Rebs’ publica
30/11/2006 | La Gazette de Côte d'Or n° 30 | Par Jérémie Demay

Ce poste à haute responsabilité n’est pas le fruit du hasard, puisque, à en croire Philippe Alexandre, dans son dernier livre Les éléphants malades de la peste, ce serait François Rebsamen qui aurait insisté auprès de François Hollande pour que Ségo se présente. Après le plébiscite des militants PS pour Ségolène Royal, le voilà récompensé d’un loyalisme à toute épreuve. Retour sur la carrière politique du sous-préfet hors cadre âgé de 55 ans.
A Dijon, impossible de le manquer : maire depuis 2001, président du Grand-Dijon, président de l’hôpital, président de l’association des maires de Côte-d’Or, conseiller général… bref, sa bouille de cadre dynamique est partout. Toujours présent pour la moindre cérémonie où les cameramen et les photographes sont invités à prendre sur la pellicule son sourire, et son amour des bains de foule. Malgré sa faculté à être présent sans être disponible, les Dijonnais l’apprécient. Il faut dire que Rebs a offert à sa ville un nouveau souffle et une ouverture que la cité de Ducs avait perdue sous l’ère Poujade.
Dijonnais de naissance, il aime sa ville, et la défend bec et ongles. Son enseignement politique a commencé avec Pierre Joxe, alors ministre de l’Intérieur (1984-86,
88-91). Mais estimant que la pensée européenne de Joxe n’est pas à la hauteur de ses espérances, il s’en éloigne pour se rapprocher de Laurent Fabius. Rebsamen sera d’ailleurs son directeur adjoint de cabinet entre 1992 et 1993. Cependant, François Rebsamen désire avoir une assise locale pour mettre en pratique tous les bons conseils de Joxe : l’ordre et la sécurité. Alors il espère se faire élire à Dijon, mais Poujade veille encore au grain. Il obtient un siège au conseil général. Sa réputation dans la classe politique dijonnaise est alors celle d’un homme courtois et intelligent. Il est dans l’opposition, alors il observe. Les conseillers de communication de cet apprenti Fouché lui demandent de raser sa moustache pour les municipales de 2001, ça fait plus homme dans le coup. Il le fait. Et après une campagne rondement menée, Bazin se fait battre. Alors Rebs part au combat contre les sans-papiers, et contre les méchants sauvageons du centre-ville. Dijon devient une ville pilote, à sa demande, pour lutter contre « l’insécurité urbaine ». A tel point que le soir les patrouilles de police sont plus nombreuses que les fêtards… Dijon l’endormie devient Dijon la répressive. Toutefois, Rebsamen a changé le visage de sa ville en construisant un planétarium, un Zénith, une nouvelle cuisine pour les cantines scolaires. D’autres projets sont prévus comme une nouvelle piscine et un nouveau stade. Loin de se regarder le nombril, François Rebsamen vise un Dijon inscrit dans une Europe qui bouge. Pour la France, il a aussi des idées qui s’appuieraient surtout sur les képis. D’ailleurs les observateurs politiques le voient s’installer place Beauvau, au ministère de l’Intérieur. A moins que Ségolène Royal ne l’estime voué à une autre destinée .
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