Shrink V dans les étoiles
12/07/2007 | La Gazette de Côte d'Or n° 61 | Par D.R.

C’est un mélange des genres qui va rythmer la fête nationale de cette année à Dijon. Shrink V a composé pour l’occasion une musique électronique sur laquelle viendra s’ajouter une création de l’orchestre symphonique des jeunes de Bourgogne. Le spectacle pyrotechnique de Lacroix-Ruggieri, des artificiers de renommée internationale, a ensuite été conçu de telle sorte à se caler sur cette musique. L’ouverture à la nouvelle scène de la part de la mairie plaît à l’artiste Shrink V, dont cela va être la première prestation devant un public qui ne l’attend pas. « D’habitude, je joue plutôt dans les festivals, pour des personnes qui viennent en attendant ce genre de musique. » Mais la rencontre avec le grand public est selon lui plutôt une chance qu’une source d’appréhension. « C’est l’occasion de faire partager une approche de cette musique. »
Que les plus réticents se rassurent : celle du 14 juillet a été conçue de telle sorte à ne pas dérouter totalement les personnes qui n’ont l’habitude de ce genre de musique. « Ce seront des morceaux dansants, adaptés au grand public qui n’est pas forcément connaisseur. » Il a fallut également s’ajuster à la musique classique de l’orchestre. « Ce n’est pas du tout mon domaine, je ne connaissais que les bases. Philippe Grongnet, du service de la culture à la mairie, et Gaëtan Kuchta, le chef de l’orchestre des jeunes de Bourgogne, m’ont beaucoup aidé. » Shrink V, de son véritable nom Vincent Lagadrillière, compose de la musique électronique depuis 1999. En plus de ses créations solo, il joue pour plusieurs groupes d’électro, tels que Nomadic Lab ou Shrink Orchestra. Avec ce dernier, il a notamment participé au Festival Dièse, à Dijon, avec comme thématique le 250e anniversaire de Mozart, en collaboration avec un quatuor et une chorégraphe. De septembre 2006 à janvier 2007, Shink V a également fait des interventions dans les ateliers de musicothérapie de l’hôpital psychiatrique de Dijon au côté de Remi Briand (vidéaste) pour le Festival Itinéraires singuliers, et participé au Festival Traversées Tziganes … Autant de manières d’introduire la musique électronique de façon originale. Car, comme le signale Shrink V, « le genre intéresse de plus en plus ». A Dijon, il est en expansion. « Beaucoup de choses se créent, de jeunes espoirs émergent. » Il cite Vitalic, ou Frees’B, un quator dijonnais qui prépare déjà son deuxième album. Mais le phénomène est loin de se confiner aux frontières bourguignonnes : il est international, transcendant des cultures. « La musique électronique est universelle », considère Shrink V. « Elle existe dans toutes les cultures, quelque soit le niveau de richesse des pays. » Parmi les plus amateurs d’électro, les Japonais et les habitants des pays de l’Est. Et, bientôt peut être, les spectateurs du feu d’artifice au lac Kir samedi prochain.
« Un spectacle pyro-musical »
Cette année, le feu d’artifice prendra la forme d’un spectacle son et lumière.
La Gazette : Quelles seront les particularités du feu d’artifice de cette année ?
Alain Millot, premier adjoint au maire : Nous essayons chaque année d’être innovant, de ne pas se cantonner au feu d’artifice traditionnel. Cette année, la nouveauté va venir du fait que ce sera un spectacle pyro-musical, c’est-à-dire que le feu d’artifice sera calé exactement sur une musique. Nous avons fait appel à la société Lacroix-Ruggieri, qui a notamment « enflammé » la tour Eiffel en 2006, et réalisé le feu d’artifice qui suivait le TGV lors de l’établissement du record du monde de vitesse sur rail le 3 avril dernier.
De plus, le spectacle va s’accompagner d’un grand jeu de lumières. Le matériel sera déployé jusque dans la commune de Talant ! Le but est non seulement d’éclairer l’eau du lac Kir, mais également le site dans sa globalité.
Pourquoi avoir allié l’art de la société Lacroix-Ruggieri avec la musique électronique de Shrink V ?
Nous voulions faire quelque chose d’original, un feu digne de ce nom. Et nous pensions que la musique électronique irait très bien avec ce genre de spectacle. Nous nous sommes tout de même assuré que le morceau choisi conviendrait au grand public. Le but est également que le spectacle plaise au plus grand nombre.
Nous avons aussi la volonté de privilégier des artistes bourguignons, et même dijonnais si possible. C’est le cas de Shrink V qui vient de notre ville.
Quel public attendez-vous ?
Il sera, comme tous les ans, familial pour la plupart, avec une ambiance bon enfant. Mais ce qui change depuis quelques années, c’est que le public ne se cantonne plus à la seule ville de Dijon. Beaucoup de personnes viennent des communes voisines pour l’occasion. Nous devons en tenir compte dans l’organisation. Et nous faisons notre feu d’artifice le 14, à la tombée de la nuit, tandis que dans la plupart des autres villes, il a lieu la veille. Les gens peuvent ainsi assister aux deux spectacles et il n’y a pas d’effet de concurrence entre les villes !
Sur le nombre de personnes, il était d’environ 110 000 la dernière fois, et nous n’en attendons pas moins.
Ce qui suppose des précautions de sécurité élevées… Quelles mesures allez vous prendre ?
Le belvédère de Talant va être interdit aux spectateurs, pour les besoins des machinistes qui vont installer leurs jeux de lumière. L’endroit accueillait beaucoup de personnes, et cela pouvait présenter certains risques, notamment à cause du talus qui descend en pente abrupte. Mais il reste beaucoup d’endroits où s’installer. Les gens seront peut-être davantage poussés à se déplacer jusqu’au lac Kir.
On a demandé à la SNCF de débroussailler les voies pour éviter des départs d’incendie. Il y en a eu trois l’année dernière, mais contrairement à ces derniers jours, le temps était très sec. Bien sûr, aujourd’hui, c’est plus le mauvais temps qui sera à craindre.
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