Focus

Lemay en mars

29/03/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 46 | Par D.R.

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Lynda Lemay promet de partager un tas d'émotions diverses sur la scène du Zénith de Dijon le 31 mars.

Linda Lemay

« Je n’aurais jamais pu y croire». Elle ne croyait pas qu’un jour, elle pourrait être sur scène pour chanter sa poésie. « Je ne me connaissais aucun talent de chanteuse, j’ai commencé très tôt à écrire. J’aimais composer des poésies, et cela depuis mon plus jeune âge. Et puis, je me suis mise à la guitare, cet instrument magique… Aujourd’hui c’est la musique qui éveille ma sensibilité. Et là, quatre notes peuvent m’inspirer une histoire. Les mots sortent de nulle part. Parfois, je me laisse surprendre moi-même par ce que je vais raconter », narre-t-elle, une oreille sur le combiné et son regard se ravissant de sa petite fille de 8 mois, Ruby. « Je suis désolée, s’excuse-t-elle, je garde un œil sur ma fille ! » C’est qu’elle est déjà bavarde ! On l’entend au loin qui chantonne. « Vous allez voir, dès que je m’éloigne, elle va se remettre à parler ! », dit-elle, le sourire aux lèvres. Puis revient à l’interview. Comment lui est venue l’idée de chanter ces poèmes ? « Petit à petit, je commençais à mettre des mélodies sur les textes que j’écrivais, je fredonnais mais je ne savais même pas si je chantais juste ! Mes parents me disaient qu’il se passait quelque chose quand je chantais. Ce n’est pas seulement la voix, c’est l’émotion». Sa carrière débute en 1989 quand elle gagne le prix d’auteur compositeur interprète au festival international de la chanson de Granby au Québec, où elle interprète La veilleuse. Depuis, les albums s’enchaînent et les succès aussi. « J’ai appris à dire non, chose qui n’était pas dans ma nature, et ça m’a beaucoup aidée. Je pense aujourd’hui que c’est en partie grâce à cette évolution que je peux partager mon temps entre ma vie familiale et professionnelle. » La force de ces années passées à écrire, chanter et partager son émotion fait de Lynda une femme décidée et rayonnante. « Je pense que ça se ressent dans mes chansons et sur la scène. Il y a toujours plein de choses qui passent avec le public. Ce sont peut-être des moments plus rares maintenant car il me faut me partager afin de ne perdre aucun moment de ma vie de famille, mais ça les rend forcément plus intenses aussi ».
Ce qui est impressionnant quand on écoute les chansons de Lynda, c’est la diversité des textes qu’elle nous propose. Dans son dernier album, Ma signature, elle évoque tous les sujets qui la touchent : l’enfance, ses moments si doux et ses instants parfois si durs ; la vieillesse, le destin ou encore l’illusion. La question qui nous vient tout de suite à l’esprit, c’est de savoir si ces récits, dans leur exactitude touchante, sont inspirés de sa vie réelle ou sortis tout droit d’une imagination inépuisable. « En fait, ça dépend vraiment des chansons. Parfois, c’est en jouant une mélodie qu’une histoire m’apparaît, j’ai le réflexe d’enregistrer ou d’écrire toute la matière brute qui sort de mon esprit. Je ne me censure pas. Il m’arrive aussi d’autres fois d’écrire des choses qui ont réellement existé. Les chansons tristes sont là aussi pour exorciser mes peines». Son paternel, par exemple, l’inspire quand elle compose Le plus fort c’est mon père en 1993 ou dans un récit plus douloureux, Ne t’en va pas en  2002, où elle chante la peur de le perdre quand il est touché par de gros problèmes cardiaques.  Elle dévoile aussi des souvenirs plus drôles. «Dans Je m’appelle Marguerite, je raconte l’histoire d’une dame que je connaissais quand j’étais petite, “la voisine d’en face”, on l’appelait. En fait, elle s’appelait Nathalie ! C’est marrant de repenser à tout cela ». C’est toute une vie qui se dessine dans les chansons à textes de Lynda. Le plus étonnant, c’est qu’elle reste parfois surprise par des vers composés il y a longtemps. «Ces textes font partie de moi, je ne les renie pas, au contraire. Ce que j’ai écrit il y a vingt ans, je ne pourrais plus le dire avec la même naïveté, dans laquelle je trouve beaucoup de lucidité quand même.» D’ailleurs dans ses nombreux projets – qui « symbolisent la vie, l’avenir » – elle compte sortir un album avec des chansons écrites jadis, qui n’avaient pu voir le jour tellement ses compositions sont nombreuses. Il devrait s’appeler Chanter comme au début. Charmant mélange de passé et d’avenir pour ne pas oublier qu’il faut des bases solides pour se construire.



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