Campus

L’autre présidentielle

26/04/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 50 | Par Jérémie Demay

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L'Université de Bourgogne va changer de présidence. Présentation du rôle, et des candidats en lice.

Université

Président : pourquoi, comment ?

Le 2 mai, les trois conseils de l’Université de Bourgogne (conseil d’administration, scientifique, et des études et de la vie universitaire) vont élire leur nouveau président. Actuellement, Jean-Claude Fortier assume cette charge. Le rôle du président se résume, d’après le site internet de la fac, comme celui qui « représente l’université à l’égard des tiers ainsi qu’en justice, conclut des accords et les conventions. Il est ordonnateur des recettes et des dépenses ». De plus, il préside les trois conseils, a autorité sur l’ensemble du personnel de l’établissement. Bref, le président tient les rênes de son campus.
Il est élu à la majorité absolue des trois assemblées. Le conseil d’administration est composé de soixante membres, le conseil scientifique comprend quarante représentants, comme le conseil d’études et de la vie universitaire. Pour être élu, le candidat doit donc recueillir soixante et onze voix. Tant que la majorité absolue n’est pas atteinte, l’élection continue. Une fois cette étape passée, le président est en place pendant cinq ans.

 

Jacques Van Hoecke

«â€ˆEtre acteur de la vie de l’université »
Derrière sa barbe de grand schtroumpf se cache un chercheur dans le mouvement au Staps. Ancien doyen de cette UFR, il est arrivé à Dijon en 1992. Depuis, il a créé un laboratoire labélisé par l’Inserm. « J’ai toujours pensé au devoir de chacun d’être acteur de la vie de l’université. J’ai des convictions et des idées, et je souhaite les traduire dans les faits », explique le professeur.
Son programme est simple : « Redonner une identité forte à l’université de Bourgogne. Aujourd’hui nous sommes dans un marché concurrentiel, c’est pourquoi il faut une ouverture dans les deux sens. Il est nécessaire qu’il y ait plus de démocratie dans les différentes composantes des UFR »
Un autre objectif pour cet homme venu du nord : créer un grand campus Dijon-Besançon : « Nous sommes placés entre Paris et Lyon. Si l’on reste tout seul, on ne pourra pas empêcher les étudiants de quitter la région. Il faut mutualiser nos forces. »
Autre projet de Jacques Van Hoecke : offrir au personnel non-enseignant une gestion plus en adéquation avec ses besoins.

 

Marc Neveu

« Entretenir une relation de confiance »
Arrivé à l’Université de Bourgogne en 1985, son combat s’est vite dirigé vers une gestion plus humaine de l’UFR. Marc Neveu défend une université qui doit rester gérée par le service public.
Pour cet enseignant-
chercheur en image-intelligence artificielle et applications-réseaux-images, les conseils doivent travailler dans une meilleure concertation. « Il faut aussi placer les étudiants au centre de nos préoccupations. Il est également indispensable de ne pas négliger le personnel non-enseignant ». Selon le responsable du Syndicat National de l'Enseignement Supérieur, les professeurs ont un grand problème de reconnaissance.
Pour Marc Neveu, il est important de leur proposer des perspectives de carrière. Sur l’ouverture de l’université sur le monde extérieur, le professeur souhaite « entretenir une relation de confiance, dans une cohabitation saine. L’université doit être fière d’être dans la région, et la Bourgogne doit être satisfaite de son université ». Un programme en accord avec les idéaux du syndicaliste qui n’hésite pas à soutenir les étudiants comme lors des manifestations contre le CPE.

Sophie Béjean

« Création et diffusion de la recherche »
Elue sortante, Sophie Béjean était, en effet, vice-présidente déléguée aux enseignements depuis un an et demi, elle est également professeur en sciences économiques.
Elle définit son action par « une implication dans la gestion globale. Il n’y a pas de solution unique ». Elle connaît bien les problèmes actuels de l’université : « Sa mission est de développer son rôle d’acteur dans la vie économique, sociale et culturelle de la région ». Pour la vice-présidente, « l’université doit s’ouvrir sur la société en revendiquant sa fonction primaire qui est dans la création et la diffusion de la recherche. » Une université dynamique reste donc le grand défi que Sophie Béjean souhaite relever en apportant du changement. « Tout le monde doit travailler dans une plus grande concertation pour que la mission de chacun soit mieux reconnue. »

Claude Patriat

« Remettre les étudiants au centre des préoccupations»
irecteur de l’IUP Denis-Diderot et professeur de sciences politiques, Claude Patriat «â€ˆsouhaite remettre les étudiants au centre des préoccupations. Tout en sachant que ce sont des usagers provisoires. »
L’un des handicaps des UFR, c’est l’anonymat entre les étudiants. A l’instar des écoles, l’enseignant voudrait créer un réseau pour que les anciens aident les nouveaux, et cela pourrait même servir si un étudiant s’interroge sur son orientation. Pour Claude Patriat, il faut aussi « construire un lien solide entre l’université et l’insertion professionnelle. » Autre projet majeur : construire un centre de vie sur le campus. « On pourrait installer des commerces de proximité franchisés par l’université. » Les emplois seraient obligatoirement réservés aux étudiants. Bref, Claude Patriat souhaite un campus vivant pour les étudiants, mais aussi pour tout le personnel.



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