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Rebs veut du neuf

31/05/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 55 | Par Alexis Billebault

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A moins de dix jours des élections législatives, le maire de Dijon croit en un sursaut de la gauche. Et en appelle à  une rénovation du Parti socialiste…

François Rebsamen

La Gazette : les sondages annoncent tous une large victoire de l’UMP lors des élections législatives (10 et 17 juin). Craignez-vous une débâcle de la gauche en général et du PS en particulier ?
François Rebsamen, maire de Dijon : non, car je me souviens que le 6 mai dernier, 47 % des Français ont voté pour Ségolène Royal. Il est donc tout à fait envisageable que la gauche réalise un score aussi important. 47 %, ce n’est pas
négligeable. Et j’ajouterai qu’il me semble fondamental que ces élections permettent un rééquilibrage des pouvoirs. La France ne peut devenir le pays d’un seul parti. Nicolas Sarkozy est déjà soutenu par le Sénat, le Conseil Constitutionnel et certains médias, et là, je pense surtout à TF1.

Mais les Français, à qui cela arrive d’être cohérents, ont toujours donné  quitus au nouveau président en lui accordant une assez nette majorité à l’Assemblée nationale…
Je ne vous cache pas que cette élection sera difficile pour la gauche, mais nous y allons pour réaliser un bon score. On ne connaît jamais le résultat d’une élection à l’avance. Et en allant plus loin, outre le rééquilibrage des pouvoirs, les deux autres enjeux de ce scrutin sont essentiels : il s’agit de montrer que nous sommes là pour protéger les Français qui nourrissent des inquiétudes face à la politique gouvernementale. Je pense ainsi au projet des franchises médicales, qui pénaliseront surtout les classes les moins favorisées et qui sont une porte ouverte aux assurances privées. Ou encore à la suppression de l’ISF. Enfin, le PS doit être une force de proposition, en reprenant des thèmes du pacte présidentiel de Ségolène Royal.

Justement, Ségolène Royal doit-elle incarner le renouveau du Parti socialiste ?
Elle peut remobiliser l’électorat de gauche, insuffler une nouvelle dynamique. Le PS a été marqué par la défaite du 6 mai, il ne faut pas le nier. Je vais être très clair : il faut rénover le PS du sol au plafond. Depuis François Mitterrand, la gauche a perdu trois élections présidentielles. Et selon moi, cette rénovation passe par trois étapes essentielles.

Lesquelles ?
D’abord promouvoir une gauche moderne, ouverte, sachant prendre en compte les évolutions de la société. Le PS doit poursuivre sa rénovation idéologique. Ensuite, favoriser des alliances, car pour gagner une élection présidentielle, les voix des électeurs de gauche sont insuffisantes. Je pense à un grand parti de la gauche, incluant ceux qui veulent assurer des responsabilités. Des socialistes bien sûr, des Verts, certains communistes, mais aussi en discutant avec François Bayrou, un homme qu’on ne peut ignorer. Et enfin tirer un trait sur Epinay et ouvrir un nouveau cycle. Sortir des synthèses molles et des congrès.

Justement, faut-il avancer celui prévu à l’automne 2008 ?
Ce n’est pas le plus important aujourd’hui. Ce qui l’est, c’est de mettre en place une nouvelle génération et de travailler sur les trois thèmes que je viens d’évoquer.

Est-il urgent de désigner la candidate ou le candidat socialiste pour l’élection présidentielle de 2012 ?
Urgent, non, mais il serait préférable qu’elle soit – ou qu’il soit – désigné deux ans avant. Car désigner le candidat trop tardivement a prouvé que c’était un facteur de division et éventuellement de déstabilisation.
Plaidez-vous pour un Parti socialiste qui ne pratique pas l’opposition systématique ?
Oui. Si le gouvernement adopte des mesures qui vont dans l’intérêt général, il faut aussi le dire. Il ne faut pas se contenter de critiquer, mais aussi de proposer. A ce jour, hormis le côté people qui est un peu exagéré, Nicolas Sarkozy a plutôt réussi son entrée en matière. Mais nous savons qu’il a plusieurs visages. Attendons la suite…

Pour revenir aux législatives, avez-vous pensé vous présenter ?
Oui. Mais au delà de cette question, je déplore le découpage des circonscriptions en Côte-d’Or, orchestré par Charles Pasqua et validé par Robert Poujade et Roland Carraz. J’ai du mal à admettre qu’il n’y ait pas de circonscription de Dijon, et qui pourrait être représentée à l’Assemblée nationale par le Maire ou par l’un de ses adjoints. Et je suis persuadé que la gauche gagnerait cette circonscription.

On a évoqué le parachutage de Rachida Dati sur la troisième, tremplin avant les municipales et votre candidature sur ce même territoire… Et il ne s’est rien passé…
Personnellement, j’ai vite démenti cette rumeur. Quant au parachutage, il a été évoqué par la droite locale, puisque c’est elle qui a lancé la rumeur. Cela signifie clairement qu’elle cherche un bon candidat pour la Mairie et qu’elle n’est pas satisfaite de ceux qui postulent…



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