« C’était devenu irrespirable »
31/05/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 55 | Par Alexis Billebault


La Gazette : tout le monde ne s’attendait pas à une décision aussi rapide, surtout que Jacques Monclar était encore sous contrat…
Michel Renault, président de la JDA : un conseil d’administration était prévu depuis un certain temps. On devait y parler de beaucoup de choses, de la gestion du club, de son nouveau siège et pas seulement de la situation de Jacques Monclar. Mais comme pas mal de problèmes existaient, nous avons décidé de statuer sur son cas et finalement de ne pas le conserver.
L’absence de la JDA aux play-offs a-t-elle précipité les choses ?
Je ne le pense pas. Si nous nous étions qualifiés, cela aurait été très difficile pour nous face à Nancy, la meilleure équipe de la saison régulière. Non, le mal était plus profond. Ce n’était pas forcément une décision facile à prendre, mais il fallait faire quelque chose. Ça ne pouvait plus durer…
A ce point ?
Vous savez, quand les gens ne se parlent plus, quand il est impossible d’espérer une amélioration des relations, il faut se rendre à l’évidence. Il existait des problèmes entre Jacques et certains joueurs, entre Jacques et Yann Boisson, le manager général, entre Jacques et le médecin du club. C’était devenu irrespirable.
Et entre Jacques Monclar et vous ?
Il n’y avait aucun problème entre nous. J’ai discuté avec les gens pour qu’ils travaillent dans une meilleure ambiance, mais il n’y avait rien à faire. Bien sûr, le bilan sportif n’est pas extraordinaire en championnat Pro A, et il faut aussi en tenir compte dans la décision finale. Nous n’avons participé aux play-offs qu’une seule fois depuis trois ans, mais Jacques nous a permis de remporter la coupe de France l’année dernière.
On a dit que la détérioration des relations entre Monclar et Boisson s’expliquait par les vues qu’avait le premier sur les prérogatives du second…
C’est vrai qu’il y a eu des rumeurs, mais rien ne m’a été confirmé. J’en avais parlé avec Jacques, qui niait vouloir devenir manager général du club.
On dit aussi que vous n’avez pas été pleinement satisfait du recrutement…
Moi, je me suis toujours demandé pourquoi on avait pris Terrance Johnson. Il n’a pas été à la hauteur de ce qu’on pouvait attendre de lui. Peut-être qu’il n’est pas bon… Il y a eu l’épisode Bradford également. Sur le recrutement, j’ai dit ce que j’en pensais aux deux principaux responsables de ce domaine (NDLR : Monclar et Boisson). Ce que je peux vous dire, c’est que Johnson ne jouera plus pour Dijon la saison prochaine. Pas plus que Mario Bennett, d’ailleurs. Quant à Vato, qui est en fin de contrat, on verra avec le futur entraîneur.
Il n’y a pas eu que du négatif cette saison. N’êtes-vous pas rassuré par l’éclosion de certains jeunes, et notamment Romain et M’Baye ?
Mais bien sûr que si ! Ce que je ne m’explique pas, c’est qu’ils aient été aussi peu utilisés en championnat, alors qu’ils avaient montré de réelles qualités en coupe d’Europe. Résultat, certains joueurs comme Lux, Sciarra ou N’Doye ont terminé la saison complètement lessivés. Je ne comprends pas… Et Bouziane ? Il ne reviendra à son meilleur niveau qu’au mois de novembre. Il faut qu’on m’explique certaines choses.
Avez-vous une idée de l’identité du futur entraîneur ?
Honnêtement, non. La saison n’est pas encore terminée et nous allons prendre notre temps. Ce ne sera pas forcément un coach français. Nous travaillons sur plusieurs pistes. Il y a également la solution interne avec Jean-François Evert, l’assistant de Jacques Monclar depuis deux saisons et qui a fait un boulot intéressant. Il ne faut pas non plus que cela nous coûte trop cher, car le licenciement de Jacques a un coût évident. Vous en saurez plus début juin…
Bennett et Johnson, good bye JDA
Avec Jacques Monclar, deux joueurs sont assurés de ne pas remettre les pieds sur le parquet du palais des Sports au mois de septembre. Pour Mario Bennett comme pour Terrance Johnson, cette séparation est finalement tout, sauf une surprise. Pour le premier, l’idée était dans l’air depuis plusieurs mois déjà. Sa blessure au pied, officiellement contractée lors du All Star Game du 27 décembre dernier et qui avait mis un terme à sa saison, a sans doute précipité la décision des dirigeants dijonnais de ne pas le conserver. Quant à l’ailier Terrance Johnson, à en croire certaines indiscrétions de couloir, son départ était désiré par Michel Renault depuis… son arrivée à l’automne dernier, ce que le président dijonnais laisse assez clairement entendre dans l’interview ci-dessus. Enfin, l’avenir de l’intérieur géorgien Vakhtang Natslischvili dit Vato, lui aussi en fin de contrat, sera examiné un peu plus tard. « Cela dépendra des plans du futur entraîneur », a expliqué Yann Boisson, la manager général du club.
Qui pour succéder à Monclar ?
Alors que la JDA et son désormais ex-entraîneur négocient actuellement la dernière saison du contrat de ce dernier, Michel Renault et Yann Boisson ont commencé à plancher sur le nom du futur coach dijonnais. On veut bien croire le bouillant président de la JDA quand il dit que « rien ne se décidera avant début juin. » (cf. interview ci-dessus) Les décideurs préfèrent s’accorder du temps – mais pas trop – pour trouver l’homme idoine. Et surtout pas trop cher, puisque le licenciement de Monclar a un coût. Une première piste mène à la solution interne et à Jean-François Evert, l’adjoint de Monclar depuis deux saisons. La seconde possibilité conduit au choix d’un entraîneur venu de l’extérieur. C’est-à-dire un Français ou un étranger.
La rumeur faisant partie intégrante du monde, le nom de Philippe Hervé a bien sûr circulé. Sauf que l’ancien entraîneur de l’ASVEL est sous contrat avec Orléans, où un gros projet sportif a été mis en chantier. Et Hervé, puisqu’il en est question, n’est pas gratuit…
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