Devine qui vient dà®ner
26/06/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 59 | Par Alexis Billebault

Après le très médiatique Jacques Monclar, licencié au mois de mai dernier après un peu plus de deux saisons à la tête de la JDA, le club bourguignon a décidé de faire appel au Suisse Randoald Dessarzin. Le nouvel entraîneur de la JDA, qui a eu 43 ans samedi, est méconnu en France, mais il a obtenu des résultats intéressants dans son pays avec Boncourt, le club d'une petite ville de 1 300 habitants située près de la frontière française.
La Gazette : A quand remontent les premiers contacts avec Dijon ?
Randoald Dessarzin : Ils sont assez récents. Les choses se sont faites progressivement, sans précipitation. J’ai rencontré plusieurs fois les décideurs dijonnais. Je suis très fier d'avoir été choisi car Dijon est une place forte du basket français. Les deux clubs entretiennent depuis plusieurs années de bonnes relations, et ils se sont affrontés régulièrement en matches amicaux. Ce n'est pas la première fois qu’un club de Pro A me contacte. Ainsi Strasbourg, il y a quelques années. Mais c’était à l'époque une approche moins excitante que celle de Dijon. Je sais que je prends un risque personnel en venant ici, où mon contrat n’est que d’un an. A Boncourt, j’étais installé. Mais être l’entraîneur de Dijon est une fierté, et je sais que je vais être très attendu. J’espère apporter ma fraîcheur, mon enthousiasme et mes compétences. Tout en continuant à progresser dans mon métier d'entraîneur.
Le basket suisse n'est pas très réputé. Pensez-vous pouvoir vous adapter rapidement à votre nouvel environnement ?
Dans mon pays, le basket a beaucoup progressé. Il a été victime, comme d'autres sports, de certains a priori. Parce qu’il s’agit de la Suisse, que l’on considère à tort comme un petit pays, riche de surcroît, on fait croire que le sport n’est pas une priorité. Or, nous prouvons régulièrement le contraire. Notre équipe nationale de football obtient de bons résultats, nous avons un champion comme Roger Federer, et même nos navigateurs se distinguent. De mon côté, j’espère apporter une nouvelle preuve de la qualité du sport suisse. A Dijon, je vais d’abord observer, écouter, m'adapter, mais je ne vais pas changer ma façon d'être. Je suis quelqu’un de caractère, d’exigeant, mais je sais aussi arrondir les angles.
Le problème de l'équivalence de vos diplômes a été soulevé…
Je sais. Une commission tranchera au mois de septembre. Nous sommes confiants. Je suis titulaire des degrés d’entraîneurs les plus élevés en Suisse, mais également d’une licence de sport. J’ai l’appui de la direction technique nationale.
A quoi va ressembler la JDA version 2007-2008 ?
Les deux leaders seront Laurent Sciarra, le capitaine, ainsi que Maleye N’Doye. Dijon a recruté Cory Bradord, un joueur impressionnant que je connais bien. Nous recherchons également aux postes 4 et 5. On va travailler tranquillement sur le recrutement, sans forcément se presser. Cela dépendra également des moyens dont dispose le club pour recruter. Je prône un jeu où tout le monde participe, avec deux axes qu'il ne faudra jamais perdre de vue : la rigueur et le plaisir.
Sciarra annonce la couleur
Alors que la JDA Dijon venait de nommer le Suisse Randoald Dessarzin, son nouvel entraîneur, Laurent Sciarra a tenu à mettre certaines choses au point et à prévenir contre toute éventuelle dérive future. L’ancien capitaine de l’équipe de France, dont le retour à Paris avait été évoqué, a réaffirmé son attachement au club dijonnais. Sans vouloir commenter le limogeage de Jacques Monclar, Sciarra (33 ans) est revenu sur la saison écoulée. « Elle s’est révélée usante physiquement mais aussi sportivement. En un mot, pénible. Trop de choses ont été dites et il n’était pas possible de travailler correctement », a expliqué le meneur de jeu dijonnais, exceptionnellement présent dans la capitale des Ducs à l’occasion de la présentation de Dessarzin, un entraîneur qu’il dit «â€ˆconnaître et apprécier. » « Je ne veux plus revivre cela la saison prochaine. Je vais m’investir comme je l’ai toujours fait. Peut-être plus s’il le faut. Les joueurs qui ne joueront pas le jeu et qui ne se mettront pas le cul par terre auront affaire au coach bien sûr, et à moi s’ils s’opposent à lui. Il faut arrêter de croire qu’à Dijon, tout est facile », a conclu le vice-champion olympique 2000.
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