Sport

Rudi Garcia : «â€‚Restons les pieds sur terre »

01/03/2004 | La Gazette de Côte d'Or n° | Par Alexis Billebault

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Alors que le DFCO est qualifié pour les demi-finales de la coupe de France (victoire 1-0 à  Amiens), l'entraà®neur dijonnais Rudi Garcia semble aborder chaque étape d'une saison bien engagée avec calme et détermination, insistant sur ce championnat qui reste prioritaire. L'homme par qui la professionnalisation du DFCO prend un peu plus de sens chaque jour sais ce qu'il veut, et surtout ce qu'il ne veut pas…

Rudi Garcia voit plus loin que le National.

GDD : Rudi, à ce jour, le DFCO est bien classé en National et toujours qualifié en Coupe de France (NDLR : entretien réalisé avant le match). N’est-ce pas dans ces situations de douce euphorie qu’un entraîneur doit se montrer encore plus attentif pour éviter les dispersions ?
RG :
Le groupe sait se gérer. On a tendance à remarquer que les matches suivant et précédant un tour de Coupe de France, à plus forte raison contre une équipe professionnelle sont révélateurs. Entre chaque tour de Coupe, nous avons bien négocié nos matches de championnat. Cela dit, le danger peut venir de l’environnement plus ou moins proche de l’équipe, dans toutes ses composantes. Et même si les joueurs savent très bien que la priorité reste le championnat, il est humain d’être attiré par le Coupe de France

Après la victoire contre Angoulême, vous nous avez fait du Guy Roux, en considérant que le maintien était proche. Ce laïus minimaliste, c’était calculé ?
(Amusé). Disons que j’ai été volontairement minimaliste. Cela a pu surprendre, puisque cette victoire nous a permis d’atteindre le podium pour la première fois de la saison. Dans les faits, nous sommes plus près de la Ligue 2 que du CFA. Mais si j’ai adopté ce discours, c’est avant tout pour rappeler qu’à ce jour, il reste beaucoup de points à prendre. Dans ce championnat très indécis, tout peut aller très vite. Restons les pieds sur terre.

Le DFCO sur le podium et virtuellement en Ligue 2, vu les chamboulements de l’intersaison et un début de championnat forcément délicat, c’est une performance…
Nous sommes repartis sur de nouvelles bases, et cela a nécessité pas mal de réflexion et d’adaptations tactiques J’avais comme premier objectif de consolider la base arrière ce qui a été très bien fait. Par contre, deux attaquants – Diallo et Mangione – ont quitté le club, ce qui m’a obligé à repenser le secteur offensif. Mais ce début de championnat un peu délicat, je m’y attendais.

« L’équipe est plus expérimentée »

Il y a aussi la qualité de votre groupe, qui semble plus consistant, plus expérimenté, en un mot plus apte à atteindre l’objectif fixé, c’est-à-dire l’accession en Ligue 2. C’est du moins l’impression qui se dégage…
Il faut se souvenir que le groupe qui a terminé à la quatrième place la saison dernière n’était pas forcément préparé à l’accession. L’équipe était plus joueuse. Celle d’aujourd’hui est plus efficace, plus solide, plus expérimentée. Cette maturité, je pense que l’équipe l’exprime dans la gestion de certains matches. Je travaille avec un effectif agréable, mais qui a aussi du caractère.

Vous êtes l’entraîneur du DFCO depuis un an et demi, et sans vouloir donner l’impression de vous passer la brosse à reluire, il semble que le club se structure, se professionnalise petit à petit. Qu’il s’assagit, en un mot…
De toute manière, si on aspire à atteindre la Ligue 2, et donc le professionnalisme, il faut savoir ce que l’on veut. Je ne sais pas tout ce qui se passait ici avant mon arrivée…

Disons que le football à Dijon n’a jamais eu la palme de la stabilité…
(Amusé). C’est possible. Mais je suis arrivé avec les pleins pouvoirs sportifs. A partir de là, les choses sont claires pour tout le monde, et je ne tolère aucune intrusion dans ce qui relève de mon domaine et celui de mon staff. Sportivement, c’est moi le boss. L’objectif est d’aider le DFCO à accéder au professionnalisme. Maintenant, que des gens plus ou moins proches du club ne le souhaitent pas, c’est envisageable. C’est la même chose partout. Il y a ici des gens compétents et qui veulent voir le club progresser et grandir. Le président Bernard Gnecchi, par exemple.

Avec lui qui est un passionné, donc parfois excessif et qui joue beaucoup sur l’affectif et vous qui avez un abord plus mesuré, le résultat d’un tel mélange n’était pas gagné d’avance. Or, le couple à l’air de bien fonctionner, non ?
Pour moi, c’est l’homme de la situation. Il se lève tous les matins avec l’objectif de faire du DFCO un club pro. C’est également le mien. On se dit tout, il m’associe à tous les aspects de la vie du club. Ensemble, nous avançons. Dans un club, les relations humaines sont essentielles.

Et dans l’amélioration des structures du club, quels sont selon vous les besoins les plus urgents ?
De meilleures conditions d’entraînement. Actuellement, nous sommes obligés de jongler entre la Fontaine d’Ouche, le parc des Sports et les Poussots. Ici, les terrains n’ont pas été refaits depuis longtemps, et nous attendons pour la saison prochaine un synthétique nouvelle génération pour mieux travailler l’hiver. Les vestiaires sont à la limite de la salubrité. Je sais que la municipalité veut nous aider à atteindre nos objectifs. Elle fait déjà beaucoup. Mais il faut que le club se dote de vraies structures : des locaux, une présence médicale plus importante. Et les moyens financiers ont été revus à la hausse cette
saison.

Votre contrat se termine en juin…
Sauf si nous montons. Dans ce cas, il sera automatiquement prolongé. Moi, je suis ambitieux, et je ne vais pas passer toute ma vie à entraîner en National. Je suis là pour faire monter le club en L2. Dijon est une ville pleine d’atouts. Maintenant, si certaines choses n’évoluent pas, le club ne grandira pas…



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