Focus

ça sent Leeb

22/02/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 41 | Par Jérémie Demay

Réagir Télécharger le numéro

Michel Leeb vient présenter son nouveau spectacle, « Tout ce que j'aime », à Dijon ce samedi au Zénith.

Michel Leeb
Michel Leeb

La Gazette : Vous venez à Dijon le 24 février prochain. Vous étiez déjà venu, quels souvenirs en gardez-vous ?
Michel Leeb :
Je garde à chaque fois un très bon souvenir puisque c’est une région que j’aime beaucoup. Pour moi c’est une ville étape pendant ma tournée. A Dijon, le public est chaleureux, enthousiaste. Ce que j’ai fait à Dijon, que ce soient les pièces de théâtre ou les one man shows ont toujours été très bien accueillis par les Dijonnais.

L’une de vos particularités est de cumuler différentes formes d’art sur scène entre l’humoriste, le chanteur, l’acteur. Pourquoi être aussi curieux dans l’expression artistique ?
C’est dans ma nature d’aimer toutes ces formes d’expression-là. Je suis foutu comme cela. C’est plus fort que moi, je m’intéresse à tout. Surtout, j’aime faire tout cela. D’ailleurs c’est le nom de mon spectacle. J’y fais tout ce que j’aime, et tout ce que j’aime partager avec le public : la musique, le rire, les sketchs, les imitations… pour moi c’est un spectacle total. C’est quelque chose de complet que je souhaite faire. Je déteste me limiter, et m’enfermer dans quelque chose. Je ne peux pas me restreindre à faire que des sketchs ou des imitations pendant deux heures. Je préfère varier mes plaisirs. Et donc le plaisir du public. En fait cela marche bien, puisqu’il se crée une osmose.

La philosophie aide justement à cette ouverture d’esprit…
Probablement. Mais avant de faire de la philosophie, j’étais déjà comme ça, ouvert à différentes formes d’expression artistique. Même en dehors de la scène. Par exemple, j’aime écrire, dessiner… j’aime faire tout ce qui touche à l’art, aussi bien dans la littérature que dans le cinéma. C’est d’ailleurs quelque chose dont je rêve. Pour moi, la seule chose intéressante sur cette planète, c’est la création. Alors évidemment je ne suis pas Picasso, ou Visconti, ni des artistes absolument prodigieux comme cela, mais j’aime l’art en général. Sur scène, la variété des arts que je peux exprimer sont la musique, la danse, le chant, l’imitation, la parodie. Toutes ces choses-là, je ne peux pas m’en passer. Cela fait partie de ma vie. Je suis comme cela au quotidien, je suis ouvert à beaucoup de choses, même différentes. Il y a tellement de choses intéressantes qu’il est difficile de fermer les portes. Il faut laisser entrer tout cela dans ce que vous avez de plus profond en vous, c'est-à-dire votre âme. C’est cela qui est beau dans la vie.

Au début de votre carrière vous étiez réputé pour vos imitations de Chinois, ou d’Africain…
Oui, ce sont des standards maintenant. Cela fait partie des choses que le public demande. Ces imitations sont comme un dessin animé. Je me suis toujours amusé à faire ces imitations, et comme c’est avec elles que j’ai été connu, je ne peux pas les abandonner comme cela.

Les spectateurs vous ont découvert par l’humour, mais aussi par le jazz. Cette musique vous aide-t-elle dans l’écriture de vos spectacles ?
Quotidiennement. Je ne peux pas m’en passer. C’est une musique que j’écoute tout le temps. C’est d’ailleurs la seule que je trouve intéressante car elle est constamment en train de se recréer elle-même. La force des musiciens de jazz est que sur un même thème, ils font dix choses très différentes. Le jazz est un renouvellement permanent. C’est une force émotionnelle aussi intense que Bach ou Mozart. S’ils étaient vivants aujourd’hui, ils seraient jazzmen puisqu’ils étaient merveilleusement inventifs. Je me nourris quotidiennement de cette musique. Dans mes spectacles c’est une respiration. C’est-à-dire qu’au milieu de sketchs, de folie, et de gags je glisse quelques plages musicales très jazzy qui s’harmonisent très bien avec les moments d’humours.

Les humoristes affirment qu’il est nécessaire d’avoir du rythme dans les spectacles, est-ce que celui du jazz vous aide dans vos représentations ?
C’est incontestable. Le rythme c’est quelque chose d’essentiel dans les spectacles. C’est même le moteur. S’il y a une baisse de régime dans le spectacle on le sent immédiatement et cela fait tomber l’ambiance. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille constamment être au maximum. Il faut savoir doser. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation.

Miles Davis déclarait : « Pourquoi jouer tant de notes alors qu'il suffit de jouer les plus belles ? ». Est-ce que cela s’applique aussi à l’humour ?
C’est la plus belle phrase que je n’aie jamais entendu sur le jazz. On a chacun nos mots propres. Magdane a son vocabulaire, tout comme Dubosc, Bedos ou Bigard. Chacun utilise les notes les plus appropriées à sa partition. Je dis les choses comme je les sens. Le problème c’est que dans la musique il n’y a que sept notes. Alors que les mots, on en a une infinité.

Comment décrivez-vous l’univers de votre dernier spectacle ?
C’est du music-hall. C’est un mot que l’on n’utilise plus beaucoup. Ce n’est pas du tout ringard. C’est formidable le music-hall. Il y a un film qui sort qui s’appelle La môme qui parle de music-hall. C'est-à-dire des gens qui sont sur scène et qui se défoncent, qui se donnent au public. Le music-hall c’est très riche. Et puis c’est un échange important avec le public.

Vous êtes un vrai drogué de la scène. Est-ce qu’un jour vous allez suivre une cure de désintoxication ?
Non, c’est impossible, ça. C’est une question exclue. La scène c’est ma vie. Ma famille et la scène sont les deux mamelles mon existence. Si on m’enlève cela, c’est fini. J’en ai besoin. C’est physique. Même si cela me fout les jetons, la scène, je ne peux pas m’en passer.



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
La fin des haricots ?
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 296 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page