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01/03/2004 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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L'autoroute, ce n'est pas seulement un long ruban noir avec un péage à  chaque extrémité. Un jour de forte affluence comme le samedi 6 mars, les effectifs sont renforcés, la vigilance accrue. En cette période de fin de congés d'hiver, des pointes à  3500 véhicules/heure étaient prévue sur l'A31 entre Beaune et Nancy. Reportage au district de Tilchatel à  la lisière de la région Champagne-Lorraine.

Un poid lourd en difficulté : une intervention classique pour un patrouilleur.
Le Poste de commandement central de la SAPRRâ€ˆà  St Apollinaire.

PALOMAR. C’est ainsi qu’une journée de fort trafic est désignée. Un nom de code, subtile contraction de Paris-Lyon-Marseille, comme pour mieux insister sur l’affluence prévue en cette journée de retour de vacances, à peine moins chargée que le samedi précédent. Selon les prévisions, 3500 véhicules/heure sont annoncés entre 11 heures et 15 heures. « Au-delà de 3000, nous sommes en situation de quasi saturation », explique Philippe Chevalier, l’un des cadres d’astreinte. Alors, pour faire face aux éventuels problèmes, le district a joué l’anticipation, mobilisant deux cadres d’astreinte et un responsable du PC PALOMAR en plus du patrouilleur et des deux agents d’entretien des aires des repos, alors qu’un troisième est d’astreinte à son domicile, « afin qu’il puisse être sur notre site en une vingtaine de minutes « D’habitude, il n’y a qu’un seul cadre d’astreinte », explique Laurent Fiechter. « Mais si nous avons mis en place une équipe renforcée, c’est pour faire face à n’importe quelle urgence, et ainsi mettre en place les moyens nécessaires ».

La réactivité d’abord

Dans la salle du Poste de Commandement, entre les prévisions calculées selon les statistiques enregistrées les années précédentes, l’écran météo et celui où le trafic apparaît, rien ou presque n’échappe au responsable. Branché sur le 107.7, le PC est là pour recenser toutes les informations provenant des patrouilleurs, des bornes de comptage des véhicules, des appels d’urgence, de la gendarmerie ou encore du district de la région Champagne-Lorraine, avec qui celui de Til-Châtel est en contact permanent. « Dès que nous prenons connaissance d’un incident, nous organisons les moyens tels que, par exemple, le balisage en cas d’accrochage, ou si des éléments traînent sur la chaussée ». Pour un accident plus grave, des moyens conséquents sont mis en œuvre par la gendarmerie qui lance les secours et sécurise le secteur. « Nous ne sommes pas là pour intervenir comme sauveteurs. Un patrouilleur n’est pas censé intervenir pour secourir un ou des blessés. Après, face à l’urgence de la situation, il peut y avoir des exceptions… », précise Philippe Chevalier. Un incident, un accident, un ralentissement constaté, et l’information est affichée sur les panneaux lumineux qui garnissent le réseau en même temps qu’elle est diffusée sur Autoroute Info, « dans un délai d’environ une minute, afin que nos clients (c’est-à-dire les automobilistes) soient le plus rapidement tenus au courant. Ils payent pour rouler, il est normal de leur fournir une prestation avec l’investissement qu’ils acceptent de réaliser ». Et au cas où certains évènements (ou incidents) évoluent vers une situation plus critique, seule une décision préfectorale peut aboutir à la fermeture de l’autoroute, essentiellement en cas de conditions météorologiques extrêmes. « Avec ce qui s’était passé il y a un peu plus d’un an, les préfectures évitent de prendre le moindre risque ».
Sur le ruban, la circulation est dense. Comme prévu. Alain Dieu, patrouilleur depuis un peu plus de deux ans, observe attentivement le flux de circulation, commentant certains comportements qu’il sera difficile de combattre. « Les accidents baissent, et aujourd’hui, on peut dire que les autoroutes sont encore plus sûres qu’avant. Il n’empêche que certains conducteurs sont de vrais dangers publics », râle-t-il, au moment ou un poids-lourd prend ses aises avec les principes les plus élémentaires du dépassement. « Certains, sous prétexte qu’ils conduisent des véhicules de cette taille se croient au-dessus des autres. Ils doublent n’importe où, même en montée, et ils obligent ceux qui arrivent derrière à freiner sèchement, provoquant souvent des ralentissements. Mais si vous saviez quels types de comportements on peut observer… Les mecs qui téléphonent, à la limite, c’est devenu banal. Mais on en voit lire en conduisant. Un jour, il y en avait même un qui tenait le volant avec ses genoux, puisqu’il était occupé à jouer de la batterie sur son volant avec ses baguettes… » Les comportements à risque, bien qu’ils aient tendance à diminuer avec les mesures prises par le gouvernement en terme de sécurité routière, sont encore nombreux et donc pas toujours évidents à déceler.   « C’est encore plus dangereux quand ce sont des routiers qui justement adoptent une conduite dangereuse. Ce ne sont pas les seuls, mais les accidents prennent obligatoirement des proportions plus importantes quand un camion est impliqué », poursuit Alain Dieu.
Patrouilleur, c’est aussi un métier dangereux. Plusieurs d’entre eux sont victimes d’accidents parfois mortels, notamment lors d’interventions telles que le balisage d’un accident ou pendant des travaux. « Les choses vont vraiment très vite. Il n’est pas rare que l’on se fasse frôler à moins d’un mètre par des voitures lancées à plus de 130 km/h. Les conducteurs, s’ils ne nous craignent pas parce qu’ils ne voient pas en nous des adjoints à la gendarmerie, sont en général assez respectueux ».

L’autoroute n’échappe pas à la délinquance

Sur l’autoroute, tous les actes de délinquance urbaine s’exportent dans des moindres proportions. La diarrhée verbale qu’accompagne certains passages au péage – « nous y passons régulièrement, ne serait-ce que pour prendre des nouvelles du personnel féminin qui se fait régulièrement insulter », ajoute Alain Dieu – les actes de vandalisme restent fréquents, surtout sur les aires de repos. « Plus que du vandalisme, on s’aperçoit surtout que les gens ne respectent pas grand-chose. Au niveau propreté, c’est parfois limite. Mais ils considèrent que puisqu’ils payent, ils ont le droit de faire ce qu’ils veulent ». Et dans leur grande humanité, certains « clients » expliquent aux agents d’entretien qu’ils ont du travail justement parce que les aires de repos sont volontairement salies. CQFD… « Sans compter tout ce que l’on peut retrouver comme lectures à ne pas mettre entre toutes les mains », reprend le patrouilleur en désignant la moisson quotidienne de revues pornos récupérées un peu partout.
Ce samedi 6 mars sera finalement calme. Avec ses ralentissements, ses dépassements dangereux, ses râleurs de péage. « Mais les choses se passent bien, car les comportements des automobilistes restent assez satisfaisants », concluent Philippe Chevalier et Laurent Fiechter. Et avec la chasse aux chauffards, cela ne pourra que s’améliorer…



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