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« Bayrou sera au second tour »

22/02/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 41 | Par Alexis Billebault

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François Sauvadet, le député-maire UDF de Vitteaux et porte-parole du parti centriste, qui devrait annoncer bientôt sa candidature aux législatives, croit fermement aux chances de François Bayou.

Sauvadet Bayrou

La Gazette : Les voyants sont au vert : François Bayrou apparaît dans les sondages comme le troisième homme…
François Sauvadet :
Même s’il faut avoir du recul par rapport aux sondages, la tendance est intéressante. La candidature de François Bayrou est perçue comme crédible. Les Français comprennent qu’il peut incarner l’avenir du pays. Personnellement, cela ne me surprend pas car j’y ai toujours cru. Il sera au second tour. Et s’il atteint le second tour, il sera président de la République.

Carrément ?
Il faut regarder les choses en face : l’opinion publique veut autre chose. Voter pour Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal, qu’est-ce que cela signifie vraiment ? Poursuivre la même politique que celle qui est menée depuis des décennies. Ces deux camps passent leur temps à dresser les Français les uns contre les autres. Ils sont enfermés dans ce clivage droite-gauche qui ne débouche sur rien, sinon à entretenir la peur de l’autre. Pour moi, le seul vote utile, c’est François Bayrou.

Il est à l’heure actuelle le troisième homme, mais il est en concurrence avec Jean-Marie Le Pen…
Voter Le Pen, c’est assurer l’élection de Ségolène Royal ou de Nicolas Sarkozy. Ceux qui votent pour le leader de l’extrême-droite s’interdisent de choisir le futur président de la République.

Dans l’opinion publique, il y a toujours eu un sentiment de défiance par rapport au centre. Pensez-vous vraiment que les choses aient évolué ?
Sincèrement, oui. En France, on a longtemps soutenu que le centre était mou. Or, aujourd’hui, il est capable de rassembler et de gouverner. Bayrou a le courage politique et les qualités pour gouverner. Même s’il existe toujours, le clivage droite-gauche s’atténue. Les Français sont moins formatés qu’avant. Et puis, il faut être honnête : les gens s’interrogent sur les capacités de Ségolène Royal à exercer la fonction présidentielle. Ses sorties en matière de politique internationale laissent dubitatif. Son image en a pris un coup, y compris dans son propre camp. Quant à Nicolas Sarkozy, il appartient à un gouvernement qui a prouvé ses limites depuis cinq ans. Il a une image trop libérale. Et surtout, il aurait dû quitter très vite le gouvernement pour le bon fonctionnement des institutions. De plus, la campagne actuelle ne vole pas très haut…

Les institutions, Français Bayrou en a fait l’une de ses grandes causes. Il souhaite clairement leur réforme. Notam-ment en donnant au Parlement des pouvoirs accrus…
Il faut un président qui assume ses responsabilités devant le Parlement et devant les Français. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Le chef de l’Etat doit être l’inspirateur de la politique du gouvernement, et le contre-pouvoir doit être exercé par le contrôle continu du Parlement. Il faut envisager la suppression de l’article 49-3 et celle des ordonnances. Et également élargir les pouvoirs des commissions d’enquête. Le Parlement doit également moins et mieux légiférer et être maître de son ordre du jour.

La principale préoccupation des Fran-çais concerne leur pouvoir d’achat…
Les charges qui pèsent sur le travail sont trop élevées. Nous sommes favorables à la création d’une TVA sociale payée par tous et d’une taxe sur les produits importés. Il faut effectuer des prélèvements sur la valeur ajoutée, par sur le travail. Cela passe par le relèvement du taux de TVA.

Mais c’est l’impôt le plus injuste…
Injuste mais équitable. Et puis, l’Allemagne l’a fait. Il faut consacrer une partie de la TVA à la protection sociale.

En ce qui vous concerne, il se murmure que vous pourriez annoncer votre candidature aux législatives dès la fin de la session parlementaire, c’est-à-dire ce 22 février…
C’est une possibilité. Mais vous saurez tout cela en temps voulu….

Suivez-vous toujours d’aussi près l’actualité dijonnaise ?
Bien sûr. Et je regrette que François Rebsamen fasse de Dijon et de son agglomération un bastion où le dialogue est presque impossible. Dijon doit occuper la place qu’elle mérite en Bourgogne mais aussi en France. Et puisque vous alliez sans doute me poser la question, je vous le confirme : il faudra compter avec l’UDF lors de l’élection municipale l’année prochaine à Dijon.



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