Actualité

Des images qui arrangent tout le monde

21/12/2006 | La Gazette de Côte d'Or n° 33 | Par Jérémie Demay

Réagir Télécharger le numéro

Les candidats à la présidentielle de 2007 ont trouvé le moyen d'apparaà®tre dans les médias sous leur meilleur profil. Avec la complicité tacite des journalistes.

Pour museler la presse, les politiques ont importé des Etats-Unis une méthode tout simplement efficace. Afin de satisfaire les télés imagivores au possible, les organisateurs des meetings relèguent au fond de la salle les cameramen. Et pour les images des discours, et des premiers plans c’est des organismes privés payés par les partis qui les fournissent. Le hic : les protagonistes sont toujours pris évidemment sous leur meilleur profil, mais surtout le cameraman ne se focalise que sur le discours, et non sur les à-côtés.
Alors bien sûr, le JRI (journaliste reporter d’images) au fond de la salle peut capter l’ambiance, mais comment enregistrer le discours, même avec un zoom puissant ? Visiblement la majorité des télévisions ne semblent pas être choquées par ce travail de sape insidieux sur la liberté de la presse. Pourquoi s’étonner alors que Ségo et Sarko n’hésitent pas, sur les plateaux, à donner des leçons de journalisme à leur intervieweur.
Pour l’UMP, la société Etudes techniques et communication assume ce travail. Au PS, Auvitec assure la besogne. François Rebsamen, directeur de campagne de Ségolène Royal interrogé sur cette question, n’a pas souhaité s’exprimer.
Toutefois, selon Alain Vernon, délégué CGT à la rédaction de France 2 interrogé sur ce sujet par Marianne, « le problème n’est pas tant que ces boîtes proposent ces images, mais c’est ce qu’elles ne proposent pas. Par exemple à l’UMP, si on ne voit que le devant de la salle qui se lève à l’arrivée de Sarkozy, c’est sûr qu’ils ne vont pas montrer la partie de la salle qui ne se lève pas ».
Les partis se protègent toujours avec le même argument, à l’image de Laurent Grandguillaume secrétaire de la section PS de Dijon : « c’est pour faciliter le travail des journalistes. Je n’ai pas le sentiment que les agences de com’ dirigent la campagne. On a de larges marges de manœuvre. » Avant de répondre avec un pragmatisme certain : « s’il y a un problème, il faut le résoudre. Les journalistes doivent travailler normalement. Ségolène n’a rien à cacher, et elle ne veut pas tout contrôler. » Bref, des images offertes par des agences de com’ et des journaux, trop contents de faire des économies, qui ne mentionnent même pas les origines des images. Finalement, à quoi ça sert de défendre la liberté de la presse quand tout le monde y trouve son compte .

 

 



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
De retour à Alésia
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 282 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page