LE CENT-UNIèME CLOCHER
01/02/2004 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Simon Lebon

Le quartier de la Toison d’Or a vu se bâtir une nouvelle chapelle. Dès l’élaboration du quartier, il y a environ vingt ans, la municipalité de l’époque avait émis une volonté très claire qu’une église soit édifiée dans le nouveau lotissement. Un principe voudrait qu’il n’existerait pas de quartier sans clocher. Dans un premier temps, des réflexions sont menées sur la partie « les Coteaux-du-Suzon » mais du fait de sa proximité avec la chapelle St Jean Bosco et du peu de logements réalisés dans cette partie de la Toison d’Or, cette idée est abandonnée. Les nouveaux projets se reporte de l’autre côté l’avenue de Langres coté « le Clos-de-Pouilly » et ceux malgré la proximité avec la paroisse du Sacré-Coeur. En 1999, les discussions s’intensifient entre la mairie et le diocèse. Cette dernière débloque une enveloppe de 762 245 €, pour construire ce nouveau monument. La municipalité ayant acheté des terrains pour la voirie à la famille Petolat (propriétaire de nombreux terrains dans ce quartier), prévoie dans cet espace une grande parcelle pour un rond point et une place. Dès lors, la mairie propose au diocèse de lui céder une partie du terrain municipal pour la réalisation d’un édifice religieux. Le père Gérard Dampt, vicaire général et en charge des nouvelles constructions, organise un concours pour la sélection de l’architecte, concours remporté par Jean-François Picoche. La maquette est présentée à la mairie pour la validation et l’obtention des permis de construire. Le père Gérard Dampt glisse que « certaines personnes trouvaient la bâtisse trop petite à leur goût ». Face au manque d’argent pour un monument plus important, le diocèse recherche une autre solution pour s’implanter dans ce quartier. Des locaux sont recherchés mais sans grande réussite… L’église devant moderniser sa radio, Radio Parabole, réalise un nouveau projet en incluant les studios de celle-ci dans le bâtiment. Mais elle subit encore une fois « un refus catégorique sans autre explication de la municipalité », nous indique le père Dampt.
En 2001, une maquette est représentée avec un monument plus important. Ce projet fut accepté par la mairie. Par la suite celle-ci revendra au diocèse les terrains de place Granville à un prix très bas. « Pourquoi une « crèche » n’a-t-elle pas été construite à l’époque sur ce terrain municipal ? » se demande la mère d’une jeune enfant.
Le 4 mai de l’année dernière, l’édifice est inauguré avec une cérémonie sur le parvis en la présence du nouveau maire qui rappelle que « nous avons la chance de vivre dans une société apaisée qui favorise nos droits aux différences selon notre idéal républicain ». « Le Centre Albert Decourtray n’est pas qu’une église, il a surtout comme vocation d’être un lieu de rencontre, de dialogue et de débats publics » qui y sont organisés comme dernièrement, avec entre autres, des hommes politiques locaux sur le thème « où sont passés les catholiques » indique le père Daniel Nourissat, curé de la paroisse. Cette construction a la forme arrondie de trois étages avec un signal du 26 mètres de haut, a de nombreuses salles de réunion. Malgré le prix vente négligeable du terrain municipal, l’édifice religieux coûtera 129 580 € au diocèse plus précisément aux compagnons bâtisseurs de l’église. Chaque année, « nous récoltons entre 150 000 à 300 000 € par an de dons des paroissiens grâce au magazine Pierre d’Angle » explique le père Dampt. « Cette argent permet de rénover les églises construite après 1905 mais surtout d’édifier des nouveaux bâtiments au fur et mesure des évolutions des villes ».
N’est-il pas étonnant, cent ans après la loi d’Aristide Briand, que certains acteurs de la vie publique consacrent leur « énergie » dans l’aboutissement de l’édification d’un lieu de culte sur un terrain municipal au détriment d’une infrastructure publique et d’intérêt général, conformément au principe de laïcité énoncé par cette loi ?.
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