Les pro-fête de l’Athénéum
11/01/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 35 | Par Jérémie Demay

C’est sur le campus de Dijon, entre la maison de l’étudiant et la bibliothèque universitaire, que se trouve l’Athénéum. Lieu de culture avec ses expositions et ses spectacles, l’Athé, comme l’appellent ses fans, renferme aussi un bar géré par l’association des Amis de l’Athénéum. Ce café n’est pas comme les autres, puisque non seulement les prix sont plus qu’attractifs, mais aussi parce que se dégagent de cet endroit les bonnes ondes de la fête, sans être pour autant en faire un lieu de beuverie. Pour s’en rendre compte, il faut pousser la porte. La lumière est très présente, et la déco, bien que dépouillée, s’intègre parfaitement dans l’ambiance du café. Les clients, étrangement, sont pour la plupart étudiants, mais très peu de « première année » viennent à l’Athé, peut-être par manque de curiosité. A moins qu’ils ne préfèrent le fumoir géant qu’est la cafèt’… Ouvert de 10 à 18 heures, le bar est un lieu de passage et de détente. Tout le personnel qui s’affaire derrière le zinc est entièrement bénévole. Si aujourd’hui l’ambiance est sereine, cela n’a pas toujours été le cas. En avril 2006, la nouvelle équipe des Amis de l’Athé est élue, et avec elle ce lieu a pris un nouveau souffle. Son président, le facétieux Antoine Gauthier, s’explique : « par rapport à avant, on fait des choses, c’est peut-être un changement. Cela a permis d’apaiser nos relations avec eux. On est aussi en contact avec Radio Dijon Campus, les associations étudiantes viennent nous voir, puisqu’ils constatent que ça bouge du côté des Amis de l’Athénéum. » Il faut dire que l’ancienne équipe n’usait pas la diplomatie dans toutes ses démarches, ce qui ne rendait pas les relations très sereines avec les autres partenaires de la vie étudiante. Avant l’assemblée générale, une rumeur circulait : la gestion de l’Athé devait être confiée au CROUS. Antoine Gauthier revient sur cet épisode : «j’ai l’impression que c’était juste un coup de pression de la part de la fac pour faire bouger les gens, comme ils savaient que ça moisissait et qu’ils avaient remarqué que ce bar était devenu plus un lieu de luxure que d’autre chose. C’est pour cela qu’ils ont mis le CROUS en épouvantail pour nous faire peur. » Toutefois, selon le président de l’association c’est aux Amis de l’Athé de montrer patte blanche pour ne plus revoir le spectre du CROUS planer au-dessus du café : « en général, dans une association, les gens motivés se regroupent et construisent ensemble. Là, la structure juridique existe depuis 2001 et comme il y a un bar, le seul qui vend de l’alcool au milieu du campus, on ne peut pas échapper aux gens qui sont attirés aussi par ça. C’est pour cela qu’il faut fixer des règles. On est obligés parfois de jouer les gardes d’enfants ; mais dans l’ensemble ça se passe plutôt bien. La réputation du bar est meilleure que l’an passé. »
Depuis cette année, pour consommer au bar, il faut être membre de l’association. Heureusement, les Amis de l’Athé connaissent leur public et ont donc fixé la cotisation à 20 centimes. Participation symbolique, mais surtout qui permet à l’association de récupérer l’adresse e-mail du nouvel inscrit. Ainsi, dès que se déroule une manifestation, ils peuvent le faire savoir à travers leur mailing list. Et les soirées ce n’est pas ce qui manque à l’Athé, comme le décrit Côme Galley, membre du conseil d’administration de l’association : « sur le festival Novosonic par exemple, l’équipe de l’Athénéum avait une grosse programmation, et grâce à nos bonnes relations avec eux, nous avons organisé les before avec un apéro rigolo et sympa pour accueillir les gens. » Le bar est en fait un aimant à étudiants pour les attirer dans le bâtiment de l’Athénéum et ainsi découvrir tout ce qui se passe autour avec les expositions, Radio campus, et la maison de l’étudiant : « venir au bar de l’Athé n’est pas une fin en soit. C’est un aiguillon culturel. Tu viens au café et tu découvres toute la vie qu’il y a autour», précise le président. Ce phare de la culture du campus organise donc des soirées, sans toutefois tomber dans le concept de faire de la culture pour faire de la culture. Les Amis de l’Athé aiment communiquer leur sens de la fête : « on va rendre hommage à James Brown à travers une soirée spéciale(1) ce qui tient à cœur à quelques personnes. On aura aussi une bonne soirée hip hop avec de la danse, du chant, et peut-être des graphs qui se déroulera le 25 janvier. Le 31, ce seront des étudiants des beaux-arts qui viendront présenter leurs œuvres. Sinon, tous les premiers jeudis du mois, nous organisons les soirées Wizz avec Régis de Saint-Amour et Mr B. Le principe de cette soirée est de se retrouver sur un dance floor pour avant tout se faire plaisir. Toutes les personnes qui viennent dans les soirées à l’Athé le font gracieusement. » On l’aura compris, l’Athé ce n’est pas que la fête, mais c’est aussi de la découverte, de la culture, et surtout une bonne ambiance qui peut permettre de décompresser sans se ruiner. Après les partiels par exemple.
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