Politique

Un chasseur en campagne

29/03/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 46 | Par Alexis Billebault

Réagir Télécharger le numéro

Frédéric Nihous, le candidat de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT), souhaite défendre la ruralité.

Frédéric Nihous

La Gazette : Jean Saint-Josse, votre prédécesseur, avait obtenu 4,23 % en 2002, ce qui représente 1,2 million de voix. Rééditer ce score serait un joli coup politique…
Frédéric Nihous : Notre objectif est bien évidemment de réaliser le meilleur score possible. Pragmatiquement, on peut se dire que ceux qui ont voté pour Jean Saint-Josse en 2002 le referont en 2007. En sachant que le gouvernement de droite n’a fait que multiplier les promesses non tenues et que la gauche, l’alliée des Verts, ne nous a fait aucun cadeau, j’espère réussir un score honorable le 22 avril. Mais je n’ai pas d’objectif chiffré.

Votre parti est par tradition classé à droite… sauf par ceux qui le composent. Où vous situez-vous politiquement ?
Il est exact que j’entends souvent dire que nous sommes à droite. Mais notre parti, qui n’existe que depuis 1989, regroupe des sensibilités très différentes. Il y a des gens de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs. Il n’y a pas de clivage. Nous avons une approche pragmatique de la politique. Nous estimons qu’il faut tenir compte de ce qu’il y a de bien chez les uns et les autres, en conservant notre objectif, qui est celui de défendre a ruralité dans toutes ses composantes.

Prendre ce qu’il y a de meilleur un peu partout… Vous nous faites du Bayrou, que vous avez allumé lundi sur RTL…
François Bayrou se veut le défenseur de la ruralité, simplement parce qu’il pose sur un tracteur ! Sa profession, c’est professeur de lettres. Et il fait de la politique depuis trente ans. C’est un pur produit du système.

La situation du service public constitue-t-elle l’une de vos principales préoccupations ?
Absolument. La ruralité a besoin d’un plan Marshall. Il y a tout de même 15 millions de Français qui vivent en zone rurale. Soit un quart de la population. Or, dans la plupart des zones rurales, la situation des services publics est catastrophique. Les hôpitaux, les bureaux de poste, les écoles, les gares ne cessent de fermer. Il y a de moins en moins de médecins qui viennent s’y installer… Il faut réagir, et c’est pour cela que nous demandons au prochain gouvernement la création d’un ministère des Affaires rurales. Car depuis trop longtemps, la ruralité est éclatée au sein de plusieurs ministères, et cela ne favorise pas la cohérence…

Quelles sont vos exigences par rapports à la situation des chasseurs, ce qui constitue tout de même votre fonds de commerce ?
Déjà, je tiens à rappeler que la chasse est l’une des activités les plus encadrées en France. Nous avons l’impression que tous les partis politiques se moquent complètement des chasseurs. On nous colle des taxes supplémentaires, le prix du permis de chasse est de plus en plus élevé alors que l’on nous réduit le temps de chasse… Nous demandons notamment les dates traditionnelles de chasse aux oiseaux migrateurs en fonction des usages locaux, le transfert de la garderie ONCFS (Office national de la Chasse et de la Faune sauvage) au budget de l’Etat…

Cela va vous rapprocher un peu plus des Verts, vos meilleurs ennemis…
(Rires) On peut dire les choses comme ça… Nous souhaitons une écologie incitative, alors que nous subissons un intégrisme écologique. Il y a un lien de la chasse avec l’écologie. Ce sont les chasseurs qui entretiennent avec leur argent des territoires de qualité, là où ils peuvent chasser.

Avec José Bové, vous avez un point commun : votre hostilité aux OGM…
Sauf que la façon dont il procède est scandaleuse et anti-républicaine. On ne détruit pas le bien d’autrui comme il le fait. Sinon, en constatant que les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux sur ce que la consommation de ces produits implique, j’y suis opposé. Mais au moins, que l’on permette la culture d’OGM dans un cadre strict et contrôlé pour continuer à faire des recherches d’ordre médical par exemple.

Quelle Europe souhaitez-vous, puisque votre parti est opposé à l’Europe telle qu’elle existe ?
L’Europe fédérale ne nous convient pas. On y laisse entrer beaucoup trop de pays, et à chaque fois, on perd un peu plus de souveraineté. Cette Europe est l’affaire de quelques technocrates qui ne sortent jamais de leur bureau à Bruxelles. L’Europe ne devrait pouvoir intervenir que lorsque les Etats ne parviennent pas à agir seuls. Et nous demandons le droit de veto dont pourrait user un pays par rapport à une directive qui va à l’encontre de ses propres intérêts.

Avez-vous réfléchi à votre consigne de vote pour le second tour ?
Pas encore. Nous allons attendre les résultats du premier tour, et nous verrons quel(le) candidat(e) répondra le mieux à nos attentes. Nous ne nous interdisons rien.



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
La fin des haricots ?
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 296 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page