Campus

Complet manga, gars

01/03/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 42 | Par Jérémie Demay

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Depuis deux ans, le campus vit à l'heure asiatique un soir par mois avec l'ADMA. Loin d'être des nostalgiques du club Dorothée, ce sont simplement des passionnés de l'univers manga.

Mangas

La Gazette : Quel est le but de  votre association ?
Julien Marichal, président de l’ADMA (Association pour la découverte du manga et de l’anime) :
A l’origine, c’était simplement pour faire découvrir le manga et les dessins animés japonais. Elle a beaucoup diversifié ses activités, puisqu’aujourd’hui, l’association fait découvrir aussi des jeunes artistes amateurs qui s’inspirent de cet univers. On projetait une fois par mois, le mercredi après-midi. Le succès n’était pas au rendez-vous car ces projections se déroulaient pendant que les étudiants avaient cours. Cette année, avec le concours du Crous, nous sommes hébergés par le restaurant universitaire Mansart, le jeudi soir aux alentours du 15 du mois. On en a profité pour changer de formule. On fait découvrir les premiers épisodes de trois séries en VOST, qui se réunissent autour du même thème.

Cette association est-elle née suite à une attente des étudiants ?
Le manga c’est avant tout une passion. Mais on ne fait que du neuf avec du vieux. Nous sommes tous issus de la génération des années 80 avec notamment le Club Dorothée. Maintenant on se rend compte que ça ne se limite pas à cela. C’est ce que l’on voulait faire découvrir à travers l’association. Pour que les gens perçoivent ce qu’est ce courant et surtout qu’ils comprennent ce que ce n’est pas. On est partis du constat qu’à Dijon, et en Bourgogne plus largement, il n’y avait pratiquement rien de lié à cet univers. Et on a créé notre festival en 2005, le Dijon Saiten (ndlr : festival, dans la langue d’Hirohito). C’est une première dans un triangle qui va de Nancy, Metz, jusqu’à Lyon. Nous sommes partis de la culture manga et japanime (ndlr : dessins animés), et nous nous sommes très vite élargis à la culture asiatique.

Ce genre de soirée, et le festival Dijon Saiten font penser aux réunions Gloubiboulga, mais là c’est pour les nostalgiques du Club Dorothée.
Oui effectivement. Je suis moi-même fan de ces années-là. Il y a les anciens dessins animés qui ont bercé notre enfance et qui nous ont fait découvrir que quelque chose se passait au Japon. Dans le cadre de nos soirées, nous nous attachons surtout à faire découvrir les nouveaux mangas, parce que les anciens nous ont donné un déclic. Mais ces derniers sont mal doublés, la traduction n’est pas bonne. En plus, elles sont censurées dès qu’il y a du sang ou un peu trop de scènes osées. Pour les soirées japanimes, ce sont des séries assez récentes.

Peut-on parler d’un effet de mode ?
Bien souvent la mode fonctionne par vagues. Si on regarde bien il y a eu les années 80, puis les années 2000 avec les Pokémons et compagnie. Mais parler de mode, c’est souvent réducteur, en plus d’être éphémère. Or cette culture est appelée à se développer et s’installer en France. Pour le prouver il suffit de regarder les rayons dans les librairies. Maintenant il y a autant de mangas que de BD. C’est pourquoi je ne parlerais pas de mode mais plus de courant. L’association s’occupe de la partie découverte, mais aussi promeut les créations personnelles. Ce courant inspire beaucoup. Le public que l’on a rencontré aime le dessin. L’association a voulu les aider à développer leurs créations en les présentant sous forme de jeux de cartes, ce qui est très en vogue au Japon. On a aussi un projet de fanzine qui est en bonne voie.

Qu’est-ce que vous présentez sur votre site adma21.fr ?
On décrit les activités de l’association. Le gros intérêt de ce site, c’est le forum que l’on peut y trouver. Les gens postent leurs réactions sur les soirées que l’on a faites, sur des œuvres en particulier. C’est très sympa. On y apporte ce que l’on veut.

Les Dijonnais qui prennent le bus on remarqué que leur carte d’abonnement mensuelle se couvre de dessins mangas. Cette initiative vient de vous ?
Dans le cadre du festival 2006, nous avons contacté la direction de Divia pour faire éventuellement de la publicité. Ils ont tout de suite été très emballés par l’idée et nous ont demandé si nous avions des dessinateurs dans notre association. Très rapidement l’idée est venue d’illustrer leur billetterie mensuelle. Chaque mois il y aura un visuel illustré par l’un de nos dessinateurs.

Quand aura lieu le prochain festival ?
C’est un peu loin dans l’année puisque ce sera les 20 et 21 octobre. On est très ambitieux et on veut jouer sur tous les tableaux. Il sera consacré au manga, au japanime, et à la culture asiatique. Evidemment, on retrouvera certain grands classiques comme les jeux vidéo, les concours de costplay…

Les costplay ?
C’est l’abréviation de costume playing. C’est un jeu qui consiste à se déguiser en un personnage de son choix. C’est une pratique née aux USA dans les conventions notamment de Star Wars. Rapidement les Japonais ont adoré. Nous avons repris le concept en organisant des concours du meilleur costume, ceux qui font les meilleures prestations sur scène…

Combien de personnes attendez-vous ?
La première année, en 2005, nous avons réuni 650 personnes ; l’an passé 1700. Pour 2007, nous en espérons au moins 2000.



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