Economie

La Bourgogne en un clic

25/01/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 37 | Par Jérémie Demay

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Surfant sur le développement des nouvelles technologies, via-bourgogne.com propose une autre manière de faire du tourisme dans la région. Une première en Europe.

Via Bourgogne

La Gazette : Via-bourgogne est un site internet, mais c’est un peu plus que cela…
Jérôme Richard, président de via-bourgogne.com : Via-bourgogne est une agence de voyage électronique. Nous commercialisons exclusivement nos produits sur internet. Nous y avons associé un centre d’appel qui a pour vocation de répondre au téléphone à nos clients, qu’ils soient français ou étrangers, pour leur faciliter l’acte d’achat.

Comment est née cette idée de créer un site internet pour vendre du tourisme bourguignon ?
Cette idée a germé longuement dans l’esprit de quatre associés qui travaillent déjà dans des entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies d’information et de communication (NTIC). Nous travaillons depuis dix ans comme prestataires de services pour de très grands groupes touristiques et hôteliers comme Pierre et Vacances, ou le groupe Jacquier. Nous avions noté depuis quatre ans qu’il y avait un vide complet sur le marché pour l’internaute qui voulait réserver un package dynamique. Mais rien n’existait en France, ni en Europe. Nous avons déjà fait une étude d’opportunité en 2004. En 2005, c’est l’étude de faisabilité à laquelle nous avons associé le comité touristique de Bourgogne (CRT). Comme le tout a été positif, en 2006, via-bourgogne est né.

Ce genre de prestation internet est unique en Europe ?
Il y a deux aspects qui sont uniques. Le premier, c’est le marketing territorial, puisque nous proposons aux internautes du monde entier l’offre touristique de la Bourgogne et uniquement cela, ce qui représente tout de même quatre mille producteurs. Le deuxième concept original c’est que sur un même site, le client internaute va pouvoir réserver la totalité de son séjour et le fabriquer lui-même. C’est cela le package dynamique. Au-delà, il pourra régler avec une seule opération bancaire toutes ses réservations.
C’est ensuite nous, via-bourgogne, qui nous chargeons de rémunérer chacun des prestataires retenu par l’internaute.

Comment les différents prestataires de séjours que vous avez démarchés ont-ils accueilli le produit ?
Nous avons débuté en 2006 essentiellement par deux actions. En octobre-novembre nous avons effectué le premier tour via-bourgogne, où nous avons organisé seize sessions dans huit villes. Nous avons également pris un stand à Entreprissimo (ndlr : salon organisé par la CCI de Dijon). En 2007, nous allons continuer dans ce sens à travers le deuxième tour via-bourgogne. Cette fois nous rencontrerons les vignerons, et nous allons voir aussi les offices de tourisme. Ce sont ces derniers qui nous ont invités en nous affirmant que notre affaire les intéressait beaucoup.

Ces prestataires avaient-ils déjà pensé à ce concept de via-bourgogne ?
Très exactement et en toute humilité, ils nous ont dit qu’ils rêvaient de ce projet depuis dix ans, et enfin il existe.

Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ?
Tout simplement parce qu’aujourd’hui aucune structure n’avait les ressources financières, humaines, et technologiques pour le faire. Nous avons pu le faire puisque derrière via-bourgogne il y a quatre entreprises, trente personnes qui travaillent sur ce projet depuis plus d’un an. C’est un budget de plus d’un million deux cent mille euros. C’est pour cela que le conseil régional nous soutient. François Patriat a vu l’opportunité de doter son territoire d’un outil de commercialisation unique.

Quelle part leur prélevez-vous en échange de vos services ?
Nos commissions s’élèvent entre 7,5 et 15%. En sachant qu’ils n’ont aucun frais d’adhésion et de fonctionnement. Ils bénéficient d’un marketing qu’ils n’auraient jamais pu s’offrir. Et tout ça pour simplement une part variable sur leur chiffre d’affaires. Ils me paient uniquement quand je leur vends un produit.

Est-ce que la Bourgogne et la Côte-d’Or sont des produits faciles à vendre aux niveaux français et international ?
De notre point de vue, nous disposons d’un atout que de nombreuses régions françaises n’ont pas, c’est la notoriété de la marque Bourgogne. Elle est connue et reconnue dans le monde. Il y a un axe. Nous voyons une dorsale apparaître dans notre Bourgogne, qui va de Sens à Mâcon. Le cœur étant entre Dijon et Beaune.

Vous unifiez en fait la Bourgogne des disparités…
C’est la question de fond que l’on s’est posée pendant des mois. On envisage la Bourgogne dans sa globalité.

Le site est en perpétuelle évolution. Une nouvelle rubrique va être créée prochainement, c’est la boutique. Que va-t-on y trouver ?
Au départ, nous ne l’avions pas prévue.  Mais nous avons des clients étrangers à la Bourgogne qui souhaitaient pouvoir commander des produits régionaux une fois qu’ils sont rentrés chez eux à Paris, Londres, ou autre. C’est pourquoi nous avons mis en ligne cette boutique qui propose uniquement des produits bourguignons.

Ce concept est donc unique en France et en Europe. Allez-vous le limiter longtemps à la Bourgogne ?
Nous devons bien faire ce que l’on a prévu de faire. Ce qui est clair, c’est que nous avons déjà des contacts avec d’autres régions de France qui ressemblent à la Bourgogne. Ils souhaitent que l’on développe pour leur compte d’autres “via” territoriales. Cela pourrait être le cas pour via-caraïbes. La Guadeloupe, la Martinique et la Réunion sont intéressées par le site et le concept. On réfléchit aussi à développer un tourisme fluvial français. On a une approche territoriale, mais aussi thématique.

Des sites comme via Bourgogne sont-ils l’avenir du tourisme ?
Les consommateurs ont l’habitude d’utiliser internet. Il faut savoir que 60% des internautes ont préparé leur voyage grâce à la toile. Mais des projets comme via-bourgogne sont un des avenirs du tourisme.



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