Alsaco-Bourguignon
26/06/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 59 | Par Dolorès Charles

Né en Alsace au cœur du quartier Cronenbourg à Strasbourg, Benoît Lichté a vécu une enfance heureuse, entouré de son père, agent technique aux forges de la ville, et de sa mère, ingénieur d’études au CNRS. Très vite, il a la fibre médiatique. « Tout petit, je voulais devenir prof de sport ou journaliste sportif. » Une vilaine blessure décidera de son avenir. Alors étudiant en licence Staps, il rate un saut à la perche, lors d’un cours d’athlétisme. Résultat, le poignet cassé, une atèle pendant un an, et le redoublement de sa licence. Cet accident marquera un tournant dans sa vie. « C’est à cette époque que l’un de mes amis remarque une annonce pour animer une émission culturelle sur une radio associative. Ils cherchaient quelqu’un pour un talk show, afin de dynamiser la tranche 12-14 du vendredi. » Le début d’une carrière prometteuse…
Petit à petit, Benoît Lichté « bouffe du micro » et fait ses armes. « Nous avions aussi une émission sportive assez déjantée, puis est arrivée la Coupe du Monde 1998 et la radio nous a confié un spécial foot
quotidien. »
Continuant par ailleurs ses études sur le management sportif, l’animateur en herbe cumule les expériences en radio (Radio Bienvenue Strasbourg, Top Music, etc.), et rejoint la télévision à la fin des années 1990. « Je suis devenu journaliste sur le tas, en pigeant dans un gratuit étudiant, et sur le site internet de L’Alsace, pour la rubrique loisirs. » Bosseur et créatif, Benoît Lichté monte en parallèle le club des supporters de la SIG, le club de basket de Strasbourg évoluant en Pro A. « J’interviewais les joueurs pour notre fanzine. » Le football, le basket ne sont pourtant pas ses sports de prédilection. Accroc à la glisse, le jeune animateur, qui a l’habitude de présenter ses émissions… en basket, a une préférence pour le surf. Tellement fan qu’il a même consacré son mémoire de fin d’études à l’organisation des compétitions de surf en France, puis un autre sur les relations entre le sport et la télévision.
Rien ne vaut le local
Pour intégrer le monde du petit écran, comme beaucoup, il démarre en tant que stagiaire à la télévision locale Alsatic (1). « Ils cherchaient un connaisseur en athlétisme et en tennis. Ça m’a plu tout de suite ! » Le local étant le meilleur terrain pour proposer des idées et apprendre, Alsatic lui propose de piger pour un programme culturel en hebdo. « J’apprenais la rédaction, le montage, le tournage, etc. Ce qui fait que maintenant, je suis polyvalent. » Polyvalence qui l’arrange, car le jeune homme est du genre solitaire. « J’ai tendance à tout vouloir gérer moi-même. » Simple, entreprenant, perfectionniste aussi, et surtout très actif. Pendant six ans d’émission A à Z, basée sur les cultures urbaines, l’homme-orchestre rencontre de nombreux réalisateurs de cinéma, sportifs, artistes, etc. « Je montais les sujets et les présentais. » Autres émissions à son actif, Néons, recentrée sur les cultures urbaines moins médiatiques, Slash, un magazine « sur les jeunes qui se lâchent », et puis Wax, un bi-mensuel qu’il développe depuis septembre dernier, en prévision de l’arrivée de la TNT (Télévision numérique terrestre) à Dijon, et consacré aux sports de glisse extrême. Malgré un agenda « de taré », Benoît Lichté réalise également des documentaires sur des thématiques qui lui sont chères, la nature, l’humanitaire et évidemment les cultures urbaines. Remarqué par un producteur, il est invité en juin 2006 à participer à un casting pour une nouvelle émission. « Il s’agissait d’animer une mini-émission de vingt minutes dans les conditions du direct, ce qui me changeait de mon travail
habituel, car, à l’époque, j’enregistrais et montais mes émissions. » Banco ! La réponse tombe à la fin de l’été, Benoît Lichté fait partie des animateurs engagés pour animer C’est mieux le matin, une émission diffusée sur France 3 entre 10 h 50 et 11 h 35, et déclinée dans toutes les régions. Il officiera en Bourgogne et Franche-Comté. « Ici, on me laisse une assez grande liberté, et je n’ai pas de pression… »
C’est mieux le matin reconduit en septembre
Entouré de chroniqueurs, le jeune présentateur, au ton léger et détendu, n’avait pourtant pas le profil pour ce programme dirigé vers les mères au foyer ; les rubriques sont liées à la vie pratique, la santé, la cuisine, la décoration, la santé, etc. Des thèmes éloignés des hobbies de Benoît Litché. Mais l’Alsacien a la stature professionnelle pour s’adapter, et ça marche, le programme séduit. Selon les chiffres de la chaîne, C’est mieux le matin réalise en moyenne 9,6 de parts de marché contre 7,9 en national (2). L’émission sera reconduite en septembre, ce qui réjouit l’amateur de snowboard et de hockey subaquatique (Ndlr : le hockey se joue ici sous l’eau, en apnée).
Concrètement, les quatre émissions de la semaine sont enregistrées dans les conditions du direct, les mardis et les mercredis. « Je consacre le lundi à la préparation avec l’équipe, et le mercredi soir je repars en Alsace pour travailler pour Alsatic », où il s’occupe encore des émissions Slash et Wax. Alsacien dans l’âme, Benoît Lichté n’a pas hérité de la rigueur germanique. « J’arrive souvent en retard, mais je crois être de bonne composition. » Travailleur acharné, l’animateur tendance de la chaîne a gardé ses attaches plus à l’Est, et n’a pas encore pris le temps de visiter la région. Première faute, mais faute de temps surtout.
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