Politique

« Je suis le candidat naturel »

26/06/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 59 | Par Alexis Billebault

Réagir Télécharger le numéro

Le conseiller municipal UMP François-Xavier Dugourd en est convaincu : il est le plus légitime pour affronter François Rebsamen lors de l'élection municipale de mars 2008.

François-Xavier Dugourd

La Gazette : Bernard Depierre vous a accordé son soutien, imitant ainsi Louis de Broissia. Cela fait-il de vous le candidat le mieux placé pour être désigné pour les municipales ?
François-Xavier Dugourd, Conseiller municpal UMP : Je sais que nous sommes deux à s’être déclarés candidat à
l’investiture UMP : Yves Japiot et moi-même. Je respecte la candidature d’Yves Japiot, mais honnêtement, je suis le candidat naturel. Je m’explique. Louis de Broissia et Bernard Depierre, qui sont tout de même deux personnalités politiques locales importantes me soutiennent. Ainsi Bernard Depierre, à l’occasion d’une réunion publique juste avant le premier tour des législatives, l’a dit devant des responsables politiques, des militants et des journalistes.

Sauf que selon Yves Japiot, le même Bernard Depierre lui aurait affirmé le contraire un peu plus tard (lire page 4)…
Pour moi, ce sont les paroles publiques qui comptent. Et je vous précise qu’Yves Japiot n’était pas invité par Bernard Depierre lors de cette réunion publique à Messigny. Cela veut dire quelque chose…

Yves Japiot dit aussi qu’il n’a pas de raison de croire qu’il ne sera pas désigné…
Je pense surtout qu’il n’y a réellement que lui pour y croire. Si demain il est investi par la commission nationale, je n’y comprends plus rien à la politique. Demandez aux militants ce qu’ils en pensent : il a surtout
l’image d’un dissident, pas forcément celle d’un homme capable de rassembler à droite et au centre. Je n’ai pas d’animosité envers Yves Japiot. On se parle, mais nous n’avons pas le même profil ni le même parcours. D’ailleurs, cela fait longtemps que j’ai renoncé à comprendre quelque chose à son parcours.

Et une candidature surprise, vous vous refusez à y croire… Bernard Depierre, Louis de Broissia, ou un parachutage par exemple…
Bernard Depierre a dit et répété plusieurs fois qu’il ne se présenterait pas. Louis de Broissia jouera bien sûr un rôle important durant la campagne, mais je suis convaincu qu’il n’ira pas. Quant à l’hypothèse du parachutage, elle n’est pas sérieuse. C’est une rumeur récurrente lancée par ceux qui pourraient être gênés par telle ou telle candidature.

Si vous êtes désigné cet automne, quel type de campagne compterez-vous mener ? Car on imagine que vous ne vous priverez pas d’attaquer François Rebsamen…
Je ne passerai pas toute ma campagne à dénigrer systématiquement l’action du maire. Il a réalisé de bonnes choses, j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, mais il faudra bien sûr faire une analyse de son bilan. Et il y a des sujets sur lesquels ce dernier est très discutable.

Lesquels ?
La sécurité. Il a souvent tendance à rejeter la faute sur les autres, en se plaignant de ne pas avoir les moyens nécessaires.

Les policiers disent eux-mêmes qu’ils ne sont pas assez nombreux…
François Rebsamen s’insurge dans la presse parce que des voitures brûlent, mais il dispose de moyens importants en matière de police municipale. Plutôt que de verbaliser à tout va les automobilistes qui ont du mal à se garer, il serait sans doute préférable d’employer la police municipale à d’autres missions. Il faut lutter contre l’insécurité et je suis favorable à l’installation de la vidéo-surveillance, selon certaines conditions bien sûr. D’ailleurs, François Rebsamen commence lui-même à en parler…

Estimez-vous toujours que la politique économique n’est pas satisfaisante ?
Bien sûr ! Dijon doit sortir de sa léthargie. Il existe de réelles menaces sur l’emploi à Dijon et dans son agglomération. Le centre-ville se désertifie, et on ne voit apparaître que des banques et des mutuelles. Je suis également inquiet pour l’avenir de l’emploi chez Nestlé, Valeo ou Amora. Il n’existe pas de renouvellement du tissu économique, il n’y a pas de dynamique de l’emploi à Dijon. Il est urgent de mettre en place une autre politique foncière, d’exploiter la richesse culturelle et touristique de la ville.

Où en êtes-vous de votre projet de faire de Dijon la capitale européenne de la culture en 2013 ?
J’ai envoyé un dossier, mais s’il n’est pas validé par le maire, il n’a aucune chance d’aboutir. Ce serait un évènement majeur si Dijon était retenue ! En termes de notoriété, d’animation mais aussi d’emploi. En 2005, la ville irlandaise de Cork (120 000 habitants) a engrangé près de 290 millions d’euros pour 20 millions d’investissements, et les retombées sur l’emploi ont été importantes. Mais François Rebsamen est contre ce projet, car il estime que cela coûte trop cher.

Mais il est comptable des deniers publics…
Je crois surtout qu’il est contre parce qu’il n’en a pas eu l’idée. Toujours ce même sectarisme. Je lui ai envoyé deux courriers, mais je n’ai eu aucune réponse à ce jour. Cela me rend malade ! Il fait de la politique politicienne, car ce projet pourrait associer la Ville, la Région et le Département.

Lui-reprochez vous toujours d’être souvent absent de Dijon ?
Mais les Dijonnais le savent. Ces derniers mois, il n’a quasiment pas été là ! Et  avec le désordre qui règne au PS, il risque d’être souvent à Paris prochainement. Et puis, il vient de subir deux échecs importants. Il a été le codirecteur de campagne de Ségolène Royal, et cela n’a pas été une franche réussite. Sarkozy est tout de même arrivé largement en tête à Dijon. Et aux législatives, deux de ses plus proches collaboratrices – Colette Popard et Françoise Tenembaum – ont été lourdement battues. Même si les sondages officieux lui sont favorables à moins d’un an de l’élection, je ne peux que lui conseiller d’être bien accroché à son siège, car ça va bouger pendant la campagne.



Revenir en haut de page

Les commentaires pour cet article sont fermés.

Votre nom :
Votre email :
L'email de votre ami :
Votre message (facultatif) :
La fin des haricots ?
En savoir plus [+]
Télécharger le numéro 296 de La Gazette de Côte d'Or au format PDF Archives
Revenir en haut de page