Musique vs maladie
30/11/2006 | La Gazette de Côte d'Or n° 30 | Par Jérémie Demay

Le Téléthon est un marathon télévisé d’une trentaine d’heures sur les chaînes publiques pour récolter des fonds, destinés à aider la recherche contre les maladies neuromusculaires. Spectacles, animations, et surtout décrochages dans divers endroits de la France afin de montrer que notre pays pense aux oubliés de la médecine. Seul hic: pourquoi la population doit combler les lacunes de l’Etat dans ce domaine ?
Le Téléthon existe depuis 1987, et grâce à cet élan de solidarité, la recherche avance. La mobilisation pour combattre la maladie doit être totale puisqu’elle ne dure que deux jours. Dans ce sens, trois Dijonnais (Romain Lamia, Jean-Marc Lognon, directeur d’Acadomia Dijon, et Jean-Claude Lauterbach, fondeur de bronze qui a notamment réalisé les flèches qui balisent les parcours de la Chouette), concentrent leurs efforts. « On a monté une association, Agir Dijon, qui mène plusieurs actions dont, entre autres, un concert pour le Téléthon. Les recettes de ce concert seront remises intégralement à la recherche. En plus, on vend des sculptures de Jean-Claude Lauterbach qui représentent des petits soleils en bronze », explique Romain Lamia. Ce Dijonnais de 24 ans n’est pas inconnu de la scène puisqu’il a déjà produit de nombreux concerts dont la comédie musicale Pierrot et les Rêveurs, interprétée par les enfants de la maîtrise de Dijon l'année dernière, qui avait remporté un véritable succès populaire.
Le concert du 8 décembre ne présentera pas de vedette, mais peut-être des futures stars : « ce sont des nouveaux talents qui n’ont jamais trop eu l’occasion de chanter devant près de 500 personnes. J’ai sélectionné huit chanteurs et cinq musiciens. Tout le monde est entièrement bénévole sur ce concert. Mais attention, nouveau talent ne veut pas dire petit concert. Il y aura un semi-remorque, une grosse sono, un énorme parc lumière, trois cameramen sur place, un piano à queue qui sera sur scène. J’ai toujours eu l’habitude de produire des concerts dignes de ce nom. Les jeunes talent font de bonnes reprises, alors on leur donne les moyens de faire un très bon concert.» Même si c’est la première fois que Romain Lamia participe de manière aussi intensive au Téléthon, sa motivation est réelle : «mon frère, qui est boxeur, a fait beaucoup d’actions pour le Téléthon. Alors c’est vrai, j’étais déjà bien sensibilisé pour cette manifestation. Jean-Marc Lognon est un ami, et il m’a présenté à Jean-Claude Lauterbach. Ce dernier avait déjà vendu des flèches en bronze avec la Chouette au profit du Téléthon. Quand on s’est rencontrés, on s’est demandé ce que l’on pouvait faire ensemble. Jean-Claude étant fondeur, il continuait dedans. Moi étant musicien, et comme j’ai l’habitude de produire pas mal de choses, l’idéal était de faire à Dijon un concert par la nouvelle scène dijonnaise. »
Pour le producteur de 24 ans, l’important est ailleurs, et il ne compte pas ses heures pour la préparation du concert : « cela demande deux mois de travail, sept jours sur sept. Je m’occupe de l’organisation après mon boulot de la journée. Je me couche tous les soirs à 2 heures du matin. Je peux me le permettre car je suis en bonne santé. Et puis il suffit de se rendre à deux ou trois congrès pour se rendre compte que la recherche avance. On est à la limite du traitement. Je ne serais qu’une petite goutte d’eau parmi les millions d’euros que le Téléthon va récolter. Mais si toutes les gouttes d’eau comme nous s’assemblaient, ce ne serait que du bonheur. C’est d’imaginer cela qui me permet de tenir ce rythme.» Aux côtés de Romain Lamia, Jean-Claude Lauterbach, fondeur de métier, se mobilise aussi pour le Téléthon. Cependant, il regrette que toute la population ne prenne pas conscience qu’aider les autres résulte du bon sens : « les gens vivent dans leur petit cocon bien établi, et en bonne santé. Mais je trouve qu’on devrait se mobiliser un peu plus pour des causes dès l’instant qu’elles sont sérieuses et qu’elles en valent la peine. Il n’y a pas que l’argent dans la vie. Chacun, à son niveau, peut mener des actions. L’an passé, un SDF m’a donné 5 euros pour le Téléthon. Il n’avait pas grand-chose, mais cela m’a terriblement touché. Il faut qu’on arrête de vivre sur du superficiel.» Pour participer à cette grande manifestation Jean-Claude Lauterbach vend des soleils dans les bureaux de tabac. L’intégralité de la somme récoltée sera remise au Téléthon. Au-delà de toute la logistique mis en place pour cette fête bienfaitrice, ces trois Dijonnais, Romain Lamia (concert), Jean-Marc Lognon (logistique et coordination), et Jean-Claude Lauterbach (fabriquant de soleils) assurent par leur contribution une partie du succès du Téléthon. Avant, évidemment, que cette réussite ne se trouve dans la recherche.
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