l’à¢me du Sud d’un volontaire
01/03/2004 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par D.R.

Parce qu’il existe un temps pour réfléchir et un autre pour agir, Ludovic Lauret donne naissance, dans l’année 2001, à un projet nommé « Retour aux Sources ». Est venu le moment pour lui de sortir de sa coquille, de s’expatrier ailleurs pour mieux se rendre compte, pour mieux connaître, pour mieux comprendre. Audacieux pour sa grandeur, altruiste pour sa finalité, ce projet consiste à partir en Amérique latine dans le but de participer au développement de structures associatives locales. Il s’articule autour de trois points : le volontariat, la photographie et la vidéo. « Je souhaite participer au quotidien de cette Amérique qui n’a rien à voir avec le rêve américain ».
Partir, soit, mais où exactement, comment et combien de temps ? Autant de questions qu’il faut aborder une à une pour mettre en place concrètement ce périple. Une fois les pays choisis, en l’occurrence le Brésil, l’Equateur, le Pérou et la Colombie, il trouve les associations et certains contacts qui lui donnent la possibilité de rentrer en relation directe avec la population. Ensuite, il cherche à réunir le budget nécessaire pour assumer son voyage et sa vie en tant que volontaire. C’est ainsi qu’en novembre 2001, Ludovic Lauret devient lauréat du concours Défi Jeune et peut alors financer une grande partie de son projet.
Le 17 juin 2002, Ludovic Lauret s’envole pour le Brésil pour ne revenir que le 15 octobre 2003, c’est à dire seize mois plus tard. Arrivé à Salvador de Bahia, au Brésil, il rencontre et collabore avec Ramiro Magalhaes, sculpteur, dont le dessein est de fonder une école de protection de la nature ainsi qu’un centre culturel. Durant quatre mois, ensemble, ils développent et mûrissent ce projet qui se concrétise réellement en 2003. En effet, le permis de construire est accordé à Ramiro. Ludovic participe aux taches quotidiennes telles que le jardinage, le bricolage… Il anime aussi des ateliers et des sorties avec les enfants du quartier. L’étape suivante est Puembo où il rejoint John Bravo, l’un de ses contacts en Equateur. Avec l’aide de divers acteurs locaux, ils cultivent des légumes afin de les remettre à des garderies de l’INNFA (Institut National de l’Enfance et de la Famille) à Quito. Il apprend là-bas à labourer la terre, participe à la récolte et à la livraison des légumes.
Trois mois plus tard, il est à Lima, au Pérou. Il rencontre Jean-Louis Lebel, ancien professeur canadien. Cet homme a fondé « CIMA », un centre accueillant des enfants des rues de Lima ou issus de gangs. Il permet à Ludovic d’intégrer ce centre pour y travailler en tant qu’animateur. Ainsi, il anime les lieux de divertissement, aide à l’encadrement des jeunes, accompagne les enfants à l’école et aux postes de santé et rend visite tous les quinze jours à certains anciens de CIMA aujourd’hui en prison.
Quatre mois encore et il se trouve à Bogota, en Colombie. Là-bas, il travaille pour le compte de « Corporation Cachivache », la plus grosse association qu’il ait découvert puisqu’elle a une capacité d’accueil de 200 personnes. Le dirigeant, Frédérico Lopez, lui donne la possibilité de photographier l’association, et lui confie certaines missions telles que la recherche de dons et de partenaires. C’est notamment grâce à ce travail que l’association peut placer et faire travailler 13 personnes dans un club démarché. Seize mois se sont écoulés. Ludovic semble ravi et se dit grandi de cette expérience. Ce besoin d’aller à l’extérieur, hors de ses repères, pour se retrouver l’a mené progressivement à une sorte de paix intérieure. « Depuis l’age de 20 ans, je tentais de me recentrer sur un art vivre, ce voyage m’a permis de finaliser un long cheminement intérieur ». Afin que ces actions ne soient pas uniquement des actes isolés, Ludovic souhaite donner une suite logique et conséquente à ce projet. « Un cycle s’achève, un autre commence, il me semble cohérent de continuer sur ma lancée, ainsi l’exposition âME DU SUD est organisée au Cellier de Clairvaux du 22 mars au 4 avril ».
Après une sélection difficile et grâce aux soutiens et à l’aide de divers partenaires, Ludovic souhaite exposer deux ans de travail au service du volontariat. Evidemment, il désire sensibiliser, rapporter son expérience, bousculer peut-être certaines personnes, afin qu’elles se joignent à son combat. Celui contre l’indifférence… celui pour la solidarité.
Revenir en haut de page


























