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Fidèle au poste

15/02/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 40 | Par Jérémie Demay

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Joà«l Rakotomalala, responsable de l'antenne de Radio Dijon Campus, a reçu, fin janvier, le prix de la diversité à la Maison de la radio à Paris.

Joà«l Rakotomalala

La Gazette : Qu’est-ce que ce prix de la diversité ?
Joël Rakotomalala, responsable de l’antenne de Radio Dijon Campus : Ce prix est mis en place par l’institut Panos, une ONG qui travaille beaucoup sur la pluralité de la presse et de l’information. Cette année dans le cadre de l’année européenne, ils ont lancé ce projet avec beaucoup de partenaires, comme Radio France, le Monde, la Vie. Ils ont fait un appel à candidatures. Quand j’ai vu cela, dans un premier temps, j’ai communiqué cette info aux bénévoles de Radio Dijon Campus. Quelques-uns l’ont fait. Et puis j’ai envoyé moi aussi une émission, sans grande conviction. Mais comme je leur ai dit pendant la remise des prix: C’est ce que je fais depuis que j’ai commencé la radio. C'est-à-dire travailler autour de la diversité.

Quel thème est abordé dans l’émission que vous leur avez envoyée ?
C’est un portrait comme j’en ai fait des centaines,  sur des gens issus de l’immigration. Mais aussi des personnes qui travaillent dans l’humanitaire, ou la culture. Il ne faut pas oublier que le thème était la diversité. Pour ce concours, j’ai envoyé le portrait d’un humoriste d’origine nigérienne qui s’appelle Mamane et qui était passé à Dijon pour un spectacle. Le format du portrait était de vingt minutes comme tous les portraits que je fais. C’est un format standard Epra (échanges et productions radiophoniques), et RFI.

Même si ce prix vous a été décerné pour ce reportage, il vient aussi saluer votre travail accompli depuis plusieurs années.
C’est un prix média. Je ne sais pas du tout comment le jury a travaillé. Je sais qu’il est composé de professionnels, mais pas forcément de la radio. J’ai regardé la liste: il y a des professeurs, des maîtres de conférence, des journalistes. Ce sont des gens qui écoutent la radio sans avoir forcément une oreille de professionnel. Pour  moi ce prix, ce sont des centaines de portraits que j’ai faits sur la diversité, pour des gens qui n’ont pas forcément accès facilement aux médias.

On vous entendait dire récemment que ce prix récompensait surtout les 150 bénévoles de la radio…
Bien sûr, avant que cela soit mon prix, c’est celui de la radio. D’ailleurs dans l’article que le Monde a rédigé sur ce prix, ce n’est pas l’auteur qui est cité, mais le nom de la radio. Parce que si des gens comme moi peuvent faire de la radio dans la pluralité et la proximité, c’est grâce à des médias comme Radio campus. Pour des petites radios comme nous qui sommes en pleine bataille pour garder nos fréquences,  il est important qu’il existe ce genre de prix. Cela nous permet d’avoir une petite vitrine.

Quand on travaille pour une radio associative ce n’est pas tous les jours faciles, et on a parfois l’impression de travailler sans qu’il y ait de reconnaissance. N’est-ce pas aussi le but de ce genre de prix ?
Le plus dur, c’est d’être invisible. On travaille au quotidien, et puis finalement on n’a pas de récompense, ni de reconnaissance. Il y a une mauvaise image autour des radios associatives. Alors que Radio campus est une radio comme toutes les autres. D’ailleurs, il y a une phrase du directeur de France inter qui disait : « il n’y a pas de petit journaliste, et il n’y a pas non plus de grand journaliste. Il n’y a pas de grand média et de petit média. ». C’est pourquoi, je pense qu’aujourd’hui le travail des radios associatives doit être reconnu.

Ce prix est-il accompagné d’une récompense financière ?
Oui, comme à la Star Academy j’ai touché un million d’euros… Non plus sérieusement, on n’a pas touché d’argent. Mais j’ai reçu un joli trophée…
Ce trophée, vous allez le mettre dans les toilettes, comme certaines célébrités de cinéma ?
Je vais le disposer sur mon bureau pour que tous les gens qui viennent à la radio le voient, puisque ce titre revient avant tout à la radio.

Revenons sur votre parcours, qu’est-ce qui vous a amené à la radio ?
J’ai commencé la radio par hasard. Quand je suis arrivé à Dijon en 1991 pour faire mes études, j’ai vu une petite affiche qui disait que Radio campus cherchait des bénévoles pour faire des animations. Je me suis présenté un mardi, et j’ai fait ma première émission le samedi. Cette émission abordait Madagascar. A la fin de mes études en 1997, je me suis réellement intéressé à la production. Le hasard de la vie a fait qu’avec mon DEA d’analyses économiques et politiques je n’ai pas trouvé de travail puisque personne ne voulait de statisticien à l’époque. J’ai alors commencé à faire des chroniques à Radio France Bourgogne sur les musiques du monde. La fibre était alors bien présente. J’ai commencé à produire beaucoup de magazines pour l’Epra et Radio campus. En 2001, j’ai été nommé directeur de Radio campus.

Ce qui vous plaît dans la radio, c’est l’ambiance du studio avec le micro et tout ce qui va avec ?
Non, j’ai horreur des micros. D’ailleurs je ne suis pas un bon animateur. Ce que j’aime surtout, c’est rencontrer les gens. Apprendre, découvrir. On vit dans une société où finalement on a internet, la télé, et on se dit qu’en restant chez soi on peut tout avoir, tout connaître. Mais moi j’aime écouter les gens me raconter leur histoire et leur parcours. C’est là que l’on se rend compte qu’il y a plusieurs parcours mais qu’il existe de nombreuses ressemblances entre les itinéraires des personnes. Je laisse les gens se raconter eux-mêmes. Sinon, j’aime bien travailler le son. Monter des reportages. C’est un aspect très magique.



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