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25/01/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 37 | Par Alexis Billebault

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L'adjoint communiste au maire de Dijon aurait préféré que la gauche antilibérale présente un candidat unique. Mais roule à fond pour Marie-Georges Buffet…

La Gazette : Regrettez-vous que la gauche antilibérale n’ait pas été capable de s’entendre pour désigner un candidat unique ?
Claude Pinon, président du groupe communiste au conseil régional de Bourgogne et adjoint au maire de Dijon : Bien sûr. D’autant plus que les collectifs qui se sont créés – 800 – après le non de mai 2005 avaient multiplié les réunions et les propositions concrètes. Et toutes ces personnes espéraient qu’une candidature unique se dégage pour combattre le libéralisme et porter le projet de cette gauche.

Mais avec autant de candidats potentiels, le risque d’explosion en vol était presque inévitable… N’avez-vous pas souffert de trop de diversité ?
Non, je ne pense pas. Au moment du vote pour désigner le candidat, Marie-Georges Buffet a recolté 63 % des suffrages. Puis il y a eu un nouveau vote, et là encore, elle a viré en tête. Mais il faut reconnaître que certains ont fait blocage, et qu’à partir d’un certain moment, il était nécessaire de faire avancer les choses. Pour le Parti communiste, puisqu’aucun accord n’était possible, il apparaissait évident et même urgent de faire voter les militants pour connaître son candidat et entrer en campagne.

Avant d’évoquer la candidature de Marie-Georges Buffet, craignez-vous que le projet d’une coalition antilibérale reste à l’état d’utopie ? Notamment pour des histoires d’égos…
Malgré cet échec, je reste optimiste. Nous travaillons encore ensemble pour éventuellement aboutir à des accords pour les prochaines élections législatives. Et je ne veux pas m’attarder sur les questions d’égos, même si cela a peut-être eu une influence sur nos désaccords…

Il ne fallait pourtant par être devin pour se douter qu’Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot crevaient d’envie de se présenter…
Lutte ouvrière ou la LCR posent des questions intéressantes, mais sans proposer de réelles solutions. Ils sont parfois très hermétiques au dialogue. Moi aussi je suis un révolutionnaire, mais je veux changer les choses en m’activant. Besancenot ne changera jamais le monde. Mais on va faire en sorte de continuer à travailler ensemble, pour trouver des accords lors des législatives.

Pour vous, Ségolène Royal n’est pas à même de défendre certaines de vos idées, et notamment votre combat contre le libéralisme…
Non. Je n’ai pas entendu dans son discours une quelconque volonté de s’opposer au libéralisme. Elle ne répond pas à l’attente sociale des Français. En fait, Ségolène Royal ne dit pas grand-chose et François Hollande parle beaucoup. Alors que le Parti communiste, lui, souhaite et propose une véritable alternative.

Il vaut mieux pour lui s’il veut faire mieux que les 3,2 % de Robert Hue en 2002…
Il est exact que ce score nous a fait mal, surtout quand on se souvient de ce qu’était le Parti communiste il n’y a encore pas si longtemps, et quelle place il occupait sur l’échiquier politique national… Alors oui, ce score ne doit plus être qu’un mauvais souvenir. Et je suis convaincu que Marie-Georges Buffet pourra largement faire mieux. Moi, en tout cas, je me suis engagé sans réserve pour soutenir sa candidature en Bourgogne.

Le pouvoir d’achat, les salaires, l’emploi et le logement seront-ils au centre de sa campagne ?
Bien sûr. Nous souhaitons que le SMIC passe à 1500 euros par mois. Et que l’on ne vienne pas me dire que cela est irréalisable… Quand on sait que les actifs financiers des entreprises françaises atteignent 5000 milliards d’euros – soit trois fois le PIB – et qu’ils ne sont pas taxés alors que le revenu salarial l’est au niveau que nous connaissons… Je ne suis pas pour la spoliation des patrons et des actionnaires. Mais il me paraît indispensable de taxer davantage l’actionnariat. Si on ne touche pas à l’argent, je crains une augmentation des inégalités. Il faut diminuer le coût du travail, encourager les PME qui souhaitent développer la formation professionnelle. Il faut également baisser la TVA sur les produits de première nécessité et réinstaurer la TIPP flottante. Nous sommes également favorables à la suppression du bouclier fiscal. Et je ne suis pas d’accord avec François Hollande quand il veut encore plus taper les classes moyennes.
Sincèrement, une gauche unie, est-ce vraiment possible ? Car certains socialistes n’ont rien à voir avec le communisme et encore moins avec l’extrême-gauche, et inversement…
Je pense que cela est possible. Certains électeurs socialistes cherchent autre chose parce qu’ils sont vraiment ancrés à gauche. Il faut chercher à construire une vraie campagne de gauche populaire.



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