorité des collèges et des lycées sur l’ensemble du territoire.
Comme nombre d’établissements du secondaire en zone urbaine,  le bon fonctionnement des enseignements pâtit de la  pression des effectifs.
Malgré une baisse démographique, les classes de trente élèves dans les collèges et davantage dans les lycées dijonnais sont légions.
A la FCPE (Fédération des Conseils des Parents d’élèves des écoles publiques), on fait remarquer que le collège cristallise les difficultés car les classes sont hétérogènes, d’où des problèmes d’échec scolaire en augmentation. Et la PEEP (Parents d’Elèves de l’Enseignement Public) d’ajouter que les classes surchargées en troisième ne permettent pas de prendre le temps nécessaire pour envisager convenablement l’orientation de chaque élève. Une étape pourtant primordiale où se joue pour une large part l’avenir non seulement scolaire mais aussi et surtout professionnel de l’adolescent.
Mais c’est davantage dans les cours de langues que la pression des effectifs est la plus critique. La chute des effectifs en langue allemande constatée depuis 4-5 ans a pour corollaire un accroissement important des élèves en classes d’anglais et d’espagnol.

198 postes en moins en 2004

Ces tensions démographiques, si elles ne sont pas significatives pour le rectorat, risquent de l’être dès la prochaine rentrée scolaire. Dans l’Académie de Dijon, 198 postes d’enseignants du secondaire seront rayés de la carte scolaire septembre 2004. L’Académie de Dijon, à l’instar de celles de l’est et du nord du pays, est fortement amputée au nom d’un rééquilibrage en faveur des académies de l’ouest et du sud de l’hexagone, qui sont elles soumises à une forte croissance démographique.
Les associations de parents d’élèves, SGEN-CFDT et UNSA-Education en tête, relayées par le SNES, syndicat majoritaire des enseignants du secondaire, tirent la sonnette d’alarme.
Selon elles, cette forte diminution des postes d’enseignants risque de se traduire par la suppression de filières dans l’enseignement professionnel. Et dans les collèges et les lycées généraux, les options (langues, arts plastiques…) sont sur la sellette.
Des suppressions et des répartitions des moyens qui restent à déterminer au cas par cas sur l’ensemble de l’Académie. Elles font en ce moment l’objet de discussions au sein du Comité Technique Paritaire Académique entre le rectorat et les différents corps de l’éducation Nationale.
Ces suppressions de postes d’enseignants font suite aux difficultés rencontrées depuis cette rentrée au niveau des aides-éducateurs (surveillants, aides à l’utilisation des nouvelles technologies, animation des activités culturelles et sportives…). Des postes remplacés depuis la rentrée 2003 par les assistants d’éducation mais en moindre nombre devait être, du moins en théorie, compensés par un plus grand nombre d’heures par assistant. Sur le terrain, constate la consensuelle UNAPPE (Union Nationale des Associations des Parents d’Elèves), la réalité est tout autre : les besoins sont loin d’être couverts.

Une carte scolaire à revoir

S’il est un sujet qui fait l’unanimité contre lui, c’est la carte scolaire  qui désigne d’office l’établissement en fonction du lieu de résidence de l’élève. Jugée obsolète, car elle n’a pas suivi les évolutions des zones d’habitation, l’application de la carte scolaire génère des incohérences. Les enfants ne vont pas toujours dans le collège le plus proche de chez eux. Tel est le cas du récent collège André-Malraux au nord de la ville, où, selon le côté du boulevard où résident les parents, l’enfant se voit affecté soit à Malraux, soit à Pouilly, plus éloigné.
Plus pernicieuse est l’inégalité des familles devant la carte scolaire. Nombreux sont les parents qui contournent la sectorisation quand leurs enfants sont dans un collège sensible. Une situation criante au collège d’Epirey au cœur des Grésilles, en totale perte de vitesse. En France, une famille sur trois parvient à choisir le collège de son enfant indépendamment de la carte scolaire. Les subterfuges, voire les passe-droits pour les enseignants, sont nombreux pour échapper à la carte scolaire. A commencer par le choix d’une langue vivante rare non enseignée dans l’établissement de son secteur. Autre solution, inscrire son enfant dans le privé.

« Sur le long terme, le privé n’a pas lieu d’être… »

Contrairement à d’autres académies ou aux grandes agglomérations, Dijon ne connaît pas de mouvement notable du public vers le privé, mais plutôt un statu-quo des effectifs. Voire un va-et-vient motivé plus par une démarche consumériste qu’idéologique. « Nous n’avons pas d’augmentation significative dans les établissements catholiques », reconnaît M. Lemaire, directeur diocésain. Un état de fait à tempérer car « même si nous enregistrons plus de demandes pour le privé, nous ne pouvons pas créer de postes supplémentaires s’il n’y a pas de créations de postes dans le public ».
Du côté du syndicat des enseignants, les positions sont tranchées par rapport à la coexistence de deux types d’enseignements en France. « Sur le long terme », énonce Jean Danesi, secrétaire académique au SNES,       « nous ne voyons pas les raisons qui justifient du maintien de l’enseignement privé. Nous sommes pour un enseignement public de qualité qui prennent en compte tout le monde. Mais aujourd’hui, force est de constater que les moyens ne sont pas là pour mener une telle politique ».

Profs et parents : même combat 

Plus pragmatiques, les parents d’élèves supportent de moins en moins le non-remplacement des professeurs absents. Selon la FCPE, chaque élève perd en moyenne entre 5 et 7% de son enseignement par an.
Une tendance à la hausse ces dernières années à laquelle s’ajoute le phénomène d’usure des enseignants dont le contenu des cours évolue peu ou prou. La faute à la formation continue, selon le SNES, en totale liquidation. « Pour le ministère, un bon prof est un prof devant ses élèves ! » « On reproche aux enseignants d’êtres sclérosés et dans le même temps, on ne donne pas les moyens d’évoluer. S’il n’y a pas de professeurs en remplacement, il n’y a pas de possibilité de formation ». CQFD.
Mais les profs ne seraient être les seuls boucs-émissaires des vicissitudes que traverse l’enseignement. La PEEP rappelle que les premiers éducateurs de l’enfant demeurent les parents. Alors que ces derniers s’impliquent de moins en moins dans la vie scolaire de leurs enfants notamment au collège, il est intéressant de noter que plus les parents s’engagent dans l’école, mieux les élèves réussissent leur scolarité.



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