Quand les Verts s’entrechoquent
25/01/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 37 | Par Alexis Billebault

Jusqu’à 11 heures lundi matin, Nicolas Hulot a laissé planer le doute. Jean-Patrick Masson, l’adjoint Vert, était presque persuadé que l’animateur télé ne se présenterait pas. « S’il s’était présenté, il courait le risque de prendre des coups auxquels il n’est pas forcément habitué. Il a réussi à faire signer à presque tous les candidats (à l’exception de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche) son pacte écologique et c’est déjà beaucoup. Mais cela n’aurait sans doute pas été suffisant pour faire campagne. Que dit-il sur le logement ou le nucléaire, par exemple ? Cela dit, j’espère qu’il participera d’une façon ou d’une autre à la campagne des Verts. »
N’empêche. Jusqu’au bout, certains élus écolos ont milité pour que Hulot prenne la place de Dominique Voynet, la candidate officielle du parti. Motif invoqué : l’ex-ministre de Jospin plafonne à l’heure qu’il est à 2 % d’intentions de vote dans les sondages. Et Hulot, sans doute en partie grâce à son aura médiatique – en recueillait – avec toutes les précautions d’usage – environ 11%. « 11 %, c’est énorme… Mais maintenant qu’il a décidé de ne pas y aller, je crois que la campagne de Dominique Voynet va vraiment pouvoir commencer. Depuis des semaines, on ne lui parlait que de Nicolas Hulot. A la fin, cela devenait pesant. Quant aux critiques de certains élus, elles sont franchement malvenues. Surtout sur la forme. Je suis entièrement favorable au débat interne, mais nous avons une candidate officielle, et tout le monde ferait mieux d’être derrière elle et de la soutenir. Elle est légitime et elle a eu raison de dire qu’elle irait jusqu’au bout, Hulot ou non. »
Mais les Verts ne sont peut-être pas au bout de leurs peines. Dans les prochains jours, le moustachu à serpette – lisez José Bové – pourrait bien se déclarer candidat. « Il n’ira pas, j’en suis convaincu », lance le désormais pronostiqueur de référence du palais des Ducs. « Il a loupé le coche quand la gauche antilibérale se cherchait un candidat. Pour lui, je pense que c’est trop tard…» Jean-Patrick Masson pourrait avoir une nouvelle fois tout bon, d’autant plus que Bové risque de se retrouver en taule dans les prochaines semaines pour avoir saccagé un champ de maïs transgénique. « Mais il y a une chose essentielle à retenir : désormais, les idées des écologistes sont écoutées et même retenues… » Jacques Chirac, sous l’inspiration de Nicolas Hulot, avait prononcé à Johannesburg en 2002 un discours sur le développement durable à fendre l’âme d’un ponte de chez Total. Un discours farci de promesses bien sûr jamais tenues. « Mais cela prouve au moins que l’écologie concerne presque tout le monde ».
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